[Critique] Comme des bêtes

Le film

Dans un appartement à Manhattan, la vie de Max le terrier est chamboulée quand sa propriétaire ramène de la fourrière Duke, un bâtard tout baveux. Une rivalité s’installe. Ils devront mettre de côté leurs différends pour faire face à un lapin apparemment mignon, Snowball, et à son armée d’animaux abandonnés, bien décidés à se venger de tous les animaux domestiques heureux et de leurs propriétaires.

Comme des bêtes arrive dans nos salles le 27 juillet prochain ! Il sera précédé du tout nouveau court-métrage Minions en herbe.

Mon avis

Après Les Minions l'an passé, la cinquième collaboration entre Universal Pictures et Illumination Entertainment s'intitule Comme des bêtes. Cette nouvelle comédie s'intéresse à la vie secrète que mènent nos animaux domestiques lorsque nous les laissons seuls à la maison pour partir au travail ou à l’école. La réalisation est signée Yarrow Cheney, dont c'est le premier long-métrage, et Chris Renaud, la moitié du duo de créateurs de la franchise Moi, moche et méchant. Le scénario est signé Brian Lynch, Cinco Paul et Ken Daurio.

A l'instar des teasers diffusés ces derniers mois, le film s'ouvre sur la « vie secrète » de nos compagnons et introduit une ribambelle de personnages tous plus adorables et fous les uns que les autres... Chloé la gourmande, une chatte, dévalise le frigo de ses propriétaires. Buddy, le tequel, chasse les écureuils. Sweet Pea, le canari, se prend pour un pilote de haut vol. Gidget, un chien esquimau américain, n'a d'yeux que pour Max, un terrier.

Max, lui, coule des jours paisibles et heureux avec sa maitresse Katie. Il ne comprend pas très bien pourquoi celle-ci l'abandonne tous les matins, mais il met un point d'orgue à être présent à son retour, à l'attendre (im)patiemment et à tout faire pour la rendre heureuse. Cet ordre établi va être bouleversée le jour où Katie ramène Duke, un bâtard baveux... un nouveau venu (légèrement) encombrant que Max voit immédiatement comme un rival, à la personnalité et au passé beaucoup plus sombres qu'il n'y parait...

La cohabitation va très mal commencer, et suite à un jeu qui va mal tourner les deux chiens disparaissent. Comme des bêtes se transforme alors en film d'aventure où les amis de Max emmenés par Gidget vont tout faire pour les retrouver. Durant leur périple, Max, Duke et tous leurs comparses vont être confrontés à la jungle New Yorkaise et vont devoir unir leurs forces pour rentrer chez eux. Ils vont aussi (forcément) croiser d'autres animaux, plus ou moins amicaux...

Ex-lapin de magicien, Pompon (aka. Snowball en version originale) a subi la déchéance en même temps que son maître perdait son travail, il s'est retrouvé ensuite abandonné et s'est juré de ne plus jamais se laisser apprivoiser. Il est le leader du clan des « méchants », ou plutôt des exclus - puisqu'il n'y a au final pas vraiment de méchants -.

A la différence de Max et ses amis qui ne jurent que par leur petit confort et vouent une affection sans limite à leurs maitres, Pompon et sa bande voient les hommes comme le mal et la captivité comme une trahison. Pour eux, tous les animaux avec un propriétaire sont des traitres et ils se verraient bien tuer tous les humains, avec des méthodes plus ou moins orthodoxes...

Pour la plupart, ces animaux ont été abandonnés, ce n'est pas une surprise si on y retrouve des espèces plus exotiques, comme un cochon, des reptiles, de nombreux serpents, un caméléon et même... un crocodile. Ajoutons à ce bestiaire une bande de chats de gouttière, avides de richesse et de liberté, et on obtient une série de personnages autant clichés qu'attachants.

Malgré leurs différents, tous les animaux partagent en revanche un point commun : une peur bleue de la fourrière et de se retrouver emportés, ainsi qu'une volonté sans faille dès qu'il s'agit de retrouver un compagnon égaré... C'est d'ailleurs devant ses causes communes que les deux clans vont finir par se rapprocher et que tout ce petit monde va faire la paix (« original » on a dit).

Comme souvent chez Illumination, le scénario est le point faible du film. Si l'idée de base - que font nos compagnons pendant notre absence ? - est très bonne, il est fort dommage que celle-ci ne soit pas exploitée jusqu'au bout, alors qu'elle aurait largement mérité un film à elle toute-seule. Lorsque Max et Duke disparaissent, le film se transforme en un film d'aventure (très) classique. Heureusement, il reste la bonne humeur et l'humour qui se dégagent...

Comme des bêtes est délicieusement drôle, enchainant les gags, les références culturelles et les bonnes trouvailles, avec toujours le même objectif... nous faire rire ! Que ce soit grâce au côté absurde ou décalé des situations que les protagonistes sont en train de vivre, ou tout simplement en raison de leurs traits de caractères, le film offre des moments savoureux. Les moments où il s'intéresse à la « vie secrète des animaux » sont probablement ceux qui offrent le plus d'inventivité, tel Leonard - le chien précieux qui écoute du métal en l'absence de son maître -, ou bien encore Papi - dont l'appartement est devenu le dernier coin branché dès qu'il s'agit d'organiser une soirée.

Côté technique, le studio maîtrise son sujet et nous le prouve à nouveau, nous offrant une réussite visuelle et artistique. Les personnages sont beaux et parfaitement animés. La ville de New York est sublime avec un environnement riche et coloré dans lequel on aurait envie de plonger. Du grand art, et un grand bravo pour tous les artistes qui ont travaillé dessus !

Simple et efficace, la musique est signée Alexandre Desplat, que l'on a connu plus inspiré. Du côté du casting vocal, la version originale signe les premiers pas dans l'animation des stars de la comédie Louis C.K., Eric Stonestreet et Kevin Hart. Dans la version française, nous retrouverons Philippe Lacheau, François Damiens, Florence Foresti, Willy Rovelli ou encore Dorothée Pousséo.

A l'instar des (Les) Minions l'an passé, Comme des bêtes a été projeté en avant-première mondiale au Festival international du film d'animation d'Annecy. Point d'animaux sur le Pâquier mais une très bonne ambiance dans la grande salle de Bonlieu et toute l'équipe du film sur scène pour présenter ce nouveau long-métrage aux Festivaliers. Le public a réagit chaleureusement au film et celui-ci s'annonce déjà comme un succès de l'été !

En conclusion

Délicieusement drôle, rempli de personnages attachants, Comme des bêtes offre un très sympathique moment. Les protagonistes - chiens, chats, lapin, piou-piou et autres crocodiles - dégagent un capital sympathie indéniable et on aurait envie de tous leur faire des câlins. Le film est beau, l'animation est maitrisée et les décors de New York donnent envie de sauter dans le premier avion pour y plonger. De l'amitié (beaucoup), de l'amour (un peu) et un soupçon d'émotions, le cocktail n'est pas nouveau mais il est efficace.

Le scénario manque un poil d'originalité et l'idée de départ - que font les animaux pendant notre absence ? - aurait mérité d'être encore plus exploitée... mais qu'importe, le film fourmille de bonnes idées et ne souffre d'aucun temps mort. Frais et léger, Comme des bêtes est parfait pour l'été... une comédie d'aventure, à voir en famille ou entre amis !