[Critique] L’Âge de Glace : Les Lois de l'univers

Le film

L'éternelle quête de Scrat pour attraper son insaisissable gland le catapulte dans l'espace où il déclenche accidentellement une série d'événements cosmiques qui vont transformer et menacer le monde de l'Âge de Glace. Pour survivre, Sid, Manny, Diego et le reste de la bande vont devoir quitter leur foyer et se lancer dans une nouvelle aventure pleine d'humour au cours de laquelle ils vont traverser d'incroyables paysages exotiques et rencontrer des personnages tous plus étonnants les uns que les autres.

L’Âge de Glace : Les Lois de l'univers est à découvrir dés maintenant dans nos salles !

Notre avis

Bientôt 15 ans que Sid, Manny, Diego ou encore Scrat nous entrainent dans leurs aventures préhistoriques. 2016 marque la sortie du cinquième opus de la saga L'Âge de Glace. Même si les précédents opus ont été de véritables succès au box-office, la peur que ce soit « le film de trop » est toujours présente. Les défis pour le réalisateur Mike Thurmeier, la productrice Lori Forte (présente depuis le début) et toute l’équipe du film étaient donc nombreux. Il s’agissait pour eux de se surpasser une nouvelle fois et nous offrir encore plus d’aventures, d’émotion et d’humour tout en gardant une certaine originalité pour que la série ne s'essouffle pas. Mais alors, qu’en est-il et que vaut L’Âge de Glace : Les Lois de l'univers ?

Depuis le 1er film, la saga a vu ses personnages grandir et évoluer, au gré des rencontres – amoureuses, mais pas que – et des nouvelles têtes. Telle une grande famille, le groupe est en perpétuelle évolution. Dans ce nouvel opus, tous vont devoir une nouvelle fois quitter leur foyer et se lancer dans une nouvelle aventure qui promet d’être riche en péripéties.

Ce nouveau chapitre de la « frilogie » nous transporte également loin, très loin de la Terre. L’idée d’un voyage dans le cosmos remonte à la soucoupe volante aperçue dans le premier film. A l’époque, la technique n’était pas encore au point pour un film dans l’espace, mais ça... c’était avant ! Et si la naissance de notre système solaire tel qu'on le connaît aujourd'hui n'était pas seulement le fruit du Big Bang mais également celui d'un événement beaucoup plus inattendu ?


Extrait du premier film de la saga L’Âge de Glace

Le film fait la part belle à Scrat. Les aventures de l'écureuil obsédé par son gland fétiche ne sont plus des successions de scènes détachées de l’intrigue principale mais son élément déclencheur, faisant ainsi de lui le vrai héros de L’Âge de Glace : Les Lois de l'univers. Toujours aussi maladroit, malchanceux et motivé, Scrat nous fera rire plus que jamais et les conséquences de ses facéties sont tout simplement « Scrat-tastrophiques ».

La nouvelle trajectoire imaginée par les cinéastes pour Scrat présente également de nouveaux obstacles à surmonter, qu’il s’agisse de la force gravitationnelle, de la technologie extra-terrestre ou des infinis mystères de l’univers et introduit une touche de science-fiction dans une saga qui n’est de toute façon plus vraiment à un anachronisme prêt !

Pendant qu'un astéroïde fonce droit sur la Terre, Manny et Ellie doivent affronter un choc parallèle : leur fille Peaches est sur le point de se marier, ce qui – aux yeux de Manny – est au moins aussi dramatique que la fin du monde. Fiancée à Julian, un nouveau personnage charmant et aventurier, drôle et excentrique – tout l’inverse de Manny en somme, elle projette de quitter le foyer juste après le mariage pour vivre avec son amoureux, au plus grand désespoir de ses parents, surtout de son père. Arrivée d’un gendre au sein de la famille, départ de l’enfant chéri (et a fortiori quand celui-ci est unique)... voici une situation dans laquelle beaucoup de familles risquent de se reconnaitre, d’autant plus que celle-ci est abordée avec un ton juste et moderne.

Alors que Manny et sa famille occupent le premier plan de ce nouvel opus, Sid le paresseux – lui – galère toujours autant à trouver sa promise et cumule les échecs amoureux. Il n’a jamais rencontré l’amour avec un grand A et commence à perdre espoir... Mais dans un univers en perpétuelle évolution et en particulier face aux énormes bouleversements de ce cinquième opus, tout devient possible ! Alors que leurs aventures les conduisent dans un monde fantastique, le paresseux va faire une rencontre inespérée que personne, et encore moins le principal intéressé, n’aurait pu prévoir...

Après un 4e opus où Diego avait rencontré l’amour avec Kira, le tigre à dent de sabres est ici un peu en retrait. Si on les voit à plusieurs reprises s’interroger sur leur capacité à fonder une famille, le couple se fait clairement voler la vedette par Manny, Sid et Scrat dans ce 5e film !

Les changements géologiques subis par la terre rendent de nouveau accessible le monde sous-terrain des dinosaures. L’Âge de Glace : Les Lois de l'univers marque le grand retour de Buck, la belette borgne fanfaronne et déjantée, apparue dans L'Âge de Glace 3 : Le Temps des dinosaures. Dans l’esprit de son retour héroïque, il revient sur une reprise dantesque du célèbre air « Figaro » de Mozart, une scène délicieusement drôle et un poil égocentrique à son image. Il ramène avec lui trois dinosaures volants à plumes un peu stupides, qui vont tenter en vain d'empêcher la bande de sauver le monde.

Grâce à une tablette prophétique, Buck élabore la théorie selon laquelle des indices permettant au groupe de contrer la menace qui les guette se trouveraient sur le site d’un précédent crash d’astéroïde. Nos amis vont y découvrir un lieu mystérieux : Geotopia, un monde de cristal doté de propriétés magiques qui offrent à sa population florissante et excentrique la jeunesse éternelle. Ce petit monde est dirigée par le Shangri Lama, un lama un peu fou, et sera l’occasion pour nos amis de croiser un bestiaire de nouveaux personnages, colorés et attachants.

Loin de n’être qu’une succession de sketchs et de problèmes familiaux, L’Âge de Glace : Les Lois de l'univers offre un vrai scénario, riche en rebondissements et émotions. Même si l’intrigue rappelle fortement celle du 2e opus – nos héros sont forcés de s’enfuir loin de chez eux pour survivre – il n’en demeure pas moins efficace.

Alors qu’une pluie de météorites s’abat sur Terre, qu’un orage magnétique fait rage et qu’un astéroïde géant menace la planète, le film prend des airs de parodie quand Manny, Diego et leurs compatriotes doivent sauver la terre d’une catastrophe imminente, telle une dream-team que n’aurait pas reniée Michael Bay ou Roland Emmerich. Le film offre d’ailleurs un trèèèèèèèès gros clin d’œil (genre immanquable) à Armageddon. L’espace permet également un clin d’œil (presque obligatoire) au classique 2001, l'odyssée de l'espace, tandis que d’autres scènes clés du film prennent elle aussi des allures de « clichés » à l’instar de la rencontre entre Sid et sa promise sur la musique de Gary Wright, « Dream Weaver ».

Techniquement, le film réalise un sans-faute. Visuellement, c'est beau et coloré. L’introduction de nouveaux mondes et de nouveaux univers permet également l’utilisation d’une palette de couleurs beaucoup plus larges, avec notamment des tons chauds et flashys qui apportent renouveau et fraicheur !

L’humour bon enfant mais jamais lourd est toujours au rendez-vous, les références pour les plus grands aussi. Le film est drôle et dans l’air du temps. L’adaptation française (qui peut notamment compter sur Elie Semoun, Gerard Lanvin, Vincent Cassel et Guillaume Pley) est parfaitement réussie.

En conclusion

Que ce soit aux confins du système solaire ou dans une géode utopique quelque part sur Terre, L’Âge de Glace : Les Lois de l'univers nous transporte dans des environnements inédits dans la franchise. Manny doit apprendre à gérer ses problèmes de famille, Sid galère toujours autant avec les femmes et Scrat est toujours une vraie catastrophe ambulante... rien de bien neuf sur la glace, mais ce cinquième opus de L’Âge de Glace nous offre de belles retrouvailles ! Des nouveaux venus hauts en couleur, un monde un peu magique caché dans un astéroïde ou encore une touche de science-fiction et de magie viennent compléter le tableau. Le film est beau, les clins d'œil et autres références sont omniprésents très bien amenés. Même si le scénario manque un poil d'originalité et lorgne beaucoup sur le 2e opus, l'histoire est sympathique.

Bref, L’Âge de Glace : Les Lois de l'univers est un divertissement efficace, riche en émotions et en rebondissements, servi pas des personnages attachants. Au bout de 1h30 de film nos craintes initiales sont envolées : toujours pas d'overdose, même pas de Scrat qui parvient toujours à nous faire rire. Mike Thurmeier et les studios Blue Sky signent ici l’un des (futurs) succès cinématographiques de cet été !