[Critique] Thor : Le Monde des Ténèbres

Après une phase 1 conclue en apothéose, la phase 2 de l'univers cinématographique Marvel s'ouvrait au printemps avec Iron Man 3. Le film tranchait avec les précédents et nous dévoilait de nouvelles facettes du personnage, posant par la même occasion de nouvelles bases. A l'instar des aventures de Tony Stark, Thor : Le Monde des Ténèbres prend place après les évènements de New York, Loki est prisonnier, Thor retenu sur Asgard et Jane seule sur Terre...

Si Thor est un film apprécié de la phase 1, son personnage n'est assurément pas le plus charismatique des super-héros Marvel, peinant à exister par lui-même. Ce nouvel opus avait ainsi de quoi susciter quelques craintes, qu'en est-il au final ?

Le film

Ce nouveau film des studios Marvel nous entraine dans les nouvelles aventures de Thor, qui lutte pour sauver la Terre et les neuf mondes d’un mystérieux ennemi qui convoite l’univers tout entier. Le puissant Avenger se bat pour restaurer l’ordre dans le cosmos, mais une ancienne race, sous la conduite du terrible Malekith, un être assoiffé de vengeance, revient pour répandre les ténèbres. Confronté à un ennemi que même Odin et Asgard ne peuvent contrer, Thor doit s’engager dans son aventure la plus dangereuse et la plus personnelle, au cours de laquelle il va retrouver Jane Foster mais aussi devoir s’allier au traître Loki pour sauver non seulement son peuple et ceux qui lui sont chers, mais aussi l’univers lui-même...


Thor : Le Monde des Ténèbres - Bande-annonce VF • également disponible en VOST

Thor : Le Monde des Ténèbres est à retrouver sur nos écran, dés aujourd'hui mercredi 30 octobre 2013, en 3D relief dans les salles équipées.

Mon avis

En 1962, le désormais légendaire duo formé par Stan Lee et Jack Kirby publiait pour la première fois «The Mighty Thor» chez Marvel Comics, donnant ainsi naissance à un nouveau héros d’aventures inspiré du dieu scandinave au marteau. En dépit de la sonorité nordique des noms des personnages, l’histoire traitait de sujets universels qui font tourner le monde depuis la nuit des temps : l’impatience d’un fils désireux de prouver sa valeur à son père, la jalousie mortelle d’un frère ou encore l’amour d’une femme qui permet au héros de découvrir le monde sous un nouveau jour.

Forte du succès mondial de Thor, l’équipe des studios Marvel a une fois de plus puisé dans le riche univers de la mythologie scandinave et des comics. Le réalisateur Alan Taylor et son équipe se sont appliqués à respecter le comic book original ainsi que ses nombreux fans, et à faire un film qui plaise non seulement aux fans du personnage mais également à ceux de l’univers cinématographique Marvel.

À la fin d'Avengers, Thor a ramené Loki, son frère adoptif, sur Asgard pour l’y emprisonner après que ce dernier ait essayé de prendre le contrôle de l’univers. C’est à partir de ce point de départ que le producteur Kevin Feige, le producteur exécutif Craig Kyle, les scénaristes et l’équipe des studios Marvel ont imaginé la suite des aventures de Thor. Le scénariste Christopher L. Yost explique «Nous voulions que son histoire évolue sur le plan personnel, mais également que les enjeux du conflit prennent une autre dimension».

Thor : Le Monde des Ténèbres prend ainsi place après les évènements de New York et nous entraine dés les premières images... au cœur des Neuf Royaumes. Issus de la mythologie nordique, ces derniers font référence aux neuf mondes qu’abrite l’immense frêne Yggdrasil, l’arbre-monde qui est un élément central de la cosmologie scandinave. Asgard occupe le sommet de l’arbre tandis que la Terre, baptisée Midgard, se situe au milieu.

Le début du film justifie ainsi le non-retour de Thor sur Terre, occupé à défendre et protéger son peuple. Encore plus que le premier film, ce nouvel opus puise abondamment dans la mythologie scandinave, malheureusement sans trop d'explications. Visuellement très jolies, les premières scènes du film pourront dérouter le spectateur lambda se demandera ce qu'il fait là, si loin de la Terre et des univers qu'il connait. Si il apparait évident que cette première partie introduit un nouveau contexte, il est sans doute dommage que celle-ci soit aussi longue et lente. Il faut en effet attendre près d'une demi-heure avant que l'intrigue ne débute pour de bon, avec l'arrivée sur Terre.

La suite est fort heureusement plus prenante, dommage que le film souffre d'un montage hasardeux rendant l'histoire décousue par moments. Thor : Le Monde des Ténèbres manque - à mon sens - de passages réellement épiques pour nous emporter. Pour la première fois, je me suis par instants «ennuyé» devant un Marvel. Certaines scènes sont trop longues voir inutiles, d'autres tombent «comme un cheveu sur la soupe» sans réelles explication. Le «combat» (si on peut dire) final apparait ainsi expédié, tellement l'issue est courue d'avance et son déroulement incompréhensible.

Thor, le puissant dieu du Tonnerre, est à nouveau interprété par l’acteur australien Chris Hemsworth. Natalie Portman reprend le rôle de l’astrophysicienne ésotérique Jane Foster. Dans sa démarche scientifique visant à comprendre le fonctionnement de l’univers, Jane est une fois de plus secondée par son excentrique et impertinente assistante Darcy Lewis, interprétée par Kat Dennings. Celle-ci dispose même dorénavant de son propre assistant. L'acteur suédois Stellan Skarsgård vient compléter ce trio de scientifiques terriens dans le rôle d’Erik Selvig.

Anthony Hopkins endosse à nouveau le rôle du dieu Odin, roi d’Asgard. Jaimie Alexander reprend le rôle de Sif. Volstagg est à nouveau incarné par Ray Stevenson. Du côté des nouveaux venus, Zachary Levi rejoint l’équipe du film dans le rôle de Fandral, et Christopher Eccleston endosse le rôle de l’abominable Malekith. Ce casting est complété par Tom Hiddleston, dans le rôle de Loki.

C'était déjà un reproche que je faisais au premier film, il est toujours vrai ici : les personnages manquent de charisme. Thor n'est pas Iron Man ou Captain America. Si C.Hemsworth s'en sort honnêtement, il est dommage que son personnage soit autant tourné en dérision et que les moments où il est plus sympa soient à contre courant, et que son côté décalé soit mis autant en avant au dépriment du côté sérieux. Jane ressemble à une actrice lambda et on se demande où est la N.Portman de Black Swann. Le duo entre les deux personnages a un côté «niais», renforcé par certaines scènes telles ce baiser sur Asgard, clin d'oeil (voulu ?) à Star Wars.

Odin et les autres font le job, sans plus. Avec l'assistante de Jane et son assistant (de l'assistante), on assiste ainsi à l'un des baisers les plus rapides d'Hollywood... un peu trop d'ailleurs, adieu la crédibilité.

Le seul qui sort réellement son épingle du jeu est sans surprise Loki, campé par un T.Hiddleston magistral et parfait. Que ce soit dans la prison quand il lit calmement alors que tout le monde se bat autour, dans les faces à face avec Odin ou Thor... le personnage est une vraie réussite. Il parvient réellement à nous surprendre (mais chut!!) et porte une bonne partie du film sur ses épaules.

Les scènes sur Asgard (ou plus généralement dans les différents royaumes) sont visuellement impressionnantes mais un peu trop contemplatives. Sur Terre, c'est l'inverse : si l'ambiance est plus sage et traditionnelle, l'ensemble est beaucoup plus rythmé.

L'une des forces (si ce n'est LA force ?) du film est sans conteste son humour, omniprésent, parfois peut-être même un peu trop. Le personnage de Loki est irrésistible, le caméo de Captain America aussi (pour ne citer que lui), le côté décalé de Thor fait mouche... bref l'humour et la dérision sont là.


Thor : Le Monde des Ténèbres - Extrait VF "Tout est sous contrôle"

En conclusion

Il apparait évident que Thor : Le Monde des Ténèbres s'intègre dans la phase 2 de l'univers cinématographique Marvel. C'est une force indéniable (on sait d'où l'on vient, on sait d'où l'on va repartir au début du film suivant) mais ça en devient aussi un défaut dans ce cas présent. En effet, même si la situation de fin est relativement claire (bien que mystérieuse), de nombreux points restent en suspens et/ou semblent obscurs. L'ensemble prendra certainement tout son sens avec les films suivants et il sera alors intéressant de regarder l'intégralité de la saga, de Iron Man 3 à Avengers 2, à la suite pour y déceler tous les liens. En ce sens, la scène de mi-générique qui introduit Les gardiens de la galaxie (dont la sortie est prévue sur nos écrans l'été prochain) a fait naitre un vent de folie dans la salle auprès des fans, laissant les autres plus circonspects. La scène post-générique est elle plus anecdotique.

A l'instar de Iron Man 3, Thor : Le Monde des Ténèbres pose de nouvelles bases, avec une fin... surprenante. En revanche, là où les aventures de Tony Stark avait le mérite de faire évoluer ses personnages, il est difficile d'en dire autant de celles de notre Dieu nordique. Au niveau de l'ambiance et de ses personnages, ce nouvel opus est dans la continuité du premier, plus ou moins suivant les gens. Si la situation et l'histoire évoluent et annoncent un nouveau départ, difficile d'en dire autant des protagonistes dont la (faible) personnalité n'a que peu évolué. Je suis pour ma part ressorti avec un sentiment un peu mitigé de ma première découverte, je le reverrai sans nul doute pour l'apprécier à sa juste valeur.

Le film n'en reste pas moins un (très) bon divertissement, visuellement très attrayant, avec de l'humour et de l'autodérision, un Loki au top de sa forme... à voir (et sans doute à revoir ?), pour les fans et les autres, et ne serait-ce que pour être à jour dans la phase 2 de Marvel, en attendant les nouvelles aventures de Captain America en avril prochain.