[Critique] Cars 2

La sortie en salles de Cars 2, 12e long métrage d’animation Disney•Pixar, coïncide avec le 25e anniversaire du studio. Le film succède à Toy Story 3, couronné aux Oscars et sorti en 2010.

En 2006, dans Cars, le célèbre Flash McQueen découvrait l'amitié aux côtés de Martin, la dépanneuse. Cette année, il va découvrir à quel point cette amitié est précieuse... Tracer sa route seul ou supporter les gaffes d'un ami maladroit? tel est le dilemme auquel va être confronté la star des circuits quand son fidèle ami se retrouve espion malgré lui.

Le film

Flash McQueen (Guillaume Canet), la star des circuits automobiles, et son fidèle compagnon Martin la dépanneuse (Gilles Lellouche) reprennent la route pour de nouvelles aventures. Les voilà partis pour courir le tout premier Grand Prix Mondial, qui sacrera la voiture la plus rapide du monde! Dans leur découverte d’autres pays, Flash et Martin sont accompagnés par leurs amis de Radiator Springs. Mais la route du championnat est semée d’embûches, de déviations et de surprises hilarantes, surtout lorsque Martin se retrouve entraîné dans une histoire comme il n’en arrive qu’à lui: une affaire d’espionnage international!

Le voilà écartelé entre son désir d’aider Flash McQueen dans cette compétition prestigieuse et l’envie de participer à une mission d’espionnage top secrète pilotée par le super espion britannique Finn McMissile (Lambert Wilson), assisté de la superbe apprentie espionne Holley Shiftwell (Mélanie Doutey)… Martin se lance dans un voyage bourré d’action et une course-poursuite explosive dans les rues du Japon, de l’Italie, de France et d’Angleterre, suivi par ses amis et regardé par le monde entier.

Au cours de cette aventure sur les chapeaux de roues, les deux amis feront la connaissance de nouveaux véhicules hauts en couleur -voitures, bateaux, trains et avions-, de redoutables méchants et de coureurs automobiles du monde entier bien décidés à s’imposer sur les circuits.

Cars 2 arrive dans nos salles mercredi prochain 27 juillet 2011 en 2D et Disney Digital 3D. Le film est précédé en salles du premier court-métrage de la série Toy Story Toons, Vacances à Hawaii

Notre avis

Pilier du studio depuis ses origines, John Lasseter lui-même, le grand manitou des Pixar Animations Studios et et des Walt Disney Animation Studios, se cache derrière les commandes de Cars 2 dont il assure la réalisation. Brad Lewis (producteur de Ratatouille) qui a supervisé les nombreuses recherches et les premières étapes du développement de l’histoire avant que Lasseter ne se glisse derrière le volant en est le co-réalisateur...

L'origine de cette suite remonte il y a déjà quelques années, lors de la réalisation et la promotion du premier volet. En travaillant sur Cars, Quatre Roues, l'équipe du film avait développé une séquence mettant en scène le premier rendez-vous de Flash McQueen avec Sally la Porsche, celui-ci devait se dérouler dans un drive-in et le film projeté devait être... un grand film d’espionnage, transposé dans l’univers automobile, avec un certain Finn McMissile. L'idée de faire voyager tous nos héros à quatres roues a elle germée durant la promotion internationale, l'équipe du film s'est demandé comment tous les personnages -Martin en tête- se débrouilleraient loin de chez eux. Les bases de Cars 2 étaient posées...

A la différence du premier qui se déroule dans la petite ville imaginaire de Radiator Springs, Cars 2 a nécessité de réinventer complètement les lieux réels dans lesquels le film se déroule, il a ainsi fallu adapter à l'univers du film le moindre bâtiment, accessoire ou personnage. De Tokyo à Londres en passant par Paris et la côte méditerranéenne, Pixar nous fait une démonstration de sa supériorité technique tant le rendu visuel, les textures et les jeux de lumières sont maitrisés à la perfection. Plusieurs membres de l’équipe ont également fait un tour du monde pour s'imprégner des différents paysages, et cela se voit dans le soin et les détails apportés aux très nombreux décors des différentes villes traversées, qui regorgent de détails et d'éléments "cars-isés" cachés un peu partout et qu'il sera impossible de tous repérer en une fois.

Ponctué de- clins d'oeil qui feront le bonheur des fans Pixar (Lotso, le camion à pizza de Toy Story, le code A113, Luxo -la lampe emblématique du studio-, Gusteau...), Cars 2 nous invite à un tour du monde un peu carte postale et use (sans heureusement trop abuser) des clichés sur les us et coutumes locaux! Martin au Japon -entre les kawaii hystériques, sa découverte des toilettes à la japonaise et du wasabi ainsi son approche très personnelle des jardins zen- offre au spectateur des moments savoureux. Dans le Londres de Cars 2, le dôme de la cathédrale Saint-Paul est en forme de couvercle d’engrenage différentiel, tandis que la cathédrale Notre-Dame de Paris se retrouve ornée de «car-gouilles». Quant à l'Italie, les Mamas y sont typiques et le spectateur attentif admirera entre autres détails amusants la papamobile, tout comme il ne manquera pas de remarquer sur la dernière course la Reine d'Angleterre, à peine à l'ombre de Big Bentley.

Si Cars 2 se montre à la hauteur techniquement, côté scénario c'est une autre histoire. Celui-ci s'avère à la fois trop simpliste mais aussi un peu fouilli, l'histoire d'espionnage s'enchevêtre avec plus ou moins de réussite au World Grand Prix. Bien que toujours présentes dans les film, les péripéties de courses cèdent du terrain aux agents secrets, ce qui risque de surcroit de dérouter les plus jeunes fans de Flash et Martin. Ce qui se profilait avec la campagne de promotion se confirme également malheureusement en sortant de la projection, Cars 2 donne l'impression de n'être qu'un gigantesque catalogue de voitures, destiné à présenter tous les modèles que l'on s'attend à retrouver sur les rayons des magasins très prochainement, qui s'enchainent dans de nombreux (et certes somptueux) décors mais sans réelle cohésion, nous faisant parfois perdre le fil.

Les personnages s'avèrent tellement nombreux qu'au final on ne les retient pas vraiment... Les têtes familières du premier opus semblent n'être là que pour faire le lien entre les deux films tant leurs rôles s'apparentent à de la figuration, seuls Flash et surtout Martin résistent. Parmi les nouveaux venus, le duo d'agents secrets composé de Finn McMissile et de Holley Shiftwell tire son épingle du jeu, la classe à toute épreuve et le charme de ces derniers ne sont pas sans rappeler 007 et ses James Bond Girls. Francesco Bernoulli amuse mais les autres voitures sont bien vites reléguées au second plan, principalement les méchants -emmenés par le Professeur Z- qui manquent cruellement de car-isme...

John Lasseter est particulièrement attaché à Martin, ce n'est donc pas anodin si dans ce nouvel opus celui-ci vole la vedette à Flash McQueen. Toujours aussi gaffeur au début du film, la dépanneuse la plus connue de la route 66 va prendre conscience que tout le monde ne voit en lui que l'idiot du vilage et que les gens ne rient pas avec lui mais de lui... et va finalement en jouer et utiliser cet avantage et ses connaissances contre ses ennemis. «Personnage à part, honnête et totalement franc» d'après le réalisateur, Martin n'en reste pas moins un peu horripilant et à force d'en faire des caisses il finit par énerver un peu le spectateur, perdant de son capital sympathie, dommage...

Si il y a bien un point sur lequel le film pêche c'est sans conteste l'émotion, qui fait ici cruellement défaut tant le film... Bien que toujours présentes, les valeurs d'amitié initiés dans le premier opus sont définitivement mal exploitées, la morale de l'histoire est mal amenée et la minute "sensible" en devient pathétique tant elle tombe comme un cheveu sur la soupe... dommage et re-dommage, tant Pixar nous avait habitué à des sommets dans ce domaine.

Apparue depuis la sortie de Cars en 2006, la 3D Relief est ici utilisée pour la 3e fois par le studio à la lampe, avec plus ou moins de réussite... celle-ci s'avérant au final parfaitement dispensable et n'apportant pas grand chose à l'histoire et à l'immersion, les prouesses techniques se suffisant à elles-mêmes.

Pour la version originale, Owen Wilson et Larry the Cable Guy reprennent du service dans les rôles de Flash McQueen et Martin, tandis que Michael Caine et Emily Mortimer font leurs débuts chez Pixar en prêtant leur voix aux espions britanniques Finn McMissile et Holley Shiftwell. Dans la version française, Guillaume Canet reprend son personnage de Flash tandis que Gilles Lelouche succède au regretté Michel Fortin pour la voix de Martin, Lambert Wilson et Mélanie Doutey incarnent quand à eux le duo d'espions. Comme c'est de rigueur chez Disney, l'adaptation dans notre langue est de très bonne qualité, on regrettera juste que Gilles Lelouche se soit autant éloigné de la voix de Martin dans le premier opus, le rendant méconnaissable, ce qui déroutera certainement une partie des (jeunes) spectateurs.

Le compositeur oscarisé Michael Giacchino signe une partition dynamique offrant au film une ambiance rock, mêlée à des notes plus exotiques prennant par moments des accents "bondiens" lors des scènes de film d'espionnage. Robbie Williams, Brad Paisley, Weezer et le groupe féminin japonais Perfume ont également collaboré à cette bande originale et Bénabar signe ici une jolie balade typiquement frenchy (et présente dans la version internationale du film) lors du passage de Martin à Paris.


Extrait "Course poursuite sur la plateforme pétrolière"

Le mot de la fin

Pour ses 25 ans, le studio d'Emeryville nous offre avec Cars 2 un film d'animation visuellement magnifique et impressionnant, et dont la richesse des décors et des paysages en mettra plein la vue aux spectateurs. L'immersion des voitures dans notre monde et la "cars-isation" de notre univers, ainsi que de nombre de personnages connus et célèbres amusera également beaucoup. Malheureusement au final, cela reste quand même le moins inspiré des Pixar, et de loin... Là où les suites de Toy Story avaient réussi à se surpasser, Cars 2 n'y parvient pas vraiment... la faute à une histoire un peu trop simpliste et à un cruel manque d'émotion, pour la première fois un Pixar ne parvient pas réellement à nous transporter. Le côté "marketing" se fait également cruellement sentir, et donne l'impression que le film n'est fait que pour nous présenter un (trop) grand nombre de voitures, qui fait que l'on peut s'y perdre un peu aussi d'ailleurs...

En conclusion... Cars 2 s'avère être un film d'animation sympathique, mais sans plus, et définitivement pas au niveau des autres productions du studio. Il serait injuste de le bouder complétement, mais tous les yeux sont déjà tournés vers Rebelle dont la sortie est prévue l'été prochain (et dont un premier teaser est projeté avant le film). Le 12e film d'animation Disney•Pixar vrombira dans nos salles mercredi prochain 27 juillet, en 2D et 3D relief. Il sera précédé en salles du court métrage Toy Story Toons, Vacances à Hawaii!

Fiche technique
Walt Disney Pictures présente...
Un film Pixar Animation Studios
Réalisé par John Lasseter, coréalisé par Brad Lewis, produit par Denise Ream
Scénario de Ben Queen, d’après une idée originale de John Lasseter, Brad Lewis et Dan Fogelman
Avec les voix françaises de Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Mélanie Doutey, Lambert Wilson...
Avec les voix originales de Owen Wilson, Larry The Cable Guy, Michael Caine, Emily Mortimer, Eddie Izzard...
Musique de Michael Giacchino
Chanson originale «Mon coeur fait vroum» interprétée par Bénabar
Au cinéma le 27 juillet 2011, en 2D et Disney Digital 3D dans les salles équipées
Durée: 1h46

3 commentaires

  1. #1 Grenadine

    Merci pour cette critique qui confirme ce que l'on avait cru comprendre .. Au moins nous irons le voir en sachant à quoi nous attendre, et nous chercherons a l’apprécier pour son graphisme et clins d’œil plus que pour son histoire ^^ (ou on optera pour kung fu panda si il passe encore mdr)

  2. #2 Hareau

    invitée (par CinéCoulisses) à une avant-première, je confirme ton analyse... c'est bien mais l'histoire est trop portée sur Martin et l'espionnage pour les vrais fans de Cars... ce sont plus les aspects esthétiques et techniques qui plaisent que l'histoire, dommage...
    En tout cas bons jeux de mots dans ta critique ! surtout le "les méchants -emmenés par le Professeur Z- qui manquent cruellement de car-isme..."

  3. #3 glyfa

    tout à fait d'accord avec cette analyse du film après l'avoir vu moi-même. Tout tourne trop autour de Martin qui est vraiment "lourd" à la fin. Dommage, Flash est beaucoup trop secondaire comme personnage. Et oui, le film manque de charme, d'émotion,de "méchant" plus "méchant" et de scènes de courses complètes.