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[Critique] Vice-Versa

Le film

Au Quartier Cérébral, le centre de contrôle situé dans la tête de la petite Riley, 11 ans, cinq émotions sont au travail. À leur tête, Joie, débordante d’optimisme et de bonne humeur, veille à ce que Riley soit heureuse. Peur se charge de la sécurité, Colère s’assure que la justice règne, et Dégoût empêche Riley de se faire empoisonner la vie - au sens propre comme au figuré. Quant à Tristesse, elle n’est pas très sûre de son rôle. Les autres non plus, d’ailleurs...

Vous êtes-vous déjà demandé ce qui peut bien se passer dans la tête des autres ? Vice-Versa, le nouveau film Disney•Pixar, pénètre dans nos esprits pour le découvrir ! Dans nos salles à partir du 17 juin...

Notre avis

2 ans que Pixar n'avait pas sorti de nouveau long-métrage, autant dire que Vice-Versa (aka. Inside Out en version originale) était attendu. Si on ajoute à ça que son réalisateur n'est autre que Pete Docter à qui l'on doit déjà les génialissimes Monstres & Cie (2003) et Là-Haut (2008), l'attente n'en était que plus intense pour découvrir ce 15e long-métrage.

Le mois dernier, le film était présenté hors-compétition au Festival de Cannes, l'occasion de retrouver l'équipe venue tout droit de Californie ainsi que les nombreux comédiens cachés derrière les voix des personnages. Aussi bien en version originale qu'en version française, c'est en effet une brochette de stars que l'on retrouve au générique...

«Mais qu’est-ce qui se passe dans sa tête ?» Voilà une question que les parents du monde entier se posent face à leurs adolescents. Et cette question, P. Docter se l’est lui-même posée à propos de sa propre fille, Elie. Alors que celle-ci venait d’avoir 11 ans, elle est devenue moins remuante, plus silencieuse et plus renfermée...

Elie a inspiré Riley, une pré-ado fan de hockey qui mène une vie heureuse dans le Minnesota jusqu’à ce que sa famille déménage pour s’installer à San Francisco. Ses émotions ont fort à faire pour la guider durant cette difficile transition. Dès le départ, le réalisateur a été tenté par l’idée de pénétrer à l’intérieur de l’esprit humain. L’idée de transformer ces petites voix que l’on entend dans notre tête en personnages a été l’étincelle qui a donné naissance au film...

Pendant 33 secondes extraordinaires, Joie est la seule émotion dans l’esprit de Riley. Et puis la petite fille se met à pleurer et Tristesse apparaît. Joie réalise alors qu’elle va devoir partager la fillette avec tous les autres sentiments et émotions...

Lorsque la famille de Riley emménage dans une grande ville, avec tout ce que cela peut avoir d’effrayant, les émotions ont du pain sur la planche. Mais quand Joie et Tristesse se perdent accidentellement dans les recoins les plus éloignés de l’esprit de Riley, emportant avec elles certains souvenirs essentiels, Peur, Colère et Dégoût sont bien obligés de prendre le relais. John Lasseter, le producteur exécutif, commente «Réfléchissez-y : que devient une jeune fille privée de Joie et de Tristesse, guidée seulement par la Colère, la Peur et le Dégoût ? Connaissez-vous bien les enfants de 11 ans ?»

Les studios Pixar sont connus pour mener des recherches approfondies sur chacun de leurs films. Cette fois-ci, l’équipe de Vice-Versa s’est immergée dans l’esprit humain. Ils ont ainsi travaillé avec des scientifiques, des neurologues, des psychologues et d’autres spécialistes afin de mieux en comprendre le fonctionnement. Ceci a notamment permis à l’équipe de sélectionner les cinq émotions qui apparaissent dans le film.

Chaque individu possède une émotion dominante, et l’équipe a choisi de faire de Joie la principale émotion de Riley car la fillette est d’un naturel joyeux en dépit des épreuves. Auréolée d’un halo jaune, Joie est gaie, optimiste et décidée à voir le bon côté des choses, quelle que soit la situation. L’équipe s’est par ailleurs intéressée à la période de l’adolescence ainsi qu’à la manière dont un préadolescent réagit aux événements traumatisants. Ce n’est donc pas un hasard si Joie et Tristesse sont les deux Émotions qui disparaissent.

L’histoire se déroule dans l’esprit et non le cerveau des personnages. Ainsi, point de vaisseaux sanguins ou de neurones. L’esprit est quelque chose de métaphorique et les créateurs de Pixar ont imaginé et mis en images le mécanisme de la pensée, des souvenirs et des sentiments...

Les cinéastes ont ainsi dû composer avec deux univers : le monde réel dans lequel Riley est confrontée à des changements majeurs, et son monde intérieur, terrain de jeu des émotions. A chaque scène, les évènements qui se passent d’un côté influent sur l’autre univers, faisant du film un aller/retour permanent entre intérieur et extérieur de la tête de Riley.

Il est extrêmement difficile de décrire comment nos émotions affectent notre comportement et notre vision du monde, mais le film y parvient brillamment. Vice-Versa n’a définitivement rien à envier aux démonstrations de Fred et Jamy, les célèbres animateurs de l’émission C’est pas sorcier.

Joie et Tristesse vont s’aventurer dans les endroits les plus reculés de l’esprit de Riley, traversant la mémoire à long terme, le pays de l’imagination ou encore la pensée abstraite... laissant les autres émotions aux manettes du quartier cérébral.

Vous saurez ce qu'il advient de vos vieux souvenirs, ceux dont on essaye de se rappeler en vain, à l’instar du nom du 28e président des Etats-Unis (et pourtant ce n’est pas faute de l’avoir su !). Vous découvrirez comment notre esprit fait régulièrement du ménage, ou au contraire pourquoi certaines petites choses reviennent un peu trop souvent comme cette petite mélodie entêtante qui surgit toujours quand on ne s'y attend pas... Sans oublier une visite guidée de Dreamland Productions, un gigantesque plateau de cinéma qui n’a rien à envier à ceux d’Hollywood, où les plus beaux rêves mais aussi les pires cauchemars prennent vie chaque nuit et où les licornes sont stars.

Ce périple sera également l’occasion de (re)trouver Bing Bong, l'ami imaginaire de Riley avec qui elle a vécu des aventures formidables, témoin de ses 3 ans où barbe-à-papa et éléphants roses dominaient le monde. Avec l'âge, cet ami s'efface petit à petit, dans une séquence parmi les plus émouvantes du film.

Chaque émotion, chaque aspect de notre personnalité nous définit et fait ce que nous sommes. Le défi pour chacun est de jongler avec tous ces aspects - ce qui est d'autant plus dur lorsque l'on subit des changements ou des événements importants -, mais chaque émotion est nécessaire et primordiale, et toutes doivent travailler ensemble.

Qui ne s'est jamais étonné de la facilité avec laquelle nos chères têtes blondes passent du rire aux larmes, semblant avoir oublié sans que l'on ne sache pourquoi les raisons de leur tristesse. Combien d'éléments et de souvenirs joyeux ne sont pourtant que la conséquence d'un moment plus douloureux : un câlin après une chute ou un bon dessert après une défaite sportive.

Des émotions, Vice-Versa n'en manque définitivement pas, tant dans ses personnages (!) que dans ce que le spectateur ressent et vit tout au long du film. Frissons, rires, peur, empathie et même larmes... le panel des sentiments qui vous attend est (presque) sans limite. Les artistes ont repoussé une nouvelle fois les frontières de leur imagination et c'est une montagne russe d'émotions qui vous attend !

En grandissant, on apprend à devenir plus mesurés et à faire la part des choses. Véritable rite initiatique, le voyage que Joie accomplit va lui ouvrir les yeux sur beaucoup de choses. Elle réalise qu’après tout, Tristesse pourrait bien avoir son rôle à jouer dans la vie de Riley. Joie - comme Riley - est capable d’apprendre, de grandir et de reconsidérer sa propre définition du bonheur. Tout n'est plus aussi binaire et un souvenir triste ou effrayant peut également devenir source de joie et de rire ! Ce discernement qui apparait avec l'âge est parfaitement mis en image. La clé du bonheur - que ce soit dans ce film ou dans la vie en général - se trouve surtout dans la façon de voir les choses.

Les souvenirs les plus marquants et les plus importants que nous vivons et traversons, et donc nous allons nous souvenir jusqu’à notre mort, sont stockés dans la mémoire centrale. Cette mémoire alimente les îles de la personnalité qui définissent notre caractère et font de nous ce que nous sommes. Ce n’est donc pas anodin si Joie fait en sorte de protéger tout au long de son périple les souvenirs clés de Riley.

Visuellement, le film ne crée pas de gap technologique avec ses prédécesseurs. Point de démonstration de force de la part du studio, mais plutôt une habile utilisation de toutes les technologies à sa disposition pour un résultat qui nous en met plein les mirettes. Même si cela n’empêche pas les artistes d’innover, notamment dans l’apparence des personnages...

Les émotions sont faites pour rappeler au public qu’elles sont la personnification de sentiments. Elles sont constituées d’énergie, ou pour être plus précis de milliers de particules qui ressemblent à de l’énergie. Les créateurs de Pixar voulaient capter l’essence même des émotions - leur forme, leur couleur - ainsi que leur personnalité.

Le chef animateur Victor Navone déclare «Le style des émotions est très cartoonesque. Ce sont les personnages les plus caricaturaux, les plus stylisés qu’on ait jamais créés chez Pixar.» Ainsi, Joie rayonne et illumine telle une ampoule, tandis que le halo lumineux dégagé par les autres personnages est beaucoup plus faible. Du côté des formes : Tristesse est fait pour rappeler une goûte (de larme ?) tandis que Peur a l’apparence d’un nerf.

Vice-Versa se déroule dans la (célèbre) ville de San Francisco. En revanche, pour une fois, celle-ci est représentée à l’écran tel qu’elle est vraiment : pas toujours joyeuse, un peu sale et délabrée. Sans en faire un endroit lugubre, l’équipe du film tenait à ce que le spectateur sente le poids du passé et voulaient refléter l’atmosphère un peu angoissante d’une grande ville, par opposition au Minnesota natal de Riley.

La musique est l’œuvre de Michael Giacchino. Le célèbre compositeur (qui compte également à son actif les films Disney•Pixar Cars 2, Ratatouille et Les Indestructibles) signe une partition à l’image du film : pleine d’émotions. De nombreux thèmes donnent l’impression de venir de l’intérieur et d’émaner directement des personnages. Des instruments atypiques comme un orgue ou bien des objets ont été utilisés lors de l’enregistrement, donnant une tonalité originale loin d’une musique de film traditionnelle. Douce et apaisante, cette bande originale sert parfaitement le film.

Un petit mot pour finir sur la version française dans laquelle Charlotte Le Bon prête sa voix à Joie, Marilou Berry à Tristesse, Mélanie Laurent à Dégoût, Gilles Lellouche à Colère et Pierre Niney à Peur ! Celle-ci est une vraie réussite, tant au niveau de l'écriture que du choix des comédiens et de leur interprétation. Elle n'a rien à envier à la version originale (ayant vu les deux versions, je parle en connaissance) et je ne peux que vous la conseiller !


Vice-Versa - Extrait : La mémoire à long terme

En conclusion

Rarement rédiger une critique ne m'aura autant torturé l'esprit. N'en déplaise à Anton Ego, la tâche du critique n'est pas toujours aisée. Sous ses airs enfantins, Vice-Versa est en effet l'un des films les plus matures des studios Pixar, et probablement le plus intelligent. J'avais pensé à un «C'est très bien!» ou «Joie!» (avec l'image ad-hoc) et je me suis dit que j'allais quand même essayer de rendre un avis plus détaillé, forcément personnel, forcément avec le coeur, merci Pixar pour les pensées heureuses qui m'habitent et les larmes (de joie) qui ont coulé sur le clavier pendant la rédaction !

«Quand les émotions s’en mêlent et s’emmêlent, grandir n'est pas de tout repos.» Il faut apprendre à maîtriser ses émotions et jongler habilement avec. Grandir, c’est ainsi prendre conscience que le monde n’est pas tout noir ou tout rose mais que la palette des sentiments qui s’offre à nous est beaucoup plus large que ça. Voyage initiatique, aventure épique et rite de passage... Vice-Versa est un peu tout ça à la fois ! C'est également l'histoire de Riley, mais c'est avant tout celle de ses émotions.

Une fois n'est pas coutume, Pixar nous offre une double-lecture du film, qui plaira à tous. Les petits apprécieront le côté mignon et coloré, l'humour, l'ambiance bon enfant pleine de bons sentiments (sans mauvais jeu de mots), à la manière de Monstres & Cie. En revanche, le message qui se cache derrière tout ça est très adulte, il trouvera sans nul doute écho auprès des parents et des grands enfants. Pour les plus jeunes, cela peut aussi être un moyen de se "préparer" à grandir mais il est des situations dans le film qui demandent du recul pour être comprises... et que les jeunes spectateurs apprécieront avec le temps !

[avis personnel] Le film peut être vu à partir de 4/5 ans, même si les spectateurs commenceront à en profiter réellement à partir de 8/9 ans !!

Fourmillant de pensées et d'idées merveilleuses, avec des trouvailles à chaque plan, truffé de clins d'oeils et de références, Vice-Versa est un festival d'émotions entre joie et frissons. Les studios Pixar nous livrent un magnifique film empreint de poésie et de tendresse, probablement l'un des meilleurs Pixar à ce jour, à voir absolument !!

«Walt Disney n'a jamais fait ses films uniquement pour les enfants, ils sont pour les adultes aussi. Tout comme Vice-Versa.» John Lasseter

[l'info bonus] Lors du voyage qu’entreprennent Riley et ses parents jusqu’à San Francisco, ils croisent des oiseaux perchés sur un fil électrique - ce sont ceux créés pour le court métrage Drôles d’oiseaux sur une ligne à haute tension réalisé en 2000 par le chef décorateur de Vice-Versa, Ralph Eggleston.

1 commentaire

  1. #1 F74

    VIVE LES MAMANS