[Critique] Vaiana, la légende du bout du monde

Le film

Il y a trois mille ans, les plus grands navigateurs du monde sillonnaient l’immensité de l’océan Pacifique à la découverte des innombrables îles de l’Océanie. Puis, pendant un millénaire, ils cessèrent de voyager. Et personne ne sait pourquoi...

Vaiana, la légende du bout du monde raconte l’incroyable odyssée d’une jeune fille téméraire qui se lance dans un périlleux voyage pour sauver son peuple. Au cours de sa traversée du vaste océan, Vaiana va rencontrer Maui, un demi-dieu. Ensemble, ils vont accomplir un voyage épique riche d’action, de rencontres et d’épreuves. En achevant la quête inaboutie de ses ancêtres, Vaiana va découvrir la seule chose qu’elle a toujours cherchée : elle-même.

Notre avis

Pendant des siècles, les navigateurs polynésiens ont sillonné l’immense océan Pacifique et découvert les innombrables îles qui composent l’Océanie. Mais il y a environ 3000 ans, ils ont cessé de voyager pendant mille ans, sans que personne ne sache véritablement pourquoi... donnant naissance à de nombreuses légendes.

Lorsque l’idée de réaliser un film d’animation situé sur les magnifiques îles du Pacifique a germé dans l’esprit du duo de réalisateurs Ron Clements & John Musker, ceux-ci se sont remémoré les romans et tableaux sur le Pacifique qui les avaient fait rêver dans leur jeunesse. Mais en se plongeant dans la riche mythologie polynésienne, les cinéastes ont réalisé qu’ils allaient devoir aller encore plus loin et se rendre sur place... Accompagnés par un groupe d’artistes des studios d’animation Disney, ils ont voyagé dans le sud de l’Océanie. Leur mission : découvrir les îles non comme des touristes mais comme des observateurs et des chercheurs, à l’écoute pour apprendre.

Tous ont passé du temps auprès des communautés locales. Ils sont allés à la rencontre d’enseignants, d’artisans, de fermiers, de pêcheurs et de navigateurs. Ils ont consulté des experts en archéologie, en anthropologie, en histoire, culture, musique, danse, sculpture, et bien plus encore... De leurs séjours est né Vaiana, la légende du bout du monde, le 56e grand classique des studios d'animation Disney, un film dont l'histoire s'inspire directement des légendes du Pacifique, dont les décors donnent envie de voyager et dont le casting est peuplé de personnages pittoresques inspirés par leurs rencontres.


Concept-art

Aventureuse et déterminée, Vaiana est une héroïne forte et résolument moderne, mais aussi (et surtout) une adolescente qui se cherche. Alors que son père, le Chef Tui, l’encourage à suivre ses traces et à prendre un jour sa place à la tête de l’île, Vaiana est irrésistiblement attirée par l'océan. Un millénaire en arrière, son peuple était voyageur, mais cela s'est perdu sans que personne ne sache vraiment pourquoi... Seule sa grand-mère Tala fait perdurer la tradition et lui raconte l’histoire de Te Fiti, l’île-mère : « Son cœur détenait le plus grand de tous les pouvoirs, celui de créer la vie. Et Te Fiti l’a partagé avec le monde avant que le demi-dieu Maui ne la dérobe. » Alors que les ténèbres commencent à envahir son île, Vaina se lance dans une périlleuse quête pour sauver son peuple...

Mi-homme, mi-divinité et totalement génial, Maui est un demi-dieu en rémission et en manque de reconnaissance, un peu égocentrique et imbu de lui même, fier et arrogant mais définitivement drôle et attachant. Il manie un hameçon magique qui lui permet de prendre l’apparence de n’importe quel animal et de faire émerger des îles au beau milieu de l’océan. Vaiana et Maui que tout semble opposer vont devoir s'allier pour rendre à Te Fiti son coeur. En chemin, ils vont être confrontés à de gigantesques créatures marines et à des obstacles quasi insurmontables. Ils vont croiser la route des Kakamoras, un peuple de pirates noix des cocos pas très amicaux, ou bien encore celle de Tamatoa, un crabe géant définitivement « bling-bling », avant de devoir affronter Te Ka, démon de la terre et du feu...

Un Disney sans animaux n'en serait pas vraiment un, et celui-ci ne déroge pas à la règle. Le plus chou s'appelle Pua, le cochon « peluche » de Vaiana, candide et adorable, prêt à tout pour sa maîtresse... sauf à la suivre sur l'eau dont il a une peur bleue. La véritable star du film s'appelle Hei-hei, un coq au QI quasi négatif, qui va se retrouver accidentellement embarqué à bord de la pirogue de Vaiana. Ensemble, Vaiana, Maui & Hei-hei forment un trio totalement improbable mais qui va se montrer rudement efficace... sans oublier toutefois l'aide de l'océan.

L'océan est en effet un personnage à part entière du film, sublime et grandiose, que l'équipe du film a voulu représenter comme un être doux, bienveillant, mais crédible, doué d'une réelle personnalité et qui va tout faire pour protéger nos aventuriers, à commencer par Hei-hei dont on se demande tout au long du film comment il parvient à survivre, offrant de réels moments drôles et absurdes pour notre plus grand plaisir.

Pour donner lieu à tous ces personnages touchants et attachants, les studios Disney nous offrent une nouvelle fois un casting vocal 4 étoiles.

Dans la version française, Cerise Calixte prête sa voix à Vaiana. Formée au chant, à la danse et à la comédie musicale, débordante de vitalité et d’enthousiasme, la jeune artiste s’est imposée comme une évidence pour donner vie à la nouvelle héroïne Disney. Véritable showman, Anthony Kavanagh promène sa voix, son humour ravageur et son charme au service de Maui. Séduite par la thématique du film d’animation qui rend hommage à la culture polynésienne, Mareva Galanter - Miss France 1999 - prête sa voix douce et élégante au personnage de Sina, la maman de Vaiana. Jean-Luc Guizonne - que l'on a pu notamment voir dans le rôle de Mufasa dans la comédie musicale Le Roi Lion à Mogador - prête sa voix au Chef Tui. Chanteuse et actrice de talent, Christine Delaroche donne de la voix à ce personnage unique et libre qu’est la Grand-mère Tala. Enfin, Adrien Antoine prête sa voix au crabe géant Tamatoa.

En version originale, le film est emmenée par la jeune Auli'i Cravalho qui donne vie à Vaiana (aka. Moana) et Dwayne "The Rock" Johnson qui campe Maui.


L'équipe du film lors de la projection exlusive au Grand Rex à Paris le 16 novembre

Avec à leur actif des films comme La Petite Sirène, La Princesse et la Grenouille ou encore Aladdin, les réalisateurs ont déjà prouvé leur talent pour raconter des histoires grâce à la musique et aux chansons. Vaiana, la légende du bout du monde ne fait pas exception. A en croire les deux hommes, l’univers dans lequel se déroule l’histoire ne pourrait pas exister sans elles. Au cours de leurs voyages dans les îles du Pacifique, ils ont en effet pu se rendre compte de l’omniprésence de la musique. Ron Clements raconte : « Un matin très tôt, nous avons embarqué à bord d’un ferry pour Savai’i juste au moment où le soleil se levait. C’était d’une beauté à couper le souffle. Le chef samoan qui nous servait de guide a spontanément entonné une magnifique chanson. C’était profondément émouvant. »

La bande originale du film est l'œuvre d'une équipe de choc. Lin-Manuel Miranda, parolier et compositeur couronné de nombreuses récompenses, a notamment écrit - et interprété - la comédie musicale Hamilton jouée à Broadway. Mark Mancina, compositeur lauréat de trois Grammy Awards, a créé les musiques mémorables de films comme Speed, Tarzan ou le film oscarisé Training Day. Opetaia Foa`i, fondateur et chanteur de Te Vaka, a été récompensé par de nombreux prix pour sa contribution à la musique du Pacifique qu'il fait rayonner une nouvelle fois ici de manière extraordinaire.

« Le corps de la musique du film est fait de percussions, de chant choral et de musique orchestrale, mais il y a aussi des influences pop. Nous avons des rythmes fantastiques inspirés par la musique traditionnelle des îles du Pacifique, et des rythmes emblématiques de Te Vaka, le groupe d’Opetaia Foa`i qui joue de la musique océanienne contemporaine sur des instruments traditionnels avec un très grand succès depuis plus de vingt ans. » déclare le compositeur Mark Mancina. Cela donne une musique très agréable à écouter ! Le trio éclectique et dynamique nous offre une vraie réussite, que l'on savoure en boucle, et qui s'avère très variée.

Avec sept chansons originales auxquelles s'ajoutent deux reprises - ainsi que deux versions pour le générique de fin, Vaiana, la légende du bout du monde est très chantant - trop diront peut-être même certains - mais les chansons sont parfaitement intégrées à l'histoire. Si on fait abstraction de quelques phrases qui sonnent un peu "bizarre" pour qui écouterait les deux versions à la suite, l'adaptation française est - une fois n'est pas coutume chez Disney - parfaitement maitrisée.

Toutes les chansons nous offrent des styles très variés, du pop au rap en passant par des chansons beaucoup plus classiques, et s'écoutent avec plaisir - que ce soit pendant le film ou à la maison à travers la bande originale.


♫ Le Bleu Lumière ♫ une chanson 100% pur jus Disney, qui pourrait bien détrôner ♫ Let it go ♫

Les réalisateurs ont une solide expérience dans le domaine de l’animation traditionnelle mais également de l’animation par ordinateur - une technique qu’ils ont utilisée sur plusieurs de leurs projets. « La manière dont nous voulions représenter l’océan et l’île dans ce film ne pouvait passer que par l’animation par ordinateur.» explique Ron Clements. « La lumière, les textures et la profondeur des images de synthèse permettent de créer une expérience incroyablement immersive. » John Musker ajoute : « Les îles, l’horizon, les montagnes et même les personnages possèdent tous une qualité sculpturale que l’animation en images de synthèse retranscrit avec brio. »

J'ai l'impression de (re)dire ça à chaque nouveau film d'animation Disney, mais... Vaiana, la légende du bout du monde est assurément l'un des plus beaux films d'animations réalisés à ce jour. L'animation est un sans-faute, avec une mention spéciale pour les cheveux de Vaiana. Les décors idylliques sont envoutants et donnent envie de plonger immédiatement dans le bleu du Pacifique, telle une carte postale géante pour la Polynésie. Réellement bluffant, le film nous emporte et nous transporte... chapeau !

L'animation traditionnelle n'est pour autant pas totalement absente. Un des tatouages de Maui est en effet très particulier : c’est une représentation du demi-dieu en 2D nommée Mini Maui qui lui sert de conscience et s’assure qu’il agit bien – le pauvre n’a pas toujours la tâche facile... Mini Maui a été animé selon les techniques traditionnelles de dessin à la main par Eric Goldberg, animateur chevronné des studios Disney, et son équipe. Les créateurs du film comparent ce personnage à Jiminy Cricket, la conscience officielle de Pinocchio dans le film de 1940.

Bien qu’elle se déroule dans un passé lointain, l'histoire de Vaiana, la légende du bout du monde n’en est pas moins contemporaine. L'objectif des cinéastes était de « créer une histoire universelle qui rende également hommage à l’incroyable peuple des îles du Pacifique qui nous a tant inspirés tout au long de cette aventure » déclare la productrice Osnat Shurer.

Aucun prince charmant à l'horizon mais de l'aventure et de l'humour, le film est définitivement dans l'air du temps. Entre classicisme et modernisme, Vaiana emprunte des traits de caractères à grand nombre d'héroïnes Disney parmi lesquels l'envie de s'affirmer et d'exister d'Ariel, l'envie de voyager de Raiponce, le côté rebelle de Mulan...

Beaucoup plus classique que Zootopie, Vaiana, la légende du bout du monde nous prouve que la roue n'a pas besoin d'être réinventée à chaque fois pour nous transporter et nous faire rêver. Du charme, de la poésie, de l'aventure, une héroïne forte, des personnages secondaires très réussis, des légendes, de la magie et de l'amitié... les qualités qui ont toujours fait - et continuent à faire - un grand classique Disney sont bien là !

L'équipe du film a glissé de nombreux clins d'oeils et allusions à l'univers Disney : ainsi Maui se transforme en Sven, Maui - encore lui - traite Vaiana de princesse car celle-ci a une robe et un animal de compagnie... Restez également bien jusqu'à la fin du générique pour une scène cachée savoureuse, qui vous fera plonger dans un autre océan...

En conclusion

Entre modernisme et tradition, le 56e long-métrage des studios d'animation Disney nous invite à un voyage au coeur du Pacifique. Beaucoup plus classique que Zootopie, Vaiana, la légende du bout du monde est résolument dans l'air du temps malgré tout mais ne renie par pour autant son passé, s'offrant de nombreuses allusions et clins d'oeils à l'héritage Disney.

Une héroïne forte, un océan, des légendes, de la magie, de l'amitié... les valeurs intemporelles qui ont toujours fait - et continuent à faire - la recette d'un vrai classique Disney sont bien là. Visuellement magnifique, avec une musique et des chansons entêtantes (va-t-on enfin pouvoir laisser aller ♫ Let it Go ♫ ?), le film est une réussite totale. Le duo de réalisateurs adulés John Musker & Ron Clements nous offre un nouveau chef-d’œuvre, un vrai Disney de Noël qui apporte le soleil et qui saura charmer toute la famille.

L'océan vous appelle, prenez le large et suivez votre bonne étoile... direction le cinéma le plus proche pour découvrir Vaiana, la légende du bout du monde, le nouveau joyau des studios d'animation Disney !

1 commentaire

  1. #1 fouaise

    On a envie d'aller le voir !!!