
Après un avant-goût dans le compte-rendu du mardi, je reviens aujourd'hui plus en détail sur la folle journée du mardi au Festival international du film d'animation d'Annecy, placée sous le signe de la magie Disney.
Depuis une dizaine d'années maintenant, le mardi est en effet sous le signe des studios de la souris aux grandes oreilles et cette édition 2012 ne dérogeait pas à la tradition, confortant le lien qui unit le Festival à Disney•Pixar. Je vous avais déjà parlé de toutes les surprises qui nous attendaient, l'heure est venue de faire un bilan...
Signé Disney•Pixar, Rebelle a pour cadre celui accidenté et mystérieux des Highlands. Le film suit les aventures épiques de la princesse Merida (à qui Bénérice Béjo prête sa voix), archère talentueuse et fille têtue du roi Fergus et de la reine Elinor. Réalisé par Mark Andrews et Brenda Chapman, produit par Katherine Sarafian, Rebelle est une aventure grandiose et pleine de cœur, attendue dans nos salles le 1er août prochain. Julien Schreyer, directeur technique de la lumière au sein du studio, était venu pour nous parler de ce 13e long métrage d'animation du studio d'Emeryville.
La fille du roi Fergus et de la reine Elinor, Merida, se rebelle contre les coutumes ancestrales de son royaume. Une malédiction s'abat alors sur elle. Elle devra affronter maintes épreuves et découvrir la signification du mot bravoure pour s'en sortir.

Julien Schreyer parle de "Rebelle"
A près de deux mois de la sortie, nous avons eu le privilège de découvrir en avant-première les 31 premières minutes du film. A la fois captivant et ultra-frustrant, ce début m'a surpris par la beauté des images et le photoréalisme des décors. Quand Merida grimpe une falaise, les rochers sont d'un réalisme troublant. Le travelling sur la ville où elle vit avec sa famille nous donne l'impression de voir une photo, tout en nous rappelant Edimbourg.
L'humour est omniprésent dans ce début de film, un humour comme seul Pixar nous en offre, qui manquait à Cars 2 et que l'on retrouve avec grand plaisir. Fait nouveau et innovant pour le studio, Rebelle est très musical, baignant dans une ambiance celtique. Nous avons pu découvrir une première chanson, Touch the sky, qui accompagne Merida dans une chevauchée à travers la forêt.
Après cette projection événement, Julien Schreyer a pris la parole pour une présentation d'une trentaine de minutes. Il est revenu sur son parcours et son travail chez Pixar, avec un focus sur son expérience sur Cars 2 et principalement sur la séquence parisienne, insistant sur le fait que la lumière se construit par rapport à l'environnement et non l'inverse.

Renforçant la première impression que nous avions eu lors de la découverte du film, J. Schreyer nous a expliqué qu'ils avaient souhaité recréer un univers photo-réaliste, qui renvoie directement à un univers réel. Une partie de l'équipe du film s'est ainsi rendu en Écosse d'où elle est revenue avec des croquis et de très nombreux visuels, photos et vidéos, qui ont ensuite servi à concevoir les décors du film. Les studios Pixar ont toujours eu le soucis et le sens du détail et nous le prouvent à nouveau.
Point de révélations sur Rebelle mais il nous a confié que la chevelure de Merida avait été l'un des plus gros défis pour l'équipe technique du film. Celle-ci se compose de plus de 1500 mèches rousses sculptées une à une, pour un total d'environ de près de 115 000 cheveux. La princesse arbore cinq coupes différentes au long de l'histoire.

Making-of des (Les) Mondes de Ralph

Serge Bromberg introduit la séance
Longtemps connu sous le nom Joe Jump, puis Reboot Ralph, Les Mondes de Ralph nous invite à plonger dans l'univers des jeux d'arcade. Lorelay Bové, superviseur du développement visuel sur le film travaillant chez Disney depuis 5 ans, avait fait le déplacement - en lieu et place du producteur Clarck Spencer, retenu à Los Angeles - pour nous proposer un avant-goût du film et nous introduire les personnages et les mondes se cachant derrière ce nouveau long métrage des Walt Disney Animation Studios. Cette comédie animée en images de synthèse portant sur la vie secrète de personnages de jeux vidéos sortira dans nos salles le 5 décembre 2012.
Wreck-It Ralph est le méchant de service d'un jeu vidéo. Mourant d'envie d'être un type bien, un héros semblable à celui qui figure dans son jeu, il se lance dans une série d'autres jeux avant de prouver sa valeur. Saura-t-il prouver avant l'ultime "Game Over" qu'il a l'étoffe des plus grands ?

Lorelay Bové nous parle des "(Les) Mondes de Ralph"
La présentation a débuté par la découverte d'une séquence d'introduction, sous forme de réunion de méchants de jeux vidéos anonymes, où ceux-ci confient leurs états d'âme de vilains et où Ralph va expliquer à tous qu'il en a assez d'être le méchant de l'histoire. Remplie de personnages emblématiques (Bowser, Robtonic, le méchant de Pacman...), cette scène a tout pour plaire aux fans de jeux vidéo un peu rétro et m'a semblé être une parfaite introduction à l'ambiance et l'atmosphère que Disney veut donner à ce long métrage. Cet extrait de près de trois minutes qui sera a priori en ouverture du film était également plein de clins d’œils et de références aux classiques du jeu vidéo, avec par exemple une foule de bruitages sortis tout droit de l'univers de Mario.

Ralph la casse et Vaneloppe Von Schweetz (de "Sugar Rush")

Le sergent Calhoun (de "Hero's Duty")
Lorelay Bové nous a ensuite dévoilé des visuels des personnages et des explications sur les recherches graphiques. Sugar Rush cache ainsi un terrible secret qui pourrait causer la disparition de tous les autres jeux, et sera l'occasion pour Ralph de prouver sa force. Son univers est inspiré d'un décor du musée des bonbons en Allemagne et des œuvres d'Antonio Gaudi. Hero's Duty vient quand-à-lui de Call of Duty, mais je pense que vous l'aurez déjà deviné.

Sugar Rush

Hero's Duty
Pour conclure cette présentation, Disney nous a fait le cadeau de nous projeter en avant-première la bande-annonce dévoilée le lendemain sur la toile. Dynamique, novateur, rythmé et jeune... tels pourraient être quelques-uns des mots-clés pour qualifier ce trailer. L'accueil de la salle a été très positif, et pour ma part je dois bien avouer que ces nouvelles images n'ont fait que renforcer mon attente envers ce prochain Disney de Noël.
Bande annonce VF "Les Mondes de Ralph"

Ralph la casse regarde le bâtiment qu'il détruit perpétuellement

Créé par une petite équipe innovante de Walt Disney Animation Studios et se caractérisant par un style minimaliste en noir et blanc, Paperman entraîne l’animation dans une direction aussi nouvelle qu’excitante ! Ce court métrage sera diffusé en avant-programme des (Les) Mondes de Ralph, cet hiver au cinéma.
A New York, au milieu du siècle dernier, le destin d'un jeune homme solitaire prend un tour inattendu quand il croise par hasard une femme magnifique sur son trajet quotidien. Il ne dispose alors que de son cœur, de son imagination et d'un tas de papiers pour essayer d'attirer son attention.
Remarque : les images servent à illustrer cette article sont des concept arts, et ne reflètent pas le rendu final du court métrage.

John Kahrs nous parle de "Paperman"
Après la présentation de la veille en première mondiale lors de la cérémonie d'ouverture, John Kahrs est (re)venu présenter son œuvre. Le réalisateur est revenu plus particulièrement sur les origines du film, sa conception, les technologies utilisées...
Il nous a raconté que l'idée lui est venue il y a une vingtaine d'années alors qu'il habitait à New York. A force de prendre les transports, il a constaté que les gens se croisaient et se rencontraient dans le métro, sans jamais se revoir. Mais que se passerait-il si le destin reconnectait les gens ? Ainsi était née l'intrigue de Paperman, une intrigue très «Disney» avec un coup de foudre.
L'histoire se situe dans les années 1930/1940, une période que le réalisateur affectionne particulièrement. Pour reproduire au mieux cette ambiance, des photos d'époque mais aussi des photos plus récentes en noir et blanc ont été utilisée pour inspirer l'esthétique de l’œuvre. Georges, voulu pour être un type normal mais suffisamment mignon pour plaire et dont l'apparence emprunte à Roger (des "101 Dalmatiens") et à Flynn Rider, croise la route de Meg, une jolie demoiselle dessinée par Glen Keane et qui a hérité des yeux de Raiponce, sur le quai d'un métro...
g
Si la production du court métrage a duré un an, celui-ci a demandé un long travail de recherche pour mettre au point la technique employée. Paperman utilise en effet une combinaison de techniques d'animation, pour une œuvre hybride totalement novatrice. Le film a été conçu en 3D puis les animateurs ont dessinés à la main sur les rendus en images de synthèse (en anglais «hand-draw over the CG»). Des logiciels (très puissants) ont été développés spécifiquement pour permettre aux animateurs de réaliser cette prouesse. Le style retenu a été celui du dessin au trait - ce que ne montre pas les concept arts dévoilés - et les intervalles ont été faire de manière informatique. Un des objectifs de l'équipe était «de faire bouger des dessins, plutôt que de faire des dessins qui bougent».
Un énorme travail a été fait sur les ombres et les lumières, rendu possible par la liberté offerte par les images de synthèse. Le réalisateur a confié son affection pour le contre-jour, qui a inspiré l'esthétique du film. Un soin particulier a été également été apporté aux couleurs, le court-métrage n'est en effet pas vraiment en noir et blanc mais tout en nuance, et il possède une unique couleur que l'on retrouve tout au long du film tel un fil conducteur. Cette couleur c'est le rouge, couleur du baiser que Meg laisse à Georges, couleur de cet amour au cœur de l'intrigue.
La musique tient une place très importante et joue vraiment le rôle de «moteur de l'animation», avec la harpe dans le rôle de l'instrument dominant. Elle est l’œuvre de Christophe Beck. John Kahrs explique lui avoir donné des instructions très précises mais que le compositeur a décidé de ne pas les suivre... on l'en remercie tant le résultat est grandiose et mémorable. Le réalisateur explique qu'«il a imaginé Paperman comme une partie d'un nouveau Fantasia» et il ne fait aucun doute que ces 6 minutes rejoignent de manière instantanée des séquences telles que l'Apprenti Sorcier au panthéon de l'animation Disney...


Mon avis
Porté par une musique enivrante, Paperman est un bijou sur tous les fronts. Une dose d'innovation et une bolée d'émotions au service d'une histoire comme seul Disney sait nous les raconter, telle est la recette (magique) de cette réalisation de John Kahrs et son équipe. Beau, touchant et émouvant... ce nouveau court métrage n'est rien de moins qu'une petite pépite de 6 sublimes minutes °o°.

Rencontre avec John Kahrs et Kristina Reed
A l'issue du making-of j'ai eu le plaisir et le privilège de pouvoir rencontrer et interviewer John Kahrs et Kristina Reed, le réalisateur et la productrice de Paperman. Avec eux, je suis ainsi revenu sur les origines et la conception du court métrage, mais aussi sur la musique ou bien encore sur l'utilisation de cette technique pour un long métrage. Bilan de cette rencontre : une petite dizaine de minutes, captivantes et passionnantes, que je vous invite à découvrir...
Disney Paperman - Interview John Kahrs & Kristina Reed

Kristina Reed & John Kahrs

Une des soirées parmi toutes celles organisées à Annecy, ce barbecue au bord du lac a été l'occasion de discuter avec des journalistes, des personnes de Walt Disney Animation Studios et de Disney France, mais aussi de faire connaissance avec des animateurs ou bien encore échanger avec des professionnels venus profiter du Mifa... Autant de rencontres diverses et variées mais toutes très enrichissantes, c'est aussi ça Annecy!





Projection événement de Blanche Neige et les 7 nains en plein air
«Hey ho ! Hey ho ! On rentre du boulot !» et on va faire un tour du côté du Pâquier... et ce soir, peut-être que votre prince(sse) viendra !
Blanche Neige a 75 ans et pourtant, elle n'a pas pris une ride. Tous les miroirs vous le diront, elle reste la plus belle de tout le royaume, de quoi faire grincer des dents bien des marâtres, émouvoir bien des chasseurs et séduire bien des princes charmants. Le Festival d'Annecy avait décidé cette année de rendre hommage à l'anniversaire du premier long métrage d'animation des studios Disney en lui offrant une place de choix. Petits et grands, timides et grincheux, pour beaucoup de spectateurs, cette projection était l'occasion de voir pour la première fois l'adaptation du conte des frères Grimm sur un écran géant.

Serge Bromberg, Aimee Scribner & Jean-François Camilleri

Cette séance exceptionnelle a été introduite par Jean-François Camilleri, président de The Walt Disney Company France, et Aimee Scribner, productrice du (Le) mariage de Raiponce. En compagnie de Serge Bromberg, ils sont revenus sur le lien très fort qui unit Annecy à Disney depuis le début des années 2000 et la visite de Roy Disney. J-F Camilleri a ensuite remercié l'ensemble des spectateurs venus (re)découvrir ce chef-d’œuvre et déclaré que cette projection de Blanche Neige et les 7 nains était sans doute l'une des plus importantes en terme de public depuis la sortie du film, il y a 75 ans.
Après cette introduction, la projection pouvait commencer. Le court-métrage des réalisateur de Raiponce a ouvert la marche, suivi du grand classique de Walt Disney de 1937 pour lequel une majorité des personnes avait fait le déplacement...

"Le mariage de Raiponce"

La foule captivée par "Blanche Neige et les 7 nains"










Un travail fou, des images sublimes, l'univers Disney/pixar pour les enfants et les adultes. Merci pour tout