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[Critique] Dofus - Livre 1 : Julith

Mais au fait... c’est quoi un Dofus ? Les Dofus sont des œufs de Dragons contenant l’âme immortelle de ces derniers. Mais ce sont aussi et surtout des artéfacts donnant à leurs possesseurs des pouvoirs extraordinaires !

Le film

Dans la majestueuse cité de Bonta, Joris coule des jours heureux aux côtés de son père adoptif, un vieil homme-chat du nom de Kerubim Crépin. Mais un jour, alors qu'il tente d'approcher son idole de toujours, la mégastar de Boufbowl Khan Karkass, tout bascule ! Julith, la sorcière, est de retour et veut prendre sa revanche. Avec l'aide de ses amis, Joris arrivera-t-il à sauver toute la ville ?

Premier long-métrage d'animation du studio Ankama, Dofus - Livre 1 : Julith est à découvrir dés maintenant dans les salles !

Notre avis

Bien avant d'être un film, Dofus est un jeu vidéo créé par Ankama et plus précisément un MMO, autrement dit un jeu en ligne massivement multijoueur. Il a vu le jour il y a plus de 11 ans et rassemble aujourd’hui une communauté de 1,5 million de joueurs. Au fil des années, l'aventure s'est poursuivie et l’univers dans lequel se déroule le jeu - le Krosmoz - s’est étoffé. Derrière ce terme barbare se cache un homme, Anthony Roux alias Tot, Directeur créatif et Président d’Ankama. C'est lui qui a imaginé cet univers épique, coloré et à l'humour décalé, théâtre d'aventures extraordinaires...

Depuis le jeu vidéo en ligne jusqu’au film, en passant par les bandes dessinées et la série, Dofus est un véritable univers transmédia qui distille sur différents supports une esthétique, une palette graphique à l’identité bien marquée. Dofus - Livre 1 : Julith s'inscrit tout naturellement dans cet héritage et baigne dans l'ambiance «épico-burlesque» qui a fait le succès du jeu communautaire. Le film peut également compter sur les artistes de la première heure d'Ankama, en tête desquels le directeur artistique Xavier Houssin, pour apporter tout leur savoir-faire et leur respect à l'univers.

Le Krosmoz est comme notre propre univers : un tout en perpétuelle expansion. Une planète en particulier est le théâtre d’aventures extraordinaires, elle est aujourd’hui connue sous le nom de Monde des Douze. C’est en suivant cette histoire que l’on peut établir une chronologie dans laquelle s’intègrent de nombreux projets d’Ankama. Ainsi, l’histoire du film se déroule à une époque appelée l’Âge des Dofus en l’an 400. Notre héros, Joris, a alors 10 ans. Il vit des jours heureux avec son Papycha, Kerubim Crépin. Mais Joris est un personnage un peu particulier, il est quasiment immortel, ce qui explique sa longévité impressionnante et sa présence à différentes époques...

Fait suffisamment rare pour mériter un paragraphe dans cet article, Dofus - Livre 1 : Julith et un film 100% français (made in Roubaix pour être précis) ! Dès les origines, un désir ardent de créer des programmes animés se faisait sentir dans les rangs d’Ankama. C’est donc tout naturellement qu’a été lancé en 2007 un studio d’animation propre à l’entreprise. Première pierre à l’édifice, la série Wakfu lancée sur France Télévisions en 2008.

Les créatifs d’Ankama ont dit non à la délocalisation et n’ont pas hésité à investir dans un studio d’une centaine de personnes pour mener à bien leurs projets. Habituellement les producteurs français préfèrent gérer la pré-production et la post-production en métropole, tandis que l’animation est réalisée dans d’autres pays. En rassemblant tous les corps de métiers dans un même lieu, la communication entre les équipes et la gestion de travail ont été facilitées. Le studio a ainsi eu une maîtrise totale de la chaîne de fabrication.

Très attaché à ses racines nordistes, le studio Ankama a choisi de s’associer à un acteur local de renom : l’Orchestre National de Lille. Les musiques du film, composées par Guillaume Houzé, ont ainsi été enregistrées par 70 musiciens professionnels membres de l’orchestre dans l’auditorium du Nouveau Siècle à Lille.

Ruines Bontariennes aux allures médiévales, stades de Boufbowl, forêts luxuriantes et îles perdues, le monde de Dofus est un terrain de jeu gigantesque pour les joueurs et les spectateurs qui s’y perdent. À mi-chemin entre les représentations occidentales et orientales, entre dessin animé traditionnel et manga, l’univers visuel de Dofus - Livre 1 : Julith est riche d’inspirations tirées des quatre coins de la planète. Mêlant différentes techniques - animation 3D, flash, dessin à la main... - le film est une vraie réussite visuelle. Des décors aux combats en passant par l'animation des personnages, les artistes nous offrent une réalisation haute en couleurs.

Visuellement, l’univers de Dofus - Livre 1 : Julith suggère l’harmonie entre nature et constructions, entre créatures fantastiques et aventuriers sauvages. Les thèmes propres à la saga que sont la famille, l’émancipation et la quête d’identité sont au coeur de l'intrigue. L'ensemble est ainsi parfaitement fidèle au Krosmoz mis en place par Ankama depuis plus de 10 ans...

Entre humour (très) potache et quête épique, alternant les moments où le film est sérieux et ceux où il ne l'est paaaaaas du tout (un pet par ici, un cul qui bouge par là), le film s'avère très sympathique. Pour peu de ne pas être réfractaire au genre, le film est parfaitement accessible aux néophytes et pourrait même susciter des vocations et des envies d'en savoir plus. Les afficionados de l'univers y trouveront également leur compte et découvriront de nombreuses références. Drôles et attachants, les personnages se révèlent également réellement intéressants, beaucoup plus profonds que les simples clichés véhiculés au premier goût d'oeil, et sauront vous surprendre... qu'il s'agisse de l'adorable Joris, de l’intriguante Julith ou du très stéréotypé Khan Karkass.

Malgré un rythme inégal (qui fait parfois penser à une succession d'épisodes mis à la suite), le scénario est prenant (pour ma part je n'ai pas vu le temps passer) et donne envie de découvrir la suite et les autres Dofus ! Mon seul (vrai) reproche concerne les émotions, ou plutôt l'absence d'émotions : les scènes potentiellement intenses sont en effet sacrifiées sur l'hôtel de l'humour et de la dérision, empêchant par là-même une réelle empathie... dommage. Il parait que c'est une des marques de fabriques de l'univers, au moins on ne pourra pas reprocher le manque de fidélité !

En conclusion

In fine... Un premier long-métrage n'est jamais chose aidée pour un studio, mais Ankama relève le défi haut la main et nous offre un film plaisant et réussi... 100% français qui plus est (cocorico !). Adolescents et jeunes adultes, amateurs du style épico-burlesque, experts du Kzosmoz ou non, rendez-vous au cinéma pour découvrir Dofus - Livre 1 : Julith !

1 commentaire

  1. #1 fouaise

    toujours aussi documenté et agréable à lire Merci