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[Critique] Gus Petit Oiseau, Grand Voyage

Le film

À l’heure du départ pour la grande migration, Darius, le doyen de la volée, est blessé. Il va devoir confier tous ses secrets et le nouvel itinéraire du voyage au premier oiseau venu. Et cet oiseau... c’est notre héros, exalté à l’idée de découvrir enfin le monde... mais pas du tout migrateur !

Gus Petit Oiseau, Grand Voyage est à retrouver actuellement dans les salles.

Notre avis

Une équipe de plus de 300 personnes a travaillé sur le film pendant deux ans, du dessin à la mise en couleur, de l’animation au rendu final. Le travail reste artisanal même si les technologies employées sont innovantes comme pour ces nuages volumiques ou les plumes animées par le vent qui ont nécessité le développement de logiciels spécifiques. Ces aspects techniques ont été de vrais défis dans la production du film, entièrement fabriqué en France dans les studios de TeamTO, entre Bourg-lès-Valence et Paris. Produit avec un budget de 10 millions d’euros, soit 9 fois moins qu'un blockbuster comme Rio, le réalisateur Christian De Vita et son équipe ont tout mis en œuvre pour que le film nous immerge dans le monde des oiseaux.

Après avoir étudié le cinéma et l’animation en Italie, C. De Vita a réalisé des longs métrages en prise de vue réelle ainsi que des séries d’animation pour enfants. Son apport au film a été déterminant. Son regard, la montée en puissance de la dramaturgie sur certaines séquences insufflent au film un rythme soutenu et du suspense, en dépit de quelques longueurs.

Le scénario présente des personnages avec des caractères bien marqués, tous très différents. Ces différentes personnalités sont très rapidement identifiables par des formes et des silhouettes fortes. Gus par exemple est inspiré d’un petit échassier qui vit dans les marais. Delf est assez proche de l’hirondelle, Karl est un mélange entre un vautour et un corbeau, Darius a des airs de grand-duc... En outre, les voix françaises du film ont été choisies pour coller au plus près des personnages. Chacun des acteurs a une tessiture de voix très particulière, que ce soit l’énergie et la fantaisie d’Arthur Dupont pour Gus, la malice et la sensualité de Sara Forestier pour Delf et l’audacieuse double performance de Bruno Salomone qui interprète à la fois Karl et le hibou !

La stylisation du film est inspirée des dessins de Benjamin Renner qui a créé tout l'univers graphique. Bien qu’il s’agisse d’un film en images de synthèse, chaque oiseau donne l’impression d’avoir été peint à la main, ce qui est un peu vrai... les plumes ont été peintes une par une ! L’ornithologue Guilhem Lesaffre a donné de précieux conseils quant aux battements des ailes et aux mouvements des plumes... ce réalisme s’équilibre avec les moments où les animateurs ont donné libre court à leur imagination, en s’autorisant une animation presque cartoon.

Si l'animation des personnages ne souffre pas vraiment de soucis, tant dans leurs mouvements que dans leur plumage, pour celle des décors et des arrières-plan c'est une autre histoire... Certaines scènes sont parfaitement maîtrisées, d'autres donnent l'impression ne pas avoir été terminées. Ainsi, par moments les feuilles apparaissent complétement statiques, alors même que les nuages dans le ciel sont en mouvement. L'animation de la mer, que ce soit sur la plage ou lors d'une tempête, est elle aussi totallement ratée et donne(rait) presque l'impression de sortir d'un jeu vidéo du début du siècle... dommage ! Problème de temps ou d'argent ? Mais ne boudons pas notre plaisir, le film se situe globalement dans le haut de ce qui se fait en animation française.

La musique du film est l’œuvre de Stephen Warbeck (Billy Elliot, Polisse). Le compositeur a été intégré à l'équipe tout au long du projet, ce qui a lui permis de créer la partition au fur et à mesure de la production du film, mais aussi a contrario à certaines séquences d’être façonnées sur la musique. Le résultat est une bande originale «coup de coeur», qui colle vraiment aux images et sert parfaitement l'intrigue.

En conclusion

Premier long-métrage du studio TeamTO, connu pour Angelo la Débrouille ou Oscar & Co, Gus Petit Oiseau, Grand Voyage nous initie à l’extraordinaire épopée de la migration. Ce grand voyage structure, chaque année, le destin de millions d’oiseaux à travers le monde. C’est aussi une façon d’évoquer les répercussions de nos comportements humains sur la nature et les animaux. Mais c’est surtout l’histoire d’une émancipation et un voyage initiatique...

Ciblant un jeune public, relativement prévisible et souffrant de quelques longueurs, le film n'en demeure pas moins plaisant à suivre. Les personnages sont touchants et attachants, notamment le duo formé par Gus et Delf. C'est drôle. Les travaux de B. Renner donne au film un style visuel qui lui est propre et lui va bien, même si celui-ci est un peu simpliste par moments. L'animation est de bonne qualité et la 3D relief offre une belle immersion, malgré un résultat visuel un peu inégal par moments.

Croire en soi, se dépasser, être la pour les autres, trouver sa place... le film offre un beau passage initiatique. On peut en revanche s'étonner que cela passe par un (gros) mensonge... drôle de message à faire passer aux enfants.

In fine, Gus Petit Oiseau, Grand Voyage est un film d'animation, sympathique, à voir en famille avec les plus jeunes (à partir de 4 ans)... un bon moment en perspective pour les vacances qui débutent. En prime, le film a été produit et réalisé en France -cocorico-, une raison de plus pour le soutenir !