[Critique] Au Royaume des Singes

Disneynature nous a fait découvrir les merveilles de la nature et du monde sauvage à travers des films remarquables comme Grizzly, Félins ou bien encore Les ailes pourpres. Avec Au Royaume des Singes, les réalisateurs de Chimpanzés nous entraînent dans la jungle profonde d’Asie du Sud, au cœur de la forêt humide primaire du Sri Lanka, où vivent les macaques à toque dont la hiérarchie sociale est des plus strictes...

L'histoire

Au coeur d’anciennes ruines antiques perdues en pleine jungle d’Asie, vit Maya, une jeune macaque à toque pleine de ressources bien décidée à aider son petit à se faire une place dans ce monde. La vie peut s’avérer belle, la nourriture abondante et la sécurité assurée si tant est que l’on soit né au plus haut de l’échelle sociale. Mais pour ce nouveau-né et sa mère, la lutte est quotidienne. Il leur faudra beaucoup d’ingéniosité, de travail et un peu de chance pour espérer changer leur place dans le monde. Découvrez un royaume où rien n’est jamais acquis !

Six bonnes raisons de voir le film

Un film (de) passionné(s)

Au début de sa carrière, le réalisateur Mark Linfield s’est rendu au Sri Lanka où il a découvert les macaques à toque. Il est immédiatement tombé sous leur charme. Le cinéaste, à qui l’on doit également Chimpanzés, explique «c’est là qu’est née ma fascination pour les primates. Ils sont tellement expressifs et intéressants !»

C’est au cours de cette première excursion que M. Linfield a rencontré le Dr Wolfgang Dittus, directeur de l’Association for the Conservation of Primate Diversity. Le Dr Dittus étudie les macaques du Sri Lanka depuis près de 50 ans. Il a expliqué le comportement des macaques à M. Linfield, qui s’est passionné pour ces animaux au point de revenir 19 ans plus tard pour réaliser Au Royaume des Singes.


Wolfgang Dittus

Les recherches du Dr Dittus se sont révélées très précieuses à bien des égards. Sa connaissance des individus choisis pour le film a permis à l’équipe de comprendre la structure sociale du groupe, mais également la vie quotidienne de ces singes et leurs traits de caractère. Ils ont pu sélectionner les héros du film avec discernement et aborder le tournage et la production de manière éclairée, s’assurant ainsi de la plus grande authenticité.


Mark Linfield, réalisateur et producteur, & Luke Hazell, assistant caméra

La belle histoire de Maya

Les macaques à toque, qui doivent leur nom à la touffe de poils qu’ils ont sur la tête, sont, avec 3 à 8 kg sur la balance, les plus petits représentants de la famille des macaques. C’est le petit «carré» blond de Maya, une femelle de 8 ans, qui a séduit l’équipe du film.

Bagarreuse par nécessité, Maya s’en sort relativement bien au sein du clan en dépit des singes de rangs supérieurs qui se servent systématiquement en premier. Mais lorsqu’elle devient mère, son univers est transformé à jamais. Elle est bien décidée à élever son fils afin qu’il puisse un jour régner sur son propre clan. Intelligente et pleine de ressources, Maya apprend vite, ne ménage pas sa peine et n’a pas peur de prendre des risques pour chercher de quoi manger... surtout si cela peut bénéficier à son fils, Kip. Elle s’aventure même dans un étang rempli de prédateurs comme des serpents et des varans pour trouver des graines de nénuphars et n’hésite pas à pénétrer dans un village animé pour chaparder son prochain repas.

«Chacun de nos personnages vit sa propre aventure, mais c’est Maya qui touchera le plus les spectateurs. C’est son histoire qui est la plus significative, car on la voit littéralement grimper les échelons et se faire une place de choix au sein de la société.» explique Alastair Fothergill.


Maya & Kip

La leçon d'humilité (et d'humanité) offerte par la nature

Dans la scène d’ouverture, on découvre le groupe du Rocher Majestueux, un magnifique figuier qui illustre parfaitement la place de chacun au sein du clan. Le mâle dominant se trouve à la cime de l’arbre et ainsi de suite jusqu’aux branches les plus basses... Maya ne se trouve même pas dans l’arbre.

Chez les singes vivant en grands groupes, le quotidien n’est pas un long fleuve tranquille. En effet, chez les macaques à toque comme chez les chimpanzés, si les femelles héritent du rang de leur mère, les mâles doivent batailler pour grimper dans l’échelle sociale. Alliances avec plus fort que soi, renversements de pouvoir, tromperies, les primatologues ont même assisté chez les chimpanzés à des véritables coups d’État et assassinats politiques. Leur quotidien est un vrai feuilleton à rebondissements, et les spécialistes parlent de véritables stratégies politiques, similaires à celles pratiquées par les humains.

Un tournage hors norme dans un cadre millénaire

Au Royaume des Singes a été tourné en trois ans sur l’île du Sri Lanka, en Asie du Sud. Situé au sud-est de l’Inde, le Sri Lanka fait le dixième de la superficie de la France et abrite plusieurs sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Avec des températures moyennes de 26°C tout au long de l’année et une humidité entre 60 et 90%, les conditions de tournage n’ont pas été des plus agréables pour l’équipe. Un tournage comme celui-ci demande beaucoup de temps et de patience pour réussir à mettre en boîte les images voulues. Il peut ainsi se passer des jours voire des semaines sans que rien d’intéressant n’ait lieu, car l’équipe voulait non seulement saisir des comportements étonnants, mais il fallait aussi que ceux-ci se produisent sous la bonne lumière et dans une zone accessible aux caméras – et pas derrière un épais feuillage. L’équipe a passé près de 3 ans auprès des macaques, un record pour un film Disneynature.

Tout bon cinéaste sait qu’il doit trouver le lieu spécial qui rendra son film captivant. L’équipe n’a eu qu’à se laisser guider par le groupe de Maya pour le trouver... et le résultat est à couper le souffle. Le groupe vit en effet sur une majestueuse formation rocheuse baptisée le Rocher Majestueux. «C’est le lieu idéal pour un film sur les singes, un rêve de cinéaste.» «D’immenses racines d’arbres enlacent la roche, un peu comme la cire d’une bougie qui aurait coulé le long des parois. C’est vraiment pittoresque.»

Le dépaysement propre à tous les films Disneynature

L’équipe tenait absolument à filmer l’envol annuel des termites. «C’est l’une de mes scènes préférées dans le film. Tous les ans, pendant 24 heures, les termites se dispersent pour former de nouvelles colonies» raconte M. Linfield. Peu après le début de la mousson, généralement après quelques jours de pluies torrentielles, les termitières s’animent tandis que des milliers d’insectes prennent leur envol. «C’est vraiment quelque chose de magnifique. Voir des termites s’élever dans le soleil couchant devant des ruines millénaires tandis que des singes bondissent pour les attraper au vol est un spectacle à couper le souffle.» Le réalisateur tenait à intégrer cet événement au film, car c’est l’un des rares exemples où Maya n’est pas tenue à l’écart du festin. Les femelles de la Sororité ne pouvant manger tous les termites tant il y en a, c’est sans doute la seule nourriture issue de la forêt que Maya peut manger sans risque de représailles.


Au Royaume des Singes - Extrait "Un repas de fête"

Lorsque le clan est chassé de son territoire par un groupe de singes voisin, il trouve refuge dans un environnement déconcertant et peuplé d’étranges créatures... un village avoisinant. Particulièrement drôles et cocasses, ces scènes dans la civilisation humaine soulignent vraiment l’ingéniosité, l’intelligence et la débrouillardise des singes. Même dans un environnement inconnu, ils savent quoi faire. A ce petit jeu, ce sont les individus de rang inférieur comme Maya qui s'en sortent le mieux, grâce à leur instinct de survie. Dans ce nouvel habitat, les arbres sont des lampadaires et les lianes des fils téléphoniques. Pression démographique, construction de routes, de villages, de villes repoussent sans cesse les limites des forêts et les singes, macaques et langurs n’ont parfois d’autre choix que de venir se nourrir en ville... une cohabitation qu'il n'est pas toujours facile à gérer.

Le message écologique présent (mais pas trop)

C’est à la chanteuse et comédienne éclectique Claire Keim, connue pour ses engagements dans de nombreuses causes humanitaires et environnementales qu’a été confié le soin de raconter l’histoire du film.


Claire Keim

Si a aucun moment le dialogue ne se veut moralisateur, un des objectifs du label Disneynature est de nous montrer les richesses de notre planète pour que nous ayons envie de les protéger. Comme l'explique Jean-François Camillerri, président du label Disneynature (et de The Walt Disney Company France), «chaque film est une nouvelle opportunité de poursuivre notre mission de sensibilisation par l’émerveillement et de continuer à soutenir des actions concrètes de protection de la nature».

A l’occasion de la sortie au cinéma en France de Au Royaume des Singes, Disney s'associe ainsi à la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (dont C. Keim est une marraine) et leur programme Rajako mis en place pour la sauvegarde de primates et la conservation de leur milieu d’origine.

En conclusion

Que dire à part : rendez-vous au cinéma pour découvrir Au Royaume des Singes !!