[Critique] X-Men : Days of Future Past

Le film

Les X-Men se battent pour la survie des humains et des mutants à deux époques différentes. Les personnages de la trilogie X-Men originale joignent leurs forces aux versions plus jeunes d’eux-mêmes découvertes dans X-Men : Le commencement dans l’espoir de changer le cours de l’histoire. Le combat épique qu'ils vont mener pourrait bien sauver notre futur...


X-Men : Days of Future Past - Bande annonce finale VF

X-Men : Days of Future Past arrive dans nos salles ce mercredi 21 mai 2014, en 2D et 3D relief !

En introduction

Passé maître dans l’adaptation des comics au cinéma, Bryan Singer a réinventé le genre tel que nous le connaissons aujourd’hui. Avec X-Men, le blockbuster de l’été 2000 adapté de la célèbre série de bandes dessinées et de ses personnages, il a donné naissance à un univers à part.

En 2011, alors qu’il travaillait sur X-Men : Le commencement, Simon Kinberg a commencé à imaginer l’histoire des prochaines aventures des X-Men et une idée revenait constamment : celle de deux générations de mutants combattant côte à côte. En outre, le scénariste était très enthousiaste à l’idée de collaborer avec B.Singer sur un film réunissant les acteurs de la trilogie originale et la jeune relève. X-Men : Days of Future Past était lancé...

11 ans après X-Men 2, le réalisateur est de retour derrière la caméra et poursuit son exploration à travers une histoire aussi singulière qu’ambitieuse, portée par des personnages complexes.

Pour écrire le scénario du 7e film de la saga, S.Kinberg s'est largement inspiré du comic book original éponyme de Chris Claremont «Days of Future Past». Cette histoire parmi l'une des plus emblématiques de la série prend formidablement vie sur grand écran grâce à la vision de Bryan Singer et au talent des acteurs qui l’interprète. Élément clé des comics et du film, le voyage dans le temps est souvent complexe à mettre en scène et à introduire, et le risque est grand d'avoir un résultat bancal ou un peu trop "facile". X-Men : Days of Future Past en fait une utilisation originale et maîtrisée et s'en sort avec les honneurs. A l'inverse de nombreux films traitant du sujet, personne n'est envoyé physiquement dans le passé, c’est l’esprit de Logan qui remonte le temps pour intégrer sa propre conscience, plus jeune. Pendant toute la période où il est dans le passé, le passé et le futur coexistent, permettant de développer deux intrigues parallèles et renforçant l'intensité dramatique ainsi que le côté sombre et "noir" du film.

Mon avis

Trait d’union entre l’avenir et le passé, le personnage de Hugh Jackman est au coeur du film. L’acteur a incarné Wolverine sept fois au cours des quatorze dernières années, «une chance incroyable et rare» selon lui. Après un rapide (mais jouissif) caméo dans X-Men : Le commencement et quelques égarements dans Wolverine : Le combattant de l'immortel, le célèbre mutant est enfin pleinement de retour, mais il ne tire pas pour autant la couverture et toute l'attention à lui...

Le véritable héros du film s'appelle Charles Xavier, interprété une nouvelle fois par l'acteur écossais James McAvoy. Plus vulnérable que jamais, ce dernier a perdu espoir. Il a non seulement été blessé émotionnellement par les évènements de Cuba en 1962 mais également physiquement puisqu'il est désormais cloué dans un fauteuil roulant, et on voit se dessiner progressivement le Professeur X qu'il va devenir plus tard dans la saga sous les traits de Patrick Stewart.

Michael Fassbender reprend le rôle du jeune Erik Lehnsherr, alias Magnéto. Lui aussi se dévoile davantage tel que nous le connaissons, devenant plus stratège, à l’image de la version de Ian McKellen qui sert une cause politique et aspire à changer le monde.

Raven, alias Mystique, est à nouveau incarnée par l’actrice oscarisée Jennifer Lawrence. Seule depuis dix ans, elle n’est plus la jeune femme que Charles a connue, ni la disciple d’Erik. Elle a trouvé sa propre voie, celle de la vengeance, et consacre désormais sa vie à traquer ceux qui enlèvent, tuent et mènent des expériences sur les mutants... et notamment le Dr Trask.

Incarné par Peter Dinklage qui apporte au personnage émotion et humanité, Bolivar Trask est l’un des méchants les plus sombres mais aussi incontestablement l'un des plus complexes de l’univers X-Men. Si son but est d'éliminer les mutants, c'est avant tout parce qu'il les voit comme une menace pour l'humanité et il a à cœur d'unir l’espèce humaine contre ses présumés rivaux. Pour ce faire, il conçoit les Sentinelles, des robots intelligents chargés de traquer les mutants, du moins jusqu'à ce que tout se dérègle...

Ce casting est rejoint par une foule d'acteurs, nouveaux comme anciens, aux rôles plus ou moins importants. Halle Berry incarne le personnage de Tornade pour la quatrième fois. Ellen Page reprend le rôle de Kitty Pryde. Nicholas Hoult reprend le rôle poignant de Hank McCoy, alias le Fauve. Lucas Till est de retour dans le rôle d’Alex Summers, alias Havok. L’acteur australien Josh Helman se glisse lui dans la beau de Bill Stryker (il est le quatrième acteur à interpréter ce personnage dans la saga).

Faisant sa première apparition sous les traits de Evan Peters, Vif-Argent (alias Quicksilver en VO) peut se mouvoir à toute vitesse - un pouvoir qu’il utilise, jusqu’à sa rencontre avec les X-Men, pour son plaisir personnel et réaliser de menus larcins. Incontestablement une des meilleures surprises du film, il est un mutant clé des scènes qui se déroulent dans les années 70 et la pièce maitresse de l'une des meilleures séquences du film - et accessoirement l'une des plus complexes au plan technique et les plus saisissantes au plan visuel - que je vous laisse découvrir.

Blink, incarnée par Fan Bingbing, est l'une des nouvelles mutantes introduites dans le film. Elle a le don de téléportation qu'elle utilise pour déplacer ses camarades et ses ennemis. Son pouvoir a été utilisé avec brio par les équipes en charge des effets spéciaux et des chorégraphies. Les combats dans lesquels elle déplace les sentinelles ou bien encore les colonnes du monastère du futur sont réellement impressionnants.

Annoncé à la surprise générale il y a quelques mois, l’acteur français Omar Sy incarne Bishop. Implacable et intimidant, il est capable d’absorber différents types d’énergie qu’il utilise ensuite pour alimenter son pistolet à plasma. Apparaissant dans les scènes du futur, il y tient un petit rôle sympathique et s'en sort avec les honneurs, mais l'acteur français devra attendre encore un peu pour occuper le premier plan dans un film Hollywoodien.

X-Men : Days of Future Past se déroule à deux époques. D'un point de vue chronologique, le futur est la suite de tous les films tandis que le passé est la suite de X-Men : Le commencement. Ce nouveau film peut ainsi être considéré comme une suite de tous les films existants (auxquels il emprunte références et caméos), mais aussi comme le moyen de préparer un reboot compte tenu de l'ordre nouveau qu'il met en place. Lien entre le passé et le futur des X-Men, le film met en place de manière habile et intelligente les personnages et pose les "nouvelles" bases de la franchise au cinéma, se permettant de gommer de manière (presque) assumée le final de X-Men : L'affrontement final boudé par le public ainsi que de faire oublier Wolverine : Le combattant de l'immortel qui n'apportait rien à la franchise.

De l’action, de la comédie et des effets visuels : le film renferme tout ce que l'on attend d’une adaptation de bande dessinée de super-héros mais c’est bel et bien l’aspect humain de l’histoire, avec ses conflits et ses épreuves, qui lui confère son âme. Le triangle Xavier-Magnéto-Mystique est ainsi au cœur du film et de l'intrigue, tout au plus pourra-t-on lui reprocher de manquer un peu de sentiments (là où Le commencement parvenait à nous émouvoir).

L'ensemble du casting a également réussi à instaurer une continuité entre les différentes versions des personnages, jeune et plus âgée, et ce d'autant plus que les deux époques cohabitent tout au long du film : une seule chose à dire «bravo!» tant le pari était risqué et le résultat est maitrisé. Bryan Singer et son équipe réussissent à donner du sens à l'histoire et à la rendre cohérente et surtout authentique, et le réalisateur nous prouve qu'il est vraiment le "maître" de l'univers cinématographique X-Men.

En 2000, à la sortie du premier X-Men, l’équipe du film n’avait pas pu réaliser tout ce qu’elle avait imaginé en raison des limites de la technologie de l’époque. Les effets visuels d’alors n’auraient par exemple pas permis de créer les Sentinelles, ces robots de 5,50 mètres de haut. Quatorze ans plus tard, cela ne pose plus de problème et le film est une vraie réussite visuelle, avec une mention spéciale pour la mise en images des pouvoirs de Vif-argent et de Blink.

Le tournage de X-Men : Days of Future Past s’est déroulé à la Mel’s Cité du Cinéma, un studio de près de 11 hectares situé sur l’île de Montréal et dominant le fleuve Saint-Laurent. Les équipes créatives du film ont ainsi construit plus de 40 décors en intérieurs, et aménagé presque autant de scènes naturelles dans et autour de Montréal. Parmi ces décors grandioses et spectaculaires, on retiendra le monastère dans lequel Wolverine repose dans le futur alors que son esprit est dans le passé, ou bien encore une réplique de la pelouse de la Maison Blanche de 1973 où se déroule la spectaculaire bataille clé du film. Les équipes du film ont œuvré pour recréer un univers véritablement immersif, faisant revivre les années 70 sous nos yeux.


Sur le tournage, dans le monastère du futur...

La réalisation du film est un sans-faute et on pardonne sans peine les petites longueurs sur la fin qui n’entachent pas notre enthousiasme. S'inspirant du meilleur de la saga (y compris les films Wolverine qui avaient au moins ça pour eux), les chorégraphies des combats sont parfaitement maitrisées et orchestrées. La première scène dans le futur est à ce sens dantesque et annonce d'entrée de jeu la couleur... jouissif !!

A la fois auteur de la musique du film et monteur, John Ottman signe sa 9e collaboration avec le réalisateur B.Singer, et sa deuxième participation à la saga après X-Men 2. Clin d’œil à son œuvre mais aussi sans conteste aux fans (la musique du 2e opus reste l'une des plus emblématiques de la saga), le compositeur en a d'ailleurs repris le thème principal. En outre, le générique d'ouverture se veut un clin d'oeil (en moins original, dommage) au film de 2003, ce qui - avouons-le - n'est pas pour nous déplaire.

En conclusion

Empruntant à l'ensemble de la saga et plus particulièrement aux deux meilleurs opus que sont X-Men 2 et X-Men : Le commencement, X-Men : Days of Future Past est sans conteste le plus ambitieux de la saga à ce jour mais aussi le meilleur ! Le réalisateur Bryan Singer nous offre un film sans temps mort, à la réalisation parfaitement maitrisée et servi par deux générations de X-Men (et d'acteurs) dont les liens sont une des forces de cet opus. Sous la houlette du maitre des mutants, le film parvient à adapter sans fausse note un comic pourtant pas évident, entre ellipses temporelles et voyage dans le temps, se permettant même de gommer les "erreurs" du passé et poser de nouvelles bases pour la saga, tel un mini-reboot.

«Les histoires des X-Men sont les mythes d’aujourd’hui. C’est un univers dans lequel je me sens bien, que j’aime explorer et développer.» déclare B.Singer. Force est de constater que le réalisateur y parvient avec un talent hors pair. Avec une scène post-générique nous dévoilant Apocalypse, le tout premier mutant, nul doute qu'un avenir prometteur s’offre aux X-Men et on a (plus que) hâte d'être en 2016 pour découvrir le prochain opus !!