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[Critique] Le chat du rabbin

Joann Sfar a toujours aimé dessiner d’après nature et il a justement un chat à la maison. Il a aussi des origines moitié séfarade, moitié ashkénaze, et le besoin vital de raconter. Ainsi naît Le Chat du rabbin, l’histoire unique d’un chat subitement doué de parole, qui, par amour pour sa maîtresse, demande à faire sa Bar-Mitsva... tout en portant un regard très critique sur l’enseignement de son rabbin. En janvier 2002, Dargaud publie le premier tome de cette série atypique, entre esprit voltairien et chronique de la culture juive d’Algérie...

Neuf ans et cinq albums plus tard, la série débarque ce mercredi 1er juin 2011 sur grand écran, sous l'impulsion de Joann Sfar qui réalise lui-même le film après l'excellent et très personnel Gainsbourg vie héroïque...

Le film

Alger, années 1920. Le rabbin Sfar vit avec sa fille Zlabya, un perroquet bruyant et un chat espiègle qui dévore le perroquet et se met à parler pour ne dire que des mensonges. Le rabbin veut l’éloigner. Mais le chat, fou amoureux de sa petite maîtresse, est prêt à tout pour rester auprès d’elle... même à faire sa Bar-Mitsva! Le rabbin devra enseigner à son chat les rudiments de loi mosaïque!

Une lettre apprend au rabbin que pour garder son poste, il doit se soumettre à une dictée en français. Pour l’aider, son chat commet le sacrilège d’invoquer l’Eternel. Le rabbin réussit mais le chat ne parle plus. On le traite de nouveau comme un animal ordinaire. Son seul ami sera bientôt un peintre russe en quête d’une Jérusalem imaginaire où vivraient des Juifs noirs. Il parvient à convaincre le rabbin, un ancien soldat du Tsar, un chanteur et le chat de faire avec lui la route coloniale...

Le Chat du rabbin est à découvrir dans nos cinémas mercredi prochain 1er juin 2011, en 2D et en 3D relief dans les salles équipées.

Notre avis

Avec près d'un million d'exemplaires vendus, Le Chat du rabbin est vrai succès qui dépasse même les frontières et a logiquement attiré le cinéma. Joann Sfar a toujours refusé les propositions d’adaptation qui lui étaient faites, jusqu’au jour où il a envisagé de réaliser lui même le film... Il explique s'être aperçu que sa BD « avait une vraie fonction : dédramatiser les histoires entre les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans. Tout le monde croit se connaître mais personne ne va jamais manger chez l’autre. Or, la BD montre notamment qu’une famille arabe et une famille juive, ça se ressemble beaucoup! »

A l'instar du film Des hommes et des dieux dont l'affiche tire son jeu de mots, Le Chat du rabbin aborde le sujet de la spiritualité et de la religion, vu ici par les yeux d'un chat. Avec son style -plutôt personnel- Joann Sfar nous invite à traverser l'Afrique pour reprendre la route de l’imaginaire colonial et raconter l’universalité de la bêtise humaine. Chaque personnage, quelle que soit sa communauté ou sa religion, fait ainsi preuve à sa façon de racisme ou d’étroitesse d’esprit... mais sans être jamais jugé ou condamné. Avec son film, Joann Sfar cherche avant tout à faire passer un message: on a le droit de respecter les gens sans forcément partager leurs croyances. Bien qu'il raconte l’Algérie du début du XXème siècle, Le Chat du rabbin est ainsi pleinement d'actualité et décrit tout aussi bien la France multiculturelle d’aujourd’hui.

Pour ne pas sombrer dans la caricature et ne pas prendre partie, Joann Sfar a choisi d'aborder le sujet de manière détournée voir exagérée... La parodie de Tintin rencontré lors du périple au Congo en est le meilleur exemple et offre certainement le moment le plus drôle et savoureux du film.

Issu de la combinaison entre la technologie la plus moderne –le relief– et la méthode la plus classique pour créer un décor –le dessin à la plume et à l’encre de chine-, Le Chat du rabbin est un film aux couleurs chaudes limite saturées et aux teintes très méditerranéennes, donnant un film chaleureux! loin des films en relief assombris que l'on voit trop souvent.

Néanmoins, autant les décors -et principalement Alger et les intérieurs, comme la maison du rabbin- sont vraiment magnifiques et immersifs... autant l'animation des personnages déçoit. Le style graphique si particulier de la BD se prête mal à l'animation des personnages et celle-ci s'avère confuse voir même mal réalisée par moments, et ne dégage aucune émotion particulière ou si peu... Le spectateur aura par moment l'impression de contempler des tableaux -certes très jolis- tels des bulles de BD, sur lesquels les acteurs récitent leur texte et nous racontent une histoire, la quasi totalité des émotions et des sentiments passant au final par le dialogue. Seule exception à ce statisme ambiant: des séquences plus oniriques, correspondant à des rêves ou à des situations volontairement exagérées, et où l'on sent que les animateurs ont pu s'exprimer davantage...

Le Chat du rabbin dispose fort heureusement d'un casting vocal à la hauteur, emmené par François Morel qui tire le film et interprète magnifiquement l'ambiguïté de ce chat obsédé. Maurice Bénichou dans le rôle du rabbin ou bien encore Mathieu Amalric dans le rôle du Prince du désert s'en sortent très honnêtement. Hafsia Herzi apporte une touche réellement naturelle à Zlabya, la fille du rabbin... un peu trop naturelle peut-être même par moments donnant l'impression de réciter son texte plus que d'intepréter réellement son personnage. En guest star dans le rôle d'un jeune reporter belge à la mèche blonde, François Damiens nous offre un caméo jouissif dont on regrette qu'il soit aussi court.

En conclusion

Nous offrant de magnifiques décors à l'encre de chine, réellement immersifs avec une 3D bien maitrisée, Le Chat du rabbin pèche malheureusement du côté de l'animation des personnages, peu expressifs, le style de Joann Sfar n'étant pas vraiment adapté au mouvement... Reste alors l'histoire où le réalisateur et scénariste s'en sort nettement mieux, nous offrant un scénario parfaitement maitrisé et parvenant à aborder un sujet aussi important et délicat que la religion sans prendre parti et sans tomber dans la caricature, vu à sa façon de l'oeil très sarcastique et distant d'un chat. A défaut de transparaitre par l'animation, les personnages tirent leur personnalité de l'interprétation des comédiens, emmenés par François Morel et Maurice Bénichou...

Film contemplatif et bavard, Le Chat du rabbin ressemble à une bande-dessinée géante sur grand écran, à contempler et écouter. Le résultat final s'avère cependant sympathique et immersif, grâce à la force du scénario et au casting vocal. Un bon moment, pour les amateurs et les connaisseurs de la bande dessinée et pour les curieux, à partir de 8/10 ans (les plus jeunes risquent d'être un peu dépassés par la sujet)... «Aime ton prochain comme toi-même» pourrait être une des morales de ce film, «un dessin animé amoureux» en somme comme le dit Joann Sfar, dans nos salles mercredi prochain 1er juin.

Fiche technique
Autochenille Production, TF1 Droits Audiovisuels & UGC présentent...
Un film de Joann Sfar & Antoine Delesvaux
Avec les voix de François Morel, Maurice Bénichou, Hafsia Herzi, François Damiens, Mathieu Amalric...
Sortie au cinéma le 1er juin 2011, en 3D dans les salles équipées
Durée: 1h40
Site officiel: www.lechatdurabbin-lefilm.com

Voxographie complète
François Morel ... Le Chat
Maurice Bénichou ... Le Rabbin
Hafsia Herzi ... La Fille du Rabbin
François Damiens ... Le reporter
Mathieu Amalric ... Le Prince
Jean-Pierre Kalfon ... Le Malka des lions
Fellag ... Le Cheik Mohammed Sfar
Marguerite Abouet ... L'africaine
Sava Lolov ... Le peintre russe

1 commentaire

  1. #1 famille b

    j avais bien aimé la BD ? peut être aurais je le temps d' aller voir le film . en tout ca ça me tente
    .merci pour cette présentation