[Critique] Planes 2

Le film

Dusty, le plus intrépide des petits avions de course, apprend que son moteur est endommagé et qu’il ne pourra peut-être plus jamais participer à une compétition aérienne. Se refusant à y croire, il tente en plein vol une ultime accélération... qui le conduit tout droit à un atterrissage en catastrophe et à l’embrasement de l’aéroport de Propwash Junction ! Résigné, Dusty finit par considérer ce mauvais coup du sort comme l’occasion parfaite de changer sa destinée. Il rejoint alors l’équipe d’audacieux pompiers du ciel chargés de surveiller le parc national de Piston Peak. A leur contact et en livrant bataille contre un terrible incendie, Dusty va découvrir combien il en coûte pour devenir un véritable héros...

Planes 2 est à retrouver actuellement dans les salles !

Notre avis

Qu'on ne s'y méprenne pas, Planes 2 n'est pas un film Disney•Pixar mais bien une production DisneyToons Studios. 2014 est en effet une année creuse pour le studio à la lampe qui, pour la première fois, ne propose pas de long-métrage au cinéma... pour mieux se rattraper en 2015. Charge donc au "petit" studio Disney d'occuper les salles obscures. Après Clochette et ses amis au printemps, c'est au tour de Dusty d'être de retour dans les salles obscures. Si ces productions sont nées à l'ombre des grands géants que sont les Walt Disney Animation Studios et les Pixar Animation Studios, ce n'est pas une raison pour les bouder pour autant, et même si Planes sorti l'an passé avait quelque peu déçu, ce deuxième opus n'est pas dépourvu de qualités, au contraire...

Le film commence là où le précédent nous avait laissé : Dusty revient dans sa ville natale après une saison passée à voler de victoire en victoire. Alors qu’il est au sommet de sa gloire, il s’effondre en plein looping... le verdict est sans appel, sa boîte à vitesses a rendu l'âme l'obligeant à mettre fin à sa brillante carrière. Tel un athlète blessé qui ne peut plus faire de compétition, Dusty est dans le déni. Il essaie de se prouver à lui-même qu’il peut encore courir, et cela finit par un crash qui met le feu à Propwash Junction et entraine la fermeture de l'aéroport. Pour sauver sa ville, il décide de devenir pompier aérien et rejoint la base de Piston Peak. Dés lors, le film change de registre...

Le réalisateur Bobs Gannaway, à qui l’on doit notamment Clochette et le secret des fées, explique «C’est une histoire qui parle de maturité. On a tous connu dans notre vie des périodes plus sombres que d’autres, marquées par la fin d’une époque, un amour qui se fane ou un échec professionnel. Nous avons tous dû faire face et appréhender l’existence autrement. Dusty vit la même situation : il ne peut pas revenir en arrière, il ne peut plus être un grand coureur ou un avion agricole. Il doit avancer coûte que coûte.»

Planes 2 étonne très agréablement le spectateur par sa capacité à maitriser son sujet, pourtant pas facile de prime abord, et offrir une histoire (nettement) plus aboutie que le premier film. Si Martin n'était pas vraiment crédible en agent secret dans Cars 2, Dusty s'impose tout naturellement en pompier du ciel, ce qui n'est pas étonnant quand on sait que le tout premier avion-citerne opérationnel était un avion agricole reconverti, quand la fiction rejoint la réalité la reconversion est toute trouvée !

En outre, le film dispo de son propre univers et d'une myriade de nouveaux personnages, apportant un peu de fraicheur à la saga. Hélicoptère de sauvetage chevronné, Blade Ranger dirige l’équipe des soldats du feu du parc de Piston Peak. Hanté par son douloureux passé, il est un chef dur et exigeant qui pratique volontiers l’ironie. Extravertie et enthousiaste, Dipper est un avion-citerne fan absolue de courses aériennes. C’est dire si elle est folle de joie et d’enthousiasme quand Dusty arrive en tant que nouvelle recrue ! Le méchant de l'histoire est campé par Cad Spinner, le directeur du parc, dont le seul but dans la vie est de se faire le maximum d'argent grâce au gigantesque chalet qu'il vient de finir de rénover, même si il doit pour cela mettre en péril la sécurité des vacanciers quand le feu menace...

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Un des atouts de Planes 2 est le très bel hommage qu'il rend aux soldats du feu. Le vrai courage, l’esprit d’équipe, la solidarité, l’aide à autrui, le dévouement et l’abnégation sont au coeur du scénario. Des valeurs nobles et fortes qui sont aussi celles portées au quotidien par les sapeurs-pompiers, les véritables héros du film. C’est donc tout naturellement que The Walt Disney Company France, le Ministère de l’Intérieur (DGSCGC) et la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France (FNSPF) se sont associés pour mettre en avant la bravoure et l’action exemplaire menée par ces hommes et ces femmes au nombre de 245.000 en France, répartis entre sapeurs-pompiers professionnels, volontaires ou militaires de la Sécurité civile. Comme Dusty et ses compagnons, tous sont amenés, dans le cadre de leur mission, à intervenir sur tous types d’incendie. 78.000 d’entre eux sont même spécialement formés à la lutte contre les feux de forêt, car chaque année, ce sont en moyenne 10.700 hectares de bois et futaies qui partent en fumée, avec des pics dans les départements limitrophes du bassin méditerranéen, dans le massif pyrénéen et dans le massif landais.

Ce combat de tous les instants que livrent les (vrais) soldats du feu contre les incendies est au cœur du film, et particulièrement de sa deuxième moitié. Après une ouverture plutôt classique, le film commence à dévoiler son potentiel quand Dusty arrive à Piston Peak et atteint son paroxysme dans la dernière demi-heure alors qu'un gigantesque incendie ravage le parc naturel, offrant des scènes de bravoure prenante et une réalisation parfaitement maitrisée. Le spectateur, y compris adulte, sera ainsi tenu en haleine pendant de longues minutes.

Visuellement, Planes 2 surprend agréablement et se révèle très agréable à regarder. Sans atteindre le niveau des "grands" studios Disney, le résultat est très honorable. De nombreuses scènes - notamment la destruction d'un pont en fin de film - ainsi que les effets visuels sont très réussis. Là où le premier opus pêchait par la faiblesse de ses décors, on sent que les artistes des DisneyToons Studios ont élevés le niveau.

L’équipe du film était consciente que les décors du film allaient devoir être vastes car les personnages principaux peuvent parcourir plusieurs dizaines de kilomètres en une seule et même scène. Sous l'impulsion de John Lasseter, un grand parc national a ainsi été (re)construit. Typiquement américain, Piston Peak s'inspire (sans jamais le cacher) des parcs du Yellowstone et du Yosémite, auxquels de nombreux clins d'oeils à l'univers de Cars et Planes (tels que cette île en forme d'ancre au milieu du lac ou bien encore ces parles de rotor cachées dans le décor) ont été ajoutés. Le film offre également quelques clins d'oeils sympathiques à d'autres productions télévisuelles ou cinématographies, parmi lesquelles Howard... une nouvelle race de héros ou bien encore la série policière CHiPs.

Tout comme leurs histoires sont très différentes, Planes et sa suite mettent en scène des cascades aériennes très différentes. L’équipe du film a ainsi rencontré de vrais pompiers aériens afin de comprendre la manière dont ils volent. Ici, les appareils ne sont pas en compétition les uns avec les autres, leur but n’est pas d’aller le plus vite possible. Pour autant, ils combattent les incendies en véritables voltigeurs aériens capables de réaliser des piqués, des chandelles ou des virages serrés pour attaquer au mieux l'incendie qu'ils doivent circonscrire... offrant des ballets aériens soigneusement chorégraphiés.


Piston Peak National Park

En conclusion

Là où Planes avait des allures de Cars du pauvre, tant au niveau du scénario (linéaire et pas vraiment original) que visuellement (certaines scènes piquaient un peu les yeux) et était sauvé (tant bien que mal) par des personnages touchants et attachants, cette suite élève très nettement le niveau et parvient sans mal à surprendre (très agréablement) le spectateur.

Si il fallait comparer les deux films, cela tiendrait en une phrase : Planes 2 est (très) largement au dessus du premier opus, sur tous les points. Que ce soit visuellement, au niveau du développement des personnages, du scénario, de l'univers mis en image, de la musique, du rythme, de l'intrigue... tout est mieux ! Finalement son seul défaut est de sortir après un premier film qui, sans être raté, n'en demeure pas moins un petit film.

Sans jamais avoir la prétention d'égaler le niveau de ses grands frères que sont les Pixar Animation Studios et les Walt Disney Animation Studios, les DisneyToon Studios nous offrent avec Planes 2 un film d'animation fort sympathique qui mérite qu'on lui laisse sa chance. Faites vrombir vos moteurs, déployez vos plus belles ailes et envolez-vous pour Piston Peak !