• Warning: Use of undefined constant cinecoulisses - assumed 'cinecoulisses' (this will throw an Error in a future version of PHP) in /homepages/16/d333407159/htdocs/_d/wp-content/themes/cinecoulisses/functions.php on line 93

    Warning: Use of undefined constant R_5e70617602ea15aea9ac97d77ddd7ea8 - assumed 'R_5e70617602ea15aea9ac97d77ddd7ea8' (this will throw an Error in a future version of PHP) in /homepages/16/d333407159/htdocs/_d/wp-content/themes/cinecoulisses/functions.php on line 94
  • 2 comm's
A la une
[Critique] Avengers : Infinity War
Egalement dans l'actu
[Critique] L'Île aux Chiens

[Critique] Le Conte de la princesse Kaguya

Le film

Une minuscule princesse, Kaguya, "la princesse lumineuse", est découverte dans la tige d’un bambou. Elle devient très vite une magnifique jeune femme que les plus grands princes convoitent : ceux-ci vont devoir relever d’impossibles défis dans l’espoir d’obtenir sa main...


Le Conte de la princesse Kaguya - Bande annonce VF

Dernier film du studio Ghibli, Le Conte de la princesse Kaguya est à découvrir dés maintenant dans les salles...

Rencontre avec Isao Takahata, alias Paku-san

Né en 1935, Isao Takahata est l'un des cinéastes les plus influents de l'animation japonaise. Entré chez Toei Animation en 1959, il s'est imposé rapidement comme l'un des réalisateurs les plus prolifiques du studio. Il y devient ami avec Hayao Miyazaki avec qui il réalise son premier film pour le cinéma en 1968, Horus, Prince du Soleil. Les deux hommes vont ensuite travailler ensemble, aussi bien sur des films que sur des séries télévisées : Paku-san réalise tandis Miya-san dirige l'animation. En 1985, ils co-fondent le studio Ghibli. En 1988, Takahata réalise Le Tombeau des Lucioles, son premier film au sein du studio, qui lui apporte une reconnaissance internationale. Suivront ensuite Souvenirs Goutte à Goutte en 1991, Pompoko en 1994 qui remportera l'année suivante un Cristal au Festival d'Annecy et Mes Voisins les Yamada en 1999.

Sorti en septembre 2013 au Japon, Le Conte de la princesse Kaguya a été présenté au Festival de Cannes dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs en mai et a fait l'ouverture du Festival international du film d'animation d'Annecy le 9 juin dernier. A cette occasion, le Festival a remis à ce maître un Cristal d'honneur pour célébrer sa carrière et sa contribution au cinéma d’animation. «Réalisateur à l’envergure exceptionnelle, Monsieur Takahata est aussi un grand humaniste dont l’oeuvre est devenue une référence pour tous ceux qui croient à la grandeur de l’art du cinéma d’animation» a déclaré Marcel Jean, délégué artistique du Festival.


Isao Takahata au Festival d'Annecy le 9 juin 2014

Notre avis

Le Conte de la princesse Kaguya est une adaptation d'un conte populaire japonais, Le Conte du Coupeur de bambous, considéré comme le texte narratif le plus ancien du Japon. Des générations se sont endormies pendant que leurs parents le leur racontaient au coucher...

«Née dans un bambou, elle grandit très rapidement pour devenir une belle jeune fille qui éconduira tous ses prétendants et finira par retourner sur la Lune lorsque, une nuit de pleine lune, les messagers de cet astre viendront la chercher...» Voilà le récit que tous les Japonais connaissent. Mais dans cette histoire, nous ignorons pourquoi la princesse Kaguya est si fortement attachée à la Terre et pourquoi elle est si triste de regagner la Lune. Pourquoi est-elle venue sur Terre ? Pourquoi doit-elle repartir sur la Lune ? Qu’a-t-elle ressenti en vivant sur Terre ? Quelles ont été sa faute et sa punition ?

La première intention de Isao Takahata d'adapter ce conte sur le grand écran remonte à plus de 50 ans, alors que la Toei avait lancé un concours interne autour d'un projet d'adaptation cinématographique qui ne verra finalement jamais le jour. Les employés avaient été invités à proposer un synopsis complet pour le film, complétant notamment les lacunes scénaristiques du conte original, relativement court et dépourvu de réelle introduction. Ce souhait d'adptation ne quittera jamais vraiment le réalisateur et lorsque le studio Ghibli lui demande - ou devrais-je dire «le supplie» pendant près de deux ans - de réaliser un nouveau film, il accepte à condition de pouvoir mener à bien ce projet, et surtout de le faire comme lui l'entend ! Nous sommes en 2006...

Tout en conservant le récit original, Isao Takahata a voulu décrire ce qui se passe dans «le coeur» de Kaguya, ce que nous ignorions... et nous raconter la véritable histoire de la princesse. Lors d'une masterclass au Festival d'Annecy, il a ainsi expliqué vouloir compléter et corriger les «non-dits» du conte original. Pour lui, il est important que le spectateur puisse ressentir de l'empathie pour les personnages et puisse se mettre à leur place, tant dans les moments joyeux que dans les instants plus difficiles. Ce n'est donc pas anodin si les sentiments sont mis en avant tout au long du film, à la différence du conte où le lecteur ignore ce que ressentent et pensent les protagonistes. Le film décrit ainsi soigneusement les sentiments de Kaguya pour ses proches ou pour le monde extérieur, et particulièrement sa vie à la montagne au travers d'une très belle introduction.

Visuellement, I.Takahata voulait imposer son style. Il souhaitait notamment «unifier» le décor et les personnages pour donner une impression d’unité dans les images. Ce procédé étant impossible à réaliser en restant au studio Ghibli, toute l'équipe du film a fondé un nouveau studio, le Studio n°7. À l’initiative de l’animateur de génie Osamu Tanabe, les personnages ont été dessinés avec des lignes semblables à celles de croquis, l'objectif étant de réaliser des dessins «à main levée», «dans l'instant». À première vue, les dessins paraissent assez simples mais ils ont en réalité nécessité énormément de travail, allongeant par la même occasion les coûts et les délais de production initiaux du film. Fort heureusement, le résultat visuel est tout simplement sublime. Cette méthode inédite permet d'humaniser encore plus les personnages, notamment la princesse Kaguya, et insuffle au film une véritable impression de réalité et de réalisme.

De l'aveu même des différents producteurs impliqués dans le projet, produire un film du réalisateur Isao Takahata n'est pas une mince affaire, et ce nouveau projet n'a pas dérogé à la tradition. Le scénario a nécessité près de deux ans d’écriture et cinq ans après le début du projet seules trente minutes de film étaient story-boardées...

Comme le montre le documentaire The Kingdom of Dreams and Madness, Paku-san était vu par les autres acteurs du studio Ghibli comme un être «à part», travaillant dans son coin et comme il l'entendait, mais surtout à son rythme et en se moquant totalement du budget du film ou des échéances de sorties. Pour stimuler le réalisateur et permettre au film d’être achevé le plus tôt possible, il a été pris la décision d’annoncer la sortie simultanée du (Le) Conte de la princesse Kaguya et du film de Hayao Miyazaki, Le vent se lève. Contre la volonté de Takahata, de nouveaux animateurs ont été engagés afin d’accélérer la production du film. Son attachement au film était tel qu'il a toujours supervisé et corrigé leur travail pour en tirer le meilleur. Si la sortie simultanée s'est avérée impossible à réaliser, le film a néanmoins été fini presque dans les temps, permettant au réalisateur «la concrétisation d’un rêve». De la naissance du projet jusqu’à l’achèvement du film, huit ans se seront tout de même écoulés... et plus d'un demi-siècle depuis la première idée.

Bien qu'il ait toujours vécu à la ville, Takahata n'a jamais caché son affection pour la nature, aimer apprécier le temps qui passe... aimer apprécier la vie tout simplement. Cette mélancolie se ressent jusque dans le rythme du film, et le spectateur risque en effet de sentir passer le temps au fond de son fauteuil. Le Conte de la princesse Kaguya affiche une durée de 2h17, ce qui est déjà long pour un film classique et se place comme le record à ce jour pour le studio Ghibli (et probablement pour de nombreux films d'animation). Ceci n'aurait pas été nécessairement génant si le film ne souffrait pas d'un problème de rythme et de construction. Le milieu du film est si dense et riche qu'il en devient fouilli et finit par perdre le spectateur. De nombreux passages, sans être dépourvus d'intérêt, n'apportent rien à une histoire déjà relativement lente et étirée. Les différentes scènes avec les 5 nobles prétendants tournés en dérision par la princesse, bien que drôles et intéressantes, auraient ainsi gagné à être allégées.

En revanche, le début et la fin du film sont de vraies réussites. La jeunesse de Kaguya et sa découverte du monde sont réellement touchantes et émouvantes. Coloré et joyeux, le final du film parvient sans peine à faire oublier les lacunes précédentes et entraine le spectateur dans un tourbillon de joie et d'émotion, qui surprendra très certainement le public occidental, et dont le thème musical final met le coup de grâce à nos glandes lacrymales.

Côté musique, c'est un sans-faute. La bande originale est signée Joe Hisaishi, le compositeur attitré de Miazaki, qui offre ici une musique tantôt mélancolique, tantôt plus enjouée, qui sublime les images. Depuis longtemps, J.Hisaishi et I.Tahakata souhaitaient travailler ensemble, ce qui a (enfin) été rendu possible à cause du retard pris dans la production du (Le) Conte de la princesse Kaguya. Les deux chansons du film, «La Chanson des enfants» et «La Chanson de la nymphe céleste», ont été co-écrites par Isao Takahata lui-même.

Prenant et envoutant, le thème principal du film «La mémoire de la vie» est l'œuvre de Kazumi Nikaido, artiste vivant à Hiroshima. Celle-ci s'est chargée de l'écriture et de l'interprétation du titre. Pendant la production du film eut lieu le grand tremblement de terre à l’Est du Japon. Alors que Takahata se demandait il pouvait encore assumer la responsabilité de réaliser des films, l'écoute de cette chanson dissipa ses doutes. Il eut la certitude que ce serait un film sur la solidarité entre les êtres humains et la Terre, digne d’être produit après ce drame.


Le Conte de la princesse Kaguya - Bande annonce musicale "La mémoire de la vie"

En conclusion

Les films de Isao Takahata ont toujours été exigeants et Le Conte de la princesse Kaguya ne déroge pas à la règle. À travers chaque instant de l’existence de la princesse, le film nous incite à vivre pleinement notre existence. En réinterprétant ce conte ancien de la littérature japonaise, Takahata nous offre une véritable ode à la vie terrestre, poétique, touchante et émouvante. Le réalisateur insuffle au film une certaine mélancolie qui se ressent jusque dans le rythme du film, réellement lent par moments. Le film souffre dans sa partie centrale d'une réalisation décousue et d'un rythme inégal qui ne s'épargne pas des longueurs, que viennent contrebalancer une introduction touchante et un final magique.

Tel un livre que l'on parcourt pendant plus de 2h avec une conclusion magistrale, Le Conte de la princesse Kaguya est sans conteste un très beau film, visuellement magnifique et servi par une bande-son sublime, envoutante et enivrante. La beauté se mérite et est (parfois) réservée à un public de cinéphiles avertis... ou curieux ? A partir de 6/7 ans.

2 commentaires

  1. #1 Isabelle Demeure

    Un film dont on sort différent, tant par la magie de l'enfance et celle de l'éternité, à la fois mêlées et complémentaires. Je pense que les enfants peuvent trouver cela long, et passer à côté du thème profond de la destinée et de la quête fondamentale de la vie. Mais la fraicheur et la beauté des dessins et le sujet, même vu au premier degré, pourront faire que le film reste pour eux aussi un merveilleux souvenir.

  2. #2 sandrine

    super film. Les filles se sont régalées. 8ans, 5ans, 3ans, toutes les 3 ont regardé jusque la fin et ont compris l'histoire du film.
    Jamais on ne s'est ennuyé.
    A voir absolument