[Critique] Les Minions

Le film

A l'origine de simples organismes monocellulaires de couleur jaune, les Minions ont évolué au cours des âges au service de maîtres plus abjects les une que les autres. Les disparitions répétitives de ceux-ci, des tyrannosaures à Napoléon, ont plongé les Minions dans une profonde dépression. Mais l'un d'eux, prénommé Kevin, a une idée. Flanqué de Stuart, l'adolescent rebelle et de l'adorable petit Bob, Kevin part à la recherche d'un nouveau patron malfaisant pour guider les siens. Nos trois Minions se lancent dans un palpitant voyage qui va les conduire à leur nouveau maître : Scarlet Overkill, la première superméchante de l'histoire. De l'Antarctique au New York des années 60, nos trois compères arrivent finalement à Londres, où ils vont devoir faire face à la plus terrible menace de leur existence : l'annihilation de leur espèce...

Les Minions débarquent dans nos salles le 8 juillet prochain !!

Notre avis

Introduits en 2010 dans Moi Moche et Méchant où on les a découvert au service de Gru, les Minions - ces petits personnages créés par Illumination Entertainment et Universal Pictures - ont depuis gagné leurs lettres de noblesses. Ils sont devenus des icones et des idoles reconnues (et adulées ?) du grand public. C'est donc sans grande surprise qu'un film centré sur eux a été annoncé, sobrement baptisé Les Minions (aka. Minions Movie en VO). Réalisé par Pierre Coffin et Kyle Balda, celui-ci s'intéresse à leurs origines, de la création à nos jours, en passant par leurs errances et leurs maitres successifs durant des millions d'années...

Le film s'ouvre sur une scène d'introduction en 2D qui prend place au fond des océans il y a trèèèèèès longtemps, où les Minions - alors simple amas de cellules - cherchent déjà à suivre la créature qui domine les mers. Depuis la nuit des temps, ces charmantes créatures jaunes sont en effet programmées pour être au service de l'être le plus méchant et le plus affreux qui soit.

Pendant des millions d'années, les Minions passent de maître en maître, avec plus ou moins - surtout moins il faut bien le dire - de réussite. Trouver un maître est en effet une chose aisée, le garder un peu moins, surtout quand idées saugrenues et maladresse s'en mêlent. L'armée de Napoléon ne leur pardonnera pas vraiment d'avoir tiré sur leur chef, et voilà nos Minions en exil... au cœur de l'Antarctique !

Livrés à eux-même, ils vont créer leur propre civilisation, forcément drôle, absurde et... mignonne (pardon !, il fallait le faire). Tout se passe au mieux pendant plusieurs décennies, mais c'est sans compter sur la nature même d'être des Minions. Sans personne à servir, ils commencent à dépérir, la fin est proche... et soudain Kevin a une idée : il leur faut un nouveau maître ! Flanqué de Bob, un Minion pas très malin mais plein de bonne volonté, et de Stuart, désigné volontaire, notre trio se lance à l'assaut du vaste monde à la recherche d'un nouveau vilain à servir...

Leur quête va les emmener de New York à Londres, en passant par la plus grande convention de vilains au monde, la Vilain Con d'Orlando. Un périple forcément semé d'embuches toutes plus drôles les unes que les autres qui va les conduire à la grande Scarlett Overkill. Par le plus grand hasard, celle-ci cherche justement des assistants. Leur première mission va être de voler la couronne d'Angleterre, ce qui forcément ne va pas se passer comme prévu. Ceci sera l'occasion de se moquer gentiment de la monarchie britannique et de détourner habilement ses codes, comme cette scène où les gardes de Buckingam Palace enfilent salopettes et perruques jaunes pour plaire à leur nouveau monarque...

Bien que parfaitement maitrisé, le scénario n'est pas le point le plus mémorable du film, relativement simple et prévisible, se permettant de surcroit quelques facilités. Scarlett Overkill manque également de charisme, un comble pour celle qui est censée être la vilaine ultime. Le duo qu'elle forme avec son mari Herb est en revanche cool, se jouant des codes du couple à cette époque. Aussi attendue soit-elle, la fin n'en demeure pas moins émouvante et l'un des meilleurs moments (mais chut, je ne vais pas vous gâcher la surprise).

Une fois un nouveau maitre - ou plutôt une nouvelle maitresse - trouvé/e, Kevin prévient l'ensemble des autres Minions pour qu'ils les rejoignent à Londres... du moins qu'ils essayent ! Et c'est là une des spécificités du film : il est centré essentiellement sur le trio, au détriment de l'unité de groupe qui faisait la réussite des opus précédents.

Là où les Minions sont les protagonistes de petites «virgules» - des séquences plus légères - dans les premiers films, ici ils sont au cœur de l'intrigue. Le plus grand défi a donc été de les réinventer et de les faire exister tout seul. Les réalisateurs nous ont confié que les premiers tests pour essayer de faire un film sur le groupe ne marchaient pas du tout. Le choix a donc été fait d'en faire une grande communauté aux allures de famille avec 3 protagonistes se détachant du lot, le reste de la communauté des Minions devenant ainsi l'aspect comique et léger du film, contrepoids aux aventures du trio principal.

Ceci apporte un nouveau souffle et une nouvelle vision, mais force est de constater que les Minions sont au sommet de leur art quand ils sont tous ensemble... peut-être parce que l'on est habitués à les voir de cette façon ?

Comme dans Moi Moche et Méchant, les Minions ne parlent pas notre langue, ni aucune langue connue d'ailleurs... ou plutôt ils parlent un langage emprunté à d'autres, du français à l'anglais, en passant par l'espagnol et l'italien. Ce langage «universel» rend leurs «dialogues» compréhensibles par les spectateurs du monde entier, en l'absence de doublage et même de sous-titrages. Rendons ici hommage à Pierre Coffin qui interprète à lui tout seul l'ensemble des Minions ! Une bonne partie de leur personnalité passe de toutes façons par leurs actions et par leurs mimiques, le langage du corps est lui définitivement universel.

Drôle et absurde, mais sans jamais être lourd (ouf !), Les Minions est un film plein de bonnes idées et de moments vraiment cools dont certains vont probablement devenir cultes. Une fois n'est pas coutume après les deux premiers opus, le générique de fin est une vraie réussite. Surtout, restez bien assis jusqu'au bout : une scène post-générique de près de 2 minutes mettant en scène tous les protagonistes du film vous attend pour un petit moment d'anthologie.

Le film se déroule à la fin des années 60 et nous offre un véritable hommage à cette époque. Des Beattles aux hippies «peace & love», c'est une myriade de références et de clins d'oeils qui défilent sous nos yeux. La bande originale est évidemment de circonstance, pour le plus grand plaisir de nos oreilles (♫ they call me Mellow Yellow ♫). La révolution des mœurs est passée par là et personne ne semble choqué de voir débarquer 3 petits êtres jaunes !

Au niveau technique c'est un sans faute, avec une animation sans fausse note et des décors magnifiques. Londres vous tend littéralement les bras et les courses-poursuite au cœur de la capitale anglaise sont un vrai régal.

Les Minions est produit par le directeur-fondateur de Illumination Entertainment him-self Chris Melendandri et par Janet Healy. Il est réalisé par Pierre Coffin (qui a déjà dirigé les deux premiers Moi Moche et Méchant) et Kyle Balda (qui a réalisé Le Lorax). Bryan Lynch (Hop, Le Chat Potté) a écrit le scénario, et Chris Renaud (Moi Moche et Méchant, Le Lorax) est producteur exécutif. Du beau monde en somme...


Back in 2009...

En conclusion

Les Minions sont de retour dans ce qui s'annonce déjà comme un film incontournable de cet été 2015. Si son scénario n'est pas des plus élaborés, le film est définitivement drôle et parfaitement réalisé. Certaines scènes et répliques vont probablement devenir cultes, et c'est un vrai plaisir de retrouver Kevin et tous ses amis. Le film ne remportera pas le titre de chef-d’œuvre animé de l'été - pour ça, il faut se tourner vers Pixar et Vice-Versa - mais Pierre Coffin et Kyle Balda nous offrent un bon divertissement, un sympathique moment en perspective pour toute la famille... tout pile ce que l'on attendait des (Les) Minions !

«Bananaaaaaaaaaa!!»

1 commentaire

  1. #1 hugo21

    Super film !!!! Très réussi...