[Critique] The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un Héros

Le film

Ce n’est un secret pour personne : le plus difficile combat de Spider-Man est celui qu’il mène contre lui-même en tentant de concilier la vie quotidienne de Peter Parker et les lourdes responsabilités de Spider-Man. Mais dans The Amazing Spider-Man : Le destin d'un héros, il va devoir faire face à un conflit bien plus grand encore... Être Spider-Man, c’est vraiment génial. Peter Parker trouve son bonheur entre sa vie de héros bondissant d’un gratte-ciel à l’autre, et les doux moments passés aux côtés de Gwen. Il y a cependant un prix à payer : Spider-Man est le seul à pouvoir protéger les New-Yorkais des terribles menaces qui pèsent sur la ville. Peter va vite découvrir en Electro un adversaire bien plus puissant que lui. Et le retour d’Harry Osborn va l’amener à prendre conscience que tous ses ennemis ont un point commun : Oscorp.


The Amazing Spider-Man : Le destin d'un héros - Bande-annonce VF

The Amazing Spider-Man : Le destin d'un héros est à découvrir dans nos salles depuis le 30 avril, en 2D, 3D relief et IMAX 3D.

Précédemment...

En 2012, The Amazing Spider-Man débarquait sur nos écrans. Marc Webb et Sony Pictures nous invitaient à embarquer pour un reboot de la saga, qui - en dépit de ses nombreuses qualités - souffrait inévitablement de la comparaison avec les précédents opus et ne parvenait pas à faire oublier totalement la trilogie de Sam Raimi dont le dernier opus n'était sorti "que" 5 ans avant. Mary-Jane Watson laissait sa place à Gwen Stacy, la première petite-amie de Peter Parker, et Spider-Man ne produisait plus sa propre toile. L'intrigue de ce premier film tournait autour de la "naissance" du héros et de son affrontement avec l'un des amis et collègue de son père, le Docteur Connors alias Le Lézard. Mais plus encore, elle était surtout centrée sur la recherche par Peter Parker de ses origines et notamment sur la mort mystérieuse de ses parents...

Où en sommes-nous aujourd'hui ? Plus que jamais, les films de super-héros ont envahi nos écrans et les personnages issus de comics n'ont jamais eu autant de succès. Les films du Marvel Cinematographic Universe (parmi lesquels Avengers ou dernièrement Captain America : Le Soldat de l'Hiver) comptent parmi les plus grands succès de l'histoire du cinéma. La saga X-Men plaît toujours autant, et ce n'est pas la sortie prochaine du très attendu X-Men : Days of the Future Past qui devrait me contredire. Côté DC Comics, Batman et Superman vont faire cause commune dans Man of Steel 2. Parmi tout ce beau monde, Spider-Man est certainement l'un des plus populaires et des plus appréciés aujourd'hui, c'est donc sans grande surprise qu'il est de retour pour se refaire une toile dans nos salles...


Le phénomène Spider-Man - Reportage "66 minutes" (M6)

Mon avis

Deux ans après avoir ouvert un nouveau chapitre dans l’histoire du super-héros avec The Amazing Spider-Man, Andrew Garfield reprend le rôle-titre de l'homme-araignée. Plus encore que dans le premier film, ce nouvel épisode confirme la nouvelle image du personnage, plus complexe, mais surtout plus vulnérable et proche de son public, plus fun et dans l'air du temps, bref plus humain que jamais. Si le jeune acteur repéré dans The Social Network avait déjà agréablement surpris dans le premier film, il réussit aujourd'hui à reléguer au second plan Tobey Maguire, définitivement moins attachant et devenu presque insipide.

Mais la vie est loin d’être une partie de plaisir pour Peter... Son serment de protéger ses concitoyens va le confronter à la plus puissante entreprise new-yorkaise, Oscorp, celle-là même qui avait autrefois employé son père et joué un rôle dans la disparition de ses parents. Elle semble à présent abriter les nouveaux adversaires de Spider-Man. Leurs pouvoirs et leurs ressources issues d’une technologie de pointe sont redoutables et les enjeux n’ont jamais été aussi critiques.

À mesure que grandit une menace dont notre héros ne saisit pas pleinement la portée, Peter réalise qu’il doit en même temps résoudre un problème bien plus délicat : comment préserver sa relation avec Gwen Stacy ? Peter avait promis à son père juste avant sa mort qu’il resterait à l’écart pour mieux la protéger mais l’amour est décidément plus fort que tout. Plus encore que dans le premier opus, leur relation est au cœur du film alors que l'un comme l'autre sont à un tournant de leur vie. «Gwen est major de sa promotion, elle est sur le point d’entrer à Columbia mais elle a aussi été acceptée à Oxford» explique ainsi Emma Stone qui reprend le rôle.

L’héroïsme de Spider-Man et la mission de protection de New York qu’il s’est donnée vont évidemment contrarier les beaux projets de Peter, d'autant plus quand celui-ci va se retrouver confronté à un adversaire à sa mesure, un méchant dans la grande tradition Marvel : un personnage tragique, sympathique par certains aspects mais dont les mauvais choix le font basculer du côté obscur et l’amènent à défier notre super-héros. «Electro en est l’exemple type.» explique le producteur Avi Arad, «Max Dillon n’est pas un méchant, c’est un laissé-pour-compte qui suscite la pitié. C’est un homme qui, pendant toute sa vie, a été ignoré. Lorsqu’il devient Electro, il cherche à tout prix la reconnaissance. Il déverse alors sa frustration et sa colère sur l’humanité, notamment sur Spider-Man...»

Ce nouveau film marque également l'arrivée (ou le retour ?) de Harry Osborn. «Harry et Peter sont des amis qui se sont perdus de vue depuis longtemps. Leurs pères, Norman Osborn et Richard Parker, ont été associés mais quand les relations entre eux se sont envenimées, Peter et Harry ont été séparés» explique Dane DeHaan qui s'est vu confier le rôle. Après des années d’internat, Harry est rappelé à New York par son père, sur son lit de mort, qui lui explique qu'il est atteint de la même maladie incurable que lui. En prenant les rênes d’Oscorp, Harry utilise les immenses ressources de la société pour sauver sa peau. Lorsqu’il découvre l’antre secret des Projets Spéciaux, il est persuadé que seul le sang de Spider-Man est la réponse à toutes ses prières. Cela devient une obsession qui va mener Harry à se métamorphoser en Bouffon Vert, passant ainsi du statut d’enfant privilégié à celui de super-méchant menaçant la ville...

Outre Electro et le Bouffon Vert, la cohorte des super-méchants du film compte le gangster russe Aleksei Sytsevich. Capturé par Spider-Man au début du film, il fait son retour en tant que Rhino, une invention de haute technologie d’Oscorp. Si son rôle dans cet opus se limite à une apparition finale, on devine sans peine qu'il sera de retour dans un prochain film...

Une ère nouvelle du Mal est en effet sur le point de s’ouvrir. Dans The Amazing Spider-Man : Le destin d'un héros, les spectateurs vont découvrir les premiers indices de ce que complotent ses ennemis. A.Arad explique que «ce film scelle le destin d’Oscorp en tant que symbole de la science dans ce qu’elle a de pire. Les Sinistres Six sont la création de cette organisation maléfique. Ces super-vilains sont les ennemis de l’humanité. C’est leur profonde haine pour Spider-Man qui les unit.» Jusqu’à présent, chaque film était une histoire indépendante qui se suffisait à elle-même. A l'instar du Marvel Cinematographic Universe, Sony Pictures ne cache pas son ambition de faire évoluer la franchise en se tournant vers l’avenir et en développant un arc complet et continu pour la saga.

La réalisation (certes stéréotypée) parfaitement maitrisée et le casting très humain étaient les deux principales forces de The Amazing Spider-Man. De retour derrière la caméra, Marc Webb explique «Nous avons voulu rendre ce volet plus ludique, plus drôle. Tout est dans les comics : ses plaisanteries, sa drôlerie et sa légèreté. C’est ce qui explique en partie sa popularité et c’est ce que j’adore vraiment chez lui.» Après avoir prouvé qu’il maîtrisait tous les ingrédients d’un film consacré à Spider-Man, le réalisateur trouve dans ce nouvel opus un juste équilibre entre le spectacle haut de gamme parfaitement maitrisé et l'exploitation de ses personnages. Plus encore que dans le précédent, la psychologie des protagonistes est au coeur du film, et on suit avec un plaisir intense l'évolution de chacun et des liens qui les unissent.

Ce second volet a été écrit par Alex Kurtzman, Roberto Orci & Jeff Pinkner déjà auteurs de franchises cinématographiques à succès (Star Trek, Transformers) et de séries télé novatrices (Alias, Fringe...). A.Kurtzman confie «Nous avions adoré le ton de The Amazing Spider-Man. Nous avons dû à la fois nous montrer à la hauteur et insuffler du sang neuf. Il laissait tellement de questions en suspens que nous avions matière à réflexion.» Le trio de scénaristes a fait souffler un vent de fraîcheur sur la franchise. The Amazing Spider-Man : Le destin d'un héros est très différent des autres Spider-Man sur plusieurs points : son ampleur, son intensité dramatique, son humanité, la crédibilité des personnages et son humour (comme dans cette scène où Peter et Gwen posent les règles régissant leur relation).

Réellement impressionante, la scène d'introduction nous montre un Peter Parker rongé par le mystère de la disparition de ses parents qu'il n'a toujours pas réussi à résoudre. Les nombreuses intrigues du film s'enroulent ainsi toutes autour de la recherche par Peter de ses origines et des secrets de ses parents, mais aussi de ses propres secrets. Cette différence notable sur le traitement du personnage par rapport à la trilogie de Sam Raimi (où on accepte le personnage tel qu'il est, sans vraiment savoir d'où il vient) est encore plus marquante dans ce nouveau film et en est une force indéniable.


Marv Webb derrière la caméra

New York était et sera toujours le terrain d’action de Spider-Man : il y est né, il y a grandi et y a fait ses études, du lycée à l’Empire State University. The Amazing Spider-Man : Le destin d'un héros est le premier de la franchise à être entièrement filmé dans l’État de New York. Montrer l’environnement visuel et sonore de Peter apparaissait ainsi comme une évidence. Comme le précise M.Webb, «Spider-Man est de New York et son histoire est aussi celle de la ville.» Le tournage a d'ailleurs drainé des milliers de curieux impatients de voir leur héros local en pleine action.

Pour réaliser les effets visuels, les cinéastes ont fait appel à l’équipe oscarisée de Sony Pictures Imageworks qui a déjà travaillé sur toute la saga. Jerome Chen a repris la fonction de supervision qu’il exerçait sur le précédent opus. Tout film Spider-Man comprend son lot de challenges et celui-ci ne fait pas exception. Concevoir Electro et recréer une grande partie de Times Square ont ainsi été de vrais défis.

La musique du film est elle aussi née d’une démarche assez expérimentale : M.Webb s’est adressé au compositeur oscarisé Hans Zimmer pour créer un supergroupe comptant Pharrell Williams (qui compte parmi les artistes les plus tendance et a contribué aux deux plus grands hits de l’année 2013), Johnny Marr de The Smiths, Michael Einziger d’Incubus, et Junkie XL – entre autres, qui ont tous travaillé ensemble. Le résultat est une bande originale signée par un groupe, Hans Zimmer and the Magnificent Six featuring Pharrell Williams and Johnny Marr, aux accents définitivement modernes et électros.


Hans Zimmer and the Magnificent Six

En conclusion

Si le premier opus restait conventionnel dans son scénario et sa réalisation un peu trop stéréotypée, ce nouvel opus gomme tout cela. Il nous offre une très bonne surprise qui surpasse son prédécesseur et parvient même à faire oublier la trilogie de Sam Raimi, ce qui apparaissait encore inconcevable il y a peu. Le casting au top est emmené avec brio par Andrew Garfield qui devient enfin vraiment Spider-Man.

L'homme-araignée est aujourd'hui un héros familial et l'idole de nombreux jeunes enfants. Dés lors il n'est pas étonnant que les films suivent, offrant un Peter Parker de son temps, drôle et sarcastique, parfois irrévérencieux, se comportant avec ses proches (sa copine ou sa tante) comme un jeune de 2014, permettant aux spectateurs de son âge (mais pas que) de s'y identifier. Les personnages prennent de l'ampleur et une réelle profondeur, et les nouveaux venus - parmi lesquels Electro - offrent de nombreuses bonnes surprises.

En prime, le film offre un scénario aux multiples intrigues maîtrisées. Certaines se terminent, d'autres restent en suspens annonçant un 3e opus que l'on a hâte de découvrir, toujours sous la direction de M.Webb. Le prochain film devrait voir l'arrivée de Mary-Jane dont on a hâte de voir comment elle va faire évoluer le personnage de Peter, indéniablement le cœur et l'élément central de cette nouvelle saga "amazing".

Fun et décomplexé, rafraîchissant et divertissant, The Amazing Spider-Man : Le destin d'un héros est une réussite, servie par une réalisation sans faute qui ne laisse pas la place aux temps morts, une mise en scène à 100 a l'heure et des effets visuels réussis ! 2h20 de grand spectacle rempli d'action, de rebondissements et d'humour, pleines de clins d'oeil et de références... du très grand divertissement, à découvrir dés maintenant dans les salles !!


L'incontournable caméo de Stan Lee