Annecy 2015 - Jour 6

Annecy, samedi 20 juin ! Ou quand il faut en finir...

Sixième et dernier jour, et oui toutes les bonnes choses ont une fin. Le Festival international du film d’animation d'Annecy 2015 se termine aujourd’hui, ce qui fait une bonne raison (de plus) de profiter jusqu’au bout de toutes les festivités qui m’attendent ! Malgré la fatigue évidente qui se lit sur mes cernes, cette dernière journée me réserve encore quelques séances...

Dragon Nest: Warrior's Dawn (long-métrage hors compétition)

Altera, terre paisible, est peuplée d'humains et d'elfes. Soudain, des hordes de bêtes sortent des montagnes sombres et attaquent les villages, ce qui annonce le retour du Dragon noir et la destruction d'Altera. Les elfes et les humains sont séparés par la méfiance depuis des décennies au sein d'Altera, mais ils forment une alliance improbable.

Elfes, humains, trolls, dragons... pas de doutes, on est bien devant un film d’héroïc-fantasy ! Ultra convenu, le scénario se suit néanmoins avec plaisir et offre un bon moment... surtout pour les fans du genre il faut le reconnaitre. Une bonne ambiance régnait dans la salle du Pathé en ce samedi matin, ce qui a probablement aidé !

Côté technique en revanche, le film est très loin des standards de 2015 ! L’animation est très moyenne, voire carrément ratée par moments, et nous donne très (trop) souvent l’impression d’être devant des cinématiques de PlayStation3... On est en droit d’attendre mieux pour un long-métrage au cinéma !

Aucune exploitation en salle n’est prévue en France (ce n’est pas plus mal), mais Dragon Nest: Warrior's Dawn sortira en vidéo à l’automne chez Universal.

Pour finir en beauté ce Festival d’Annecy 2016, l’après-midi sera consacré à deux séances évènements...

Ghost in the Shell: The Movie (séance évènement)

Nouvelle adaptation cinématographique du célèbre manga

Ghost in the Shell est une œuvre ayant exercé une influence puissante aussi bien au Japon qu'à l'étranger. Shirow Masamune est à l'origine de ce manga, qui est devenu dès sa publication un monument du genre science-fiction cyberpunk. L'univers et l'histoire ont notamment été repris en roman, en série télévisée, en plus d'être adaptés au cinéma et sous forme de jeu vidéo.

Publié pour la première fois en 1989, le célèbre manga est depuis devenu une franchise, dont le dernier film en date est projeté à Annecy en (quasi) première mondiale, quelques heures après la vraie première au Japon ! Une fois de plus, le Festival crée l’évènement... un évènement d’ailleurs très attendu !

Kazuchika Kise, réalisateur et concepteur graphique des personnages, propose avec ce nouveau long métrage une nouvelle mouture originale de l'histoire. Il le coréalise avec Kazuya Nomura. Le film propose de faire la lumière sur le concept du Ghost et la naissance de l'agent Motoko Kusanagi, l'héroïne de la saga...

Mars 2029 : le premier ministre est assassiné et parmi les victimes collatérales se trouve également l’ancien supérieur hiérarchique de Motoko Kusanagi. Après avoir rassemblé autour d’elle Bato,Togusa et d’autres membres, Kusanagi se lance dans une investigation.

N’étant pas un adepte de la saga, je n’attendais pas grand-chose de cette séance... et j’ai été très agréablement surpris. Ghost in the Shell: The Movie est un très bon thriller d’anticipation qui m’a donné envie d’en (sa)voir un peu plus sur cet univers. La réalisation est maitrisée, l’animation est soignée et chaleureuse... bref, une réussite ! Le seul bémol est la difficulté pour un néophyte de la saga de rentrer pleinement dans le film : dépourvu de réelle introduction, le film nécessite en revanche de connaitre un minimum l’univers, notamment ce que sont un Ghost et un Shell, pour en profiter pleinement... un peu dommage.

Point de sortie cinéma pour le film en France, mais des projections ont eu lieu durant l’été dans divers festivals, et celui-ci est désormais disponible en vidéo !

Le temps de profiter une dernière fois de l’ambiance du Festival autour de Bonlieu, et retour au Pathé pour...


Exposition au sein du centre commercial Courier

La montagne magique (séance évènement)

Réalisatrice reconnue pour ses films engagés, Anca Damian avait présenté au Festival d’Annecy 2012 son documentaire animé Le Voyage de Monsieur Crulic et avait reçu le Cristal du long métrage.

Cette année, elle revient avec son nouveau film La Montagne magique, coproduit par la société Aparte Film et Arizona Productions. Ce nouveau film-documentaire animé nous présente Adam Jacek Winkler, le "Don Quichotte du 20e siècle".

Adam Jacek Winkler était un réfugié polonais en France, ayant combattu en Afghanistan aux côtés du commandant Massoud. Vivant parfois en marge de la loi, cet aventurier indépendant et courageux était également artiste et alpiniste.

Là où (Le) voyage de Monsieur Crulic était l'histoire d'un inconnu devenu célèbre malgré lui, qui se retrouvait plongé dans le couloir de la mort sans trop le comprendre et dénonçait de manière cynique et critique ce qui lui arrivait, La montagne magique est beaucoup plus (auto)biographique. Le spectateur suit la vie de A.J. Winkler pendant près d'un demi-siècle, de ses combats pour la liberté et de son engagement pour ses valeurs. Là où Crulic dénonçait une situation absurde, ce nouveau film est beaucoup plus historique, même si certains moments sont volontairement mis en image de façon beaucoup plus légère.

En parallèle de l'histoire de Winkler, le film nous raconte l'histoire de la Pologne au temps de la guerre froide et celle du conflit Afghan des années 80/90. Il nous emmène jusqu'à la mort de Winkler, en 2001. Cette année correspond également à la fin de l'épisode afghan qui s'achève avec l'assassinat de Massoud, quelques jours avant le 11 septembre. Il est ainsi d'autant plus intéressant de faire le parallèle entre les années 80/90 et le conflit avec l'URSS d’une part, et l'époque moderne que l'on connait un peu plus avec les Talibans d’autre part.

Le film utilise une grande part des dessins et photos réalisées par Winkler lui-même, intégrés de façon réussie au reste de l'animation. Tous ces documents d'époque aident à renforcer le caractère authentique et historique du film. Une nouvelle fois, Anca Damian mélange les techniques d’animation et, surtout, les mets au service de son message.

Peut-être moins fort et surtout moins dur que Crulic, La Montagne Magique n'en est pas moins touchant, poignant et instructif. Ce très beau film-documentaire sur Adam Jacek Winkler et le conflit afghan des années 1980 sera distribué dans les salles françaises à la fin de l’année, et je ne peux que vous encourager à aller le voir !!

L’heure décalée de cette ultime séance m’obligera à un petit sprint entre Pathé et Bonlieu, histoire de rejoindre la grande salle (presque) à l’heure pour la...

Cérémonie de clôture

Plus courte et plus dynamique que les années précédentes, cette cérémonie de clôture est l’occasion de découvrir quelques court-métrages sur grand écran, parmi lesquels la dernière réalisation du studio Aardman.


Rays Big Idea – Aardman Animations

C’est également – fort logiquement – le moment où sont remis les prix, à commencer par le Cristal d'honneur pour Florene Miailhe.

Films de fin d'études, productions télévisuelles, films de commande... les catégories s'enchainent ensuite jusqu'à arriver aux long-métrage en compétition.

Quelques minutes avant l'annonce officielle, je m’étais plié au traditionnel jeu des pronostics sur Twitter « Mon trio pour les long-métrages : #AvrilEtLeMondeTruqué, #TheCaseofHanaAndAlice et #Mune. Qu'ont choisi le public et le jury ? #annecy2015 » Puisqu’on ne peut pas gagner à tous les coups, je ferai un score de 1 sur 3... mention passable !

Le Prix du public pour un long-métrage est attribué à Tout en haut du monde. Même si ce n'était pas mon chouchou, c'est un choix logique vu toutes les qualités du film de Rémi Chayé, accessible aux petits comme aux grands !

Le Prix du jury est attribué à Sarusuberi: Miss Hokusai de Keiichi Hara, qui rafle ici une nouvelle récompense annécienne après Colorful.

Le Cristal du long métrage revient quand-à-lui à Avril et le monde truqué de Franck Ekinci et Christian Desmares, une récompense méritée pour ce film réussi (et il était dans mon trio, il faut bien que je le défende !).

Du côté des courts, le Cristal du court-métrage revient à une réalisation russe, Mi ne mozhem zhit bez kosmosa de Konstantin Bronzit.

La cérémonie se termine avec la traditionnelle photo de groupe sur la scène de Bonlieu.

L'heure est venue de quitter la salle, direction la...

Soirée de clôture

Comme les années précédentes, celle-ci se tient dans les jardins de l’Hôtel Impérial, là où quelques heures avant se trouvait le Mifa. Au même moment sur le Pâquier, les Festivaliers peuvent (re)découvrir Moi Moche et Méchant 2 et se préparer ainsi pour Les Minions.

#Annecy2015, le bilan

« 6 jours, 14 films, 7 interviews, 2 work-in-progress, 4 soirées, 1 journée 100% Disney... » Tel est mon bilan chiffré de cette folle épopée au Festival international du film d'animation d'Annecy 2015. Pour la quatrième fois, cela a été un réel plaisir de passer cette semaine sur les bords du lac haut-savoyard.

« I'll be back », rendez-vous en juin 2016 !!