[Critique] Baby Boss

Le film

C’est toujours un choc de voir ses parents rentrer à la maison avec un bébé dans les bras, surtout quand il porte une cravate, qu’il se balade avec un attaché-case et qu’il a la voix d’un quinquagénaire ! Si Tim, 7 ans, ne voit pas d’un très bon œil ce « Baby Boss » débarquer chez lui, il découvre qu’il a en réalité affaire à un espion et que lui seul peut l’aider à accomplir sa mission ultra-secrète...

Baby Boss est à découvrir actuellement dans les salles !

Notre avis

Le titre de cette nouvelle production des studios DreamWorks Animation nous met aussitôt dans le bain : ce film parlera de bébés mais pas n’importe lesquels, ceux qui font la loi à la maison !

Le héros de cette histoire est Baby Boss, un bébé qui quitte l’entreprise d’où il vient pour rejoindre une famille pour effectuer une mission d’une grande importance : redonner de l’importance aux bébés face aux animaux de compagnie qui prennent de plus en plus de place dans le cœur des humains. Ce petit héros haut comme quelques pommes n’a pas de prénom. Il est nommé comme « le bébé » ou « le petit frère » par Tim et ses parents, sa famille adoptive. Son absence d’identité n’empêche pas le spectateur d’avoir de l’affection pour ce personnage très expressif, parfois aussi détestable qu’attachant.

Dans ce film le mythe de la naissance est revisité : les bébés viennent d’une usine et sont ensuite adoptés par une famille. Bien que la maman de Tim soit enceinte lorsqu’elle lui annonce qu’il va être grand-frère, Baby Boss débarque à la maison... en taxi. Tim voit cette arrivée comme une intrusion et c’est le début d’un grand bouleversement dans son quotidien. Baby Boss met en avant un thème rarement abordé au cinéma, celui de la peur d’un enfant d’être abandonné par ses parents au moment de l’arrivée d’un bébé.

Ce mélange de peur et de jalousie se retrouve très souvent chez les aînés et c’est difficile parfois traumatisant pour eux de ne plus être l’enfant unique de ses parents. Le film présente des scènes assez tristes où Tim est de plus en plus délaissé par l’arrivée du bébé et l’attention qu’il demande. Il voit son petit frère comme un rival et souffre de l’incompréhension de ses parents. Dans ce film, les adultes reconnaîtront les douleurs de l’enfance qu’ils auront peut-être vécues plus jeunes ou pourront appréhender celles de leurs (futurs) enfants.

Tim est un petit garçon de sept ans qui déborde d’imagination. Une grande partie du film est vue à travers ses yeux d’enfant, à tel point que le spectateur adulte pourrait penser que l’histoire est entièrement le résultat de son esprit créatif. Ces scènes d’imaginaire sont un gros point fort du film et se démarquent visuellement par l’utilisation de la 2D pour accentuer le côté aventure.

Le réalisateur Tom McGrath (à qui on doit notamment la trilogie Madagascar) explique qu’il s’agit d’une référence à la dynamique des dessins-animés des années 50 en se justifiant par ces mots : « le vrai monde est autour de nous, à quoi ça sert de l’imiter ? » Les dessins-animés sont devenus de plus en plus réalistes grâce aux nouvelles techniques d’animation, Tom McGrath a souhaité retourner aux sources du dessin-animé avec un visuel qui se rapproche du cartoon de l’époque. Le mélange scènes en 2D et scènes en 3D est à la mode et fonctionne très bien, dynamisé par une bande-originale entraînante.

Lorsque Tim découvre que son petit frère sait parler et que son comportement est suspect dès que leurs parents ont le dos tourné, il fait tout son possible pour le prendre au piège et se débarrasser de lui. Cependant cette rivalité va étrangement rapprocher les deux garçons. Au moment où Tim découvre la véritable identité du bébé, il renonce à le dénoncer à ses parents pour lui venir en aide, d’abord dans un but purement égoïsme puis par affection. Baby Boss est un film émouvant qui montre l’importance du sens de la famille et particulièrement de la fratrie ; mais aussi rassurant pour les plus jeunes spectateurs qui verront qu’il est tout à fait possible pour des parents de donner autant d’amour à plusieurs enfants en même temps.

Baby Boss aborde de façon très mâture la thématique du travail en entreprise. Le héros a été créé par la boîte pour laquelle il travaille et n’a jamais connu l’amour. Il ne vit que pour sa réussite professionnelle afin de monter en grade. En entrant dans une famille il va découvrir des valeurs beaucoup plus importantes que celles du travail. Lorsqu’il joue avec Tim il ne réussit pas tout de suite à faire marcher son imagination, conditionné par son esprit trop sérieux d’adulte. C’est lorsqu’il parvient à intégrer aux jeux son vocabulaire de primes et licenciements qu’il vit un moment émouvant de partage avec son grand frère. Le film met en avant de façon astucieuse l’importance de pouvoir retourner en enfance dans des moments de complicité avec les plus jeunes.

Le film se passe dans les années 80 et les natifs de cette période retrouveront avec nostalgie une multitude de jouets phares de l’époque (semblables à ceux présents dans Toy Story) comme le téléphone Fisher Price, les anneaux empilables, les soldats verts, les dinosaures en plastique ou les boxeurs sur le ring !

Après une introduction très efficace qui pose les bases et donne envie de découvrir plus en détails cette famille, le film se poursuit dans un rythme dynamique, sans longueur, avec des rebondissements surprenants à l’arrivée du méchant. L’humour est très présent, parfois graveleux (un esprit d’adulte dans un corps de bébé donne des idées de blagues osées, mais sans tomber dans l’obscénité) mais petits et grands vont s’attacher à différents niveaux aux aventures de Tim et du Baby Boss !

En conclusion

Baby Boss nous surprend agréablement avec ses différentes lectures et saura plaire à toute la famille ! DreamWorks Animation nous offre un très bon divertissement, à découvrir !

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