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[Critique] Zarafa

En 1826, l’envoi d’une girafe de l’autre côté de la Méditerranée est suggéré par le consul de France au Pacha d’Égypte, Méhémet-Ali. Le sultan qui cherchait un moyen d’améliorer ses relations avec le royaume de France accueille la proposition avec joie. Zarafa, une orpheline âgée de seulement deux ans, quitte alors le désert du Kordofan au Soudan pour être offerte à Charles X, roi de France, et enrichir la ménagerie royale du Jardin des Plantes...

De cette histoire vraie, Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie ont tiré un conte en film d'animation, qui débarque cet hiver dans nos salles...

Le film

Sous un baobab, un vieil homme raconte aux enfants qui l’entourent une histoire : celle de l’amitié indéfectible entre Maki, un enfant de dix ans et Zarafa, une girafe orpheline, cadeau du Pacha d’Égypte au roi de France Charles X. Hassan, prince du désert, est chargé par le Pacha de conduire Zarafa jusqu’en France mais Maki, bien décidé à tout faire pour contrarier cette mission et ramener la girafe sur sa terre natale, va les suivre au péril de sa vie.

Au cours de ce long périple qui les mènera du Soudan à Paris, en passant par Alexandrie, Marseille et les Alpes enneigées, ils vont vivre mille péripéties et croiser la route de l’aéronaute Malaterre, des étranges vaches Mounh et Sounh et de la pirate Bouboulina…

Zarafa est à découvrir actuellement dans nos salles...

Notre avis

Inspiré de la véritable histoire de la première girafe de France, Zarafa s'éloigne cependant de la réalité historique. Comme le concèdent les réalisateurs Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie, «à l’écran, le voyage jusqu’en France aurait été un peu répétitif et monotone», ils ont donc choisi de renforcer l'intrigue pour la rendre plus épique. A des trajets à pieds s'ajoute ainsi par exemple un voyage en montgolfière... Des prises de liberté rendues possible par la narration, l'histoire est en effet raconté à des enfants dans un village africain par un conteur. Bien que celle-ci reste très enfantine et n'offre pas vraiment de double lecture -à quelques rares passages près- elle ne sombre jamais dans la mièvrerie, pourtant facile avec ce genre de scénario, et pousse même les plus jeunes à la réflexion.

Alors que l’esclavagisme moderne défraye encore la chronique, Zarafa nous montre que la liberté reste la plus belle chose dans la vie. Le film aborde également des thèmes comme l’amitié, la recherche du père et la promesse donnée, mais toujours sans aucun aspect moralisateur. Les réalisateurs se sont quand même permis de glisser des éléments «pédagogiques» bienvenus, telle cette critique de l'abus de pouvoir du roi de France dont la caricature est à peine dissimulée, ou bien encore des thèmes plus complexes tels que le bouddhisme et son rapport à la vie et à la mort. La «girafomania» montrée dans le film n’est pas une légende, et si les réalisateurs s'en amusent à l'écran en imaginant des chaussures à talons très mode avec les pattes de la girafe ou même un vélo en girafe, il faut se replonger dans le contexte de l’époque et envisager l’étonnement du public qui a vu débarquer cet animal, qui passait presque jusque-là pour être légendaire.

Zarafa n’est pas pour autant un cours d’histoire ou de religion, les thèmes abordés le sont avec parcimonie et sont là pour amener les enfants à réfléchir et il y a fort à parier que les plus jeunes se tournent vers leurs parents à l'issue du film pour avoir quelques explications.

Réalisé en 2D traditionnelle, Zarafa ressemble à un livre dont on tourne les pages. La première partie entre Afrique et Méditerranée est très colorée et ensoleillée, tandis que la seconde à Paris est plus sombre et dure, à l'instar du propos du film. Le Paris du XIXe siècle rappelle les descriptions de Victor Hugo ou de Dickens. Du côté des personnages, on retrouve une petite influence de Sylvain Chomet avec lequel J-C Lie a travaillé et un côté Miyazaki -que ne renient pas les réalisateurs- pour les personnages de Maki ou Hassan, mais aussi pour l'univers chaleureux de la première partie. L'ensemble est parfaitement maitrisé avec une animation de très bonne qualité. L'influence du film traditionnel sur les réalisateurs est bien présente, et en ressort un film parfaitement maitrisé, sans temps mort, qui se laisse apprécier et savourer.

Côté casting vocal, le choix des réalisateurs s'est porté sur des comédiens de théâtre, avec des timbres impressionnants, plutôt que sur des acteurs de cinéma. Les voix choisies donnent vie de manière très naturelle et crédible à l'ensemble des protagonistes. Simon Abkarian apporte ainsi par exemple à Hassan une «petite musique arabisante». Bouboulina, la pirate grecque qui a réellement existé, est jouée par l’actrice israélienne Ronit Elkabetz qui a beaucoup inspiré le personnage graphiquement. Plus habitué du cinéma traditionnel, Rémi Bezançon a dirigé ses comédiens comme sur un plateau «live» et a choisi ne leur montrer aucun dessin avant l'enregistrement, pour que ceux-ci ne se basent que sur le seul scénario pour imaginer et construire leur personnage.

En conclusion

A mi-chemin entre le film historico-pédagogique et le conte pour enfants, Zarafa nous emmène sur les traces de la première girafe de France. Dépourvu de réelle deuxième lecture, le scénario ne succombe pas pour autant à la facilité de la mièvrerie et reste parfaitement crédible, abordant des thèmes telles que la liberté ou l'amitié, et poussant même les jeunes spectateurs à réfléchir et à s'interroger. Réalisé en 2D traditionnelle, le film offre une animation de très bonne qualité et parfaitement maitrisée, et dont les dessins et les couleurs chatouilleront l'iris des petits comme des grands.

Dans nos salles depuis ce mercredi, Zarafa est un très bon film d'animation français qu'il serait dommage de manquer, à découvrir à partir de 4 ans.


Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie, les réalisateurs du film

Fiche technique
Prima Linea Productions et Pathé présentent...
Un film réalisé par Rémi Bezaçon et Jean-Christophe Lie
Musique de Laurent Perez Del Mar
Sortie dans les les salles françaises le 8 février 2002
Durée: 1h18

Avec les voix de :
Hassan ... Simon Abkarian
Malaterre ... François-Xavier Demaison
Le vieux sage ... Vernon Dobtcheff
Charles X ... Roger Dumas
Bouboulina ... Ronit Elkatbetz
Mahmoud ... Mohamed Fellag
Zarafa adulte ... Déborah François
Moreno ... Thierry Fremont
Saint-Hilaire ... Philippe Morier-Genoud
Soula ... Clara Quilichini
Maki ... Max Renaudin
Le Pacha ... Mostefa Stiti