[Critique] La couleur des sentiments (The Help)

Tiré du livre phénomène en tête des meilleures ventes sur la liste du New York Times, La couleur des sentiments -paru sous le titre original The Help- raconte l’histoire de trois femmes du Mississippi dans les années 60 qui vont forger une amitié à haut risque autour d’un projet de livre secret... Pleine d'espoir, cette histoire universelle débarque sur grand écran.

Le film

Dans la petite ville de Jackson, Mississippi, durant les années 60, trois femmes que tout devait opposer vont nouer une incroyable amitié. Elles sont liées par un projet secret qui les met toutes en danger, un livre qu’elles préparent et qui remet en cause les conventions sociales les plus sensibles de leur époque. De cette alliance improbable va naître une solidarité extraordinaire. À travers leur engagement, chacune va trouver le courage de bouleverser l’ordre établi, et d’affronter tous les habitants de la ville qui refusent le vent du changement...


Bande annonce [VOST]

La couleur des sentiments (The Help) arrive sur nos écrans aujourd'hui 26 octobre.

Notre avis

L’amitié est au cœur de La couleur des sentiments et c’est aussi l’amitié qui a joué un rôle déterminant dans la naissance du film, celle du réalisateur et scénariste Tate Taylor et de Kathryn Stockett, auteur du roman éponyme qui a inspiré le film, qui ont tous deux grandi à Jackson dans les années 70. Après cinq ans passés à écrire son ouvrage et plus de 60 refus d’agents littéraires, l'écrivaine était totalement découragée lorsqu’elle a donné l’ouvrage à lire à son ami... celui-ci a immédiatement été frappé par l’authenticité de l’histoire qui le renvoyait à sa propre enfance. Un an plus tard, en 2009, le roman était publié.

Porté par un incroyable bouche à oreille, celui-ci a figuré sur la liste des best-sellers du New York Times durant 103 semaines, dont six en première position. Entretemps, Tate Taylor avait acquis les droits et commencé à travailler sur le scénario... C’est tout naturellement que le réalisateur a parlé du projet au producteur Chris Columbus, qu’il connaissait personnellement. Trouver un studio s’est avéré plus compliqué, tout comme Kathryn Stockett avait eu du mal à trouver un éditeur... et c'est finalement DreamWorks Pictures grâce au soutien de Steven Spielberg qui a accepté de faire le film.

Le casting était le point crucial de La couleur des sentiments. Il était en effet primordial de réunir des acteurs -et surtout des actrices- capables d’incarner les personnages du roman dans toute leur humanité et leur authenticité, en étant le plus fidèle possible aux attentes des lecteurs.

Le personnage d’Aibileen Clark est le cœur et l’âme de l'histoire. Elle a travaillé toute sa vie au sein des demeures des Blancs et a élevé 17 enfants pour ses employeurs. D’abord réticente à collaborer avec Skeeter, elle se confie peu à peu à la jeune femme et raconte son parcours pour la première fois de sa vie. Aibileen est interprétée par Viola Davis qui dégage une énergie incroyable et apporte une formidable justesse au rôle, lui insufflant un courage absolument bouleversant.

Fraîchement diplômée, Eugenia "Skeeter" Phelan souhaite devenir écrivain. Emma Stone était le premier choix des producteurs et du réalisateur pour incarner la jeune femme, notamment en raison de l’incroyable vulnérabilité qu’elle dégageait dans de précédents rôles comiques (Easy A, Bienvenue à Zombieland), c’est donc tout naturellement qu’elle s’est glissée dans la peau de cette héroïne... Contrairement aux autres jeunes filles de son entourage, Skeeter veut travailler et ne semble pas pressée de se marier et d’avoir des enfants. Un peu marginale, elle commence cependant à comprendre que sa façon de penser est plus progressiste que celle des habitants de Jackson et l'histoire est également celle de son passage à l’âge adulte...

Meilleure amie d'Aibileen, Minny Jackson est une domestique de 33 ans réputée pour être le meilleur cordon bleu du Mississippi, et qui n’a pas peur de dire tout haut ce qu’elle pense. Si Tate Taylor a immédiatement pensé à l’actrice Octavia Spencer pour le rôle ce n'est pas anodin, ils ont en effet été colocataires pendant quelques années et Kathryn Stockett s’est inspirée d’Octavia pour certains traits de caractère de Minny, l'actrice apporte toute son audace et sa malice à son personnage. Le rôle d’Hilly Holbrook, la méchante de l’histoire, est revenu à par Bryce Dallas Howard. Celle-ci incarne de manière parfaite ce personnage suffisant, convaincu que son comportement cruel est justifié et qui n'a absolument pas l’impression de faire quoi que ce soit de mal même si elle se fourvoie totalement.

Le casting est complété par une ribambelle d'actrices toutes aussi magistrales. Allison Janney interprète la mère de Skeeter, Jessica Chastain est Celia Foote, l'actrice oscarisée Sissy Spacek joue la mère d’Hilly, Ahna O’Reilly tient le rôle d’Elizabeth Leefolt, Anna Camp celui de Jolene French tandis que Cicely Tyson incarne pour sa part Constantine. Des actrices qui prennent le pas sur les (quelques) acteurs, signe de cette époque où les hommes étaient peu présents... trop contents de laisser leurs épouses gérer le foyer et des "bonnes" élever leurs enfants, et pouvoir ainsi vaquer à d'autres occupations.

La couleur des sentiments se déroule dans l’État du Mississippi durant les années 60, l’une des périodes les plus importantes et les plus riches en bouleversements de l’histoire des Etats-Unis sur le plan social et culturel. C'est donc tout naturellement que l'équipe du film a décidé d'y poser ses caméras, à Greenwood, offrant une atmosphère "d'époque" que n'aurait pas permis un tournage en studios. Cette authenticité se retrouve dans les moindres détails, des décors aux objets, jusqu'aux costumes... la chef costumière Sharen Davis a ainsi recréé des tenues d'époque, en accord avec la personnalité de chaque personnage. Autre détail caractéristique de l'époque, la cuisine locale joue un rôle central dans le film et l'équipe du film s'est attaché à reproduidre de la manière la plus fidèle possible les traditions culinaires de la région.

«Je pense que le succès de l'histoire s’explique par le fait que l’histoire est racontée du point de vue des personnes les plus légitimes pour le faire, à savoir ces femmes. Le film honore ces personnes, passées comme présentes, car à travers ces personnages il permet aux spectateurs de se souvenir d’elles et de leur rendre hommage.» Tate Taylor, réalisateur du film

En conclusion

L'histoire de La couleur des sentiments est un hymne d’espoir et de courage, une chronique universelle sur le pouvoir que l’on a tous de faire changer les choses. Sorti durant l'été aux Etats-Unis, le film a surpris par ses très bons résultats et son excellent bouche-à-oreille. Si le sujet historique évoqué ici trouvera certainement moins d'échos chez nous qu'outre-atlantique, le récit raconté n'en reste pas moins bouleversant et emprint d'amitié, de courage et d'espoir... autant de thèmes universels qui trouveront un echo chez tous les spectateurs. Portée par de nombreux personnages, avec chacun leur personnalité et une vraie présence, l'histoire s'avère très plaisante à suivre et le spectateur est très vite transporté dans le Mississippi des années 60.

Touchant, drôle, émouvant et servi par un casting d'actrices parfait... La couleur des sentiments (The Help) est un très grand et beau film, à voir assurément et qui ne pourra que vous séduire. Le film arrive sur nos écrans français ce mercredi 26 octobre. Tout changement commence par un murmure...

Fiche technique
DreamWorks Studios et Participant Media présentent...
Un film de Tate Taylor
Produit par Brunson Green, Chris Columbus, Michael Barnathan
Avec Viola Davis, Bryce Dallas Howard, Octavia Spencer, Emma Stone
Scénario de Tate Taylor, d'après le roman de Kathryn Stockett
Titre original: The Help
Sortie dans les salles françaises le 26 octobre 2011

1 commentaire

  1. #1 Brigitte

    Je suis allée voir ce film hier boulversant !!! malgré les problèmes de racisme que nous pouvons encore rencontrer en france nous n'en somme pas à ce point ... quoi de plus cruel et injuste et que de faire savoir à une personne quelqu'elle soit de couleur ou non qu'elle est inférieure ... cela me dépasse quelle honte !