Annecy 2017 - Jour 1

« Annecy, jour 1, celui qu'on retient ! »

Le réveil est programmé à 9h en ce lundi matin. Un peu de sommeil en plus n'aurait pas été de refus, mais « quand faut y aller, faut y aller ». 4 séances au programme pour Laudine, 5 pour moi Matthieu... le Festival international du film d'animation d'Annecy 2017 est lancé !


Partner's Trailer Annecy 2017, réalisé et produit par le studio Folimage

Comme chaque année, les séances s'ouvrent également avec un court-métrage réalisé par des étudiants des Gobelins. 5 courts sont à découvrir, dévoilés du lundi au vendredi. La Chine étant à l'honneur durant le Festival cette année, c'est tout logiquement que ces courts-métrages lui rendront honneur tout au long de la semaine...


Gobelins 2017 - Yaoguais


La grande salle de Bonlieu

C'est avec Dans un recoin de ce monde, un film japonais de Sunao Katabuchi, que nous ouvrons les hostilités. Le film raconte le quotidien de Suhu, une jeune femme de 18 ans qui quitte Hiroshima pour commencer une nouvelle vie à Kure après son mariage en 1944.

Le réalisateur vient sur scène introduire son film avec humour et légèreté, ce qui peut paraître étonnant pour présenter un film qui se déroule pendant la seconde Guerre Mondiale. Malgré sa thématique sombre, Dans un recoin de ce monde est un film plein d’optimisme marqué par des couleurs lumineuses. Le thème de la guerre, bien qu’au cœur de l’histoire, est enjolivé par la créativité de Suzu dont ses dessins ne font qu’un avec les paysages qu’elle fréquente et nous aident à surmonter son quotidien difficile.

Ma première édition du Festival commence en beauté avec cette première projection d'un long-métrage en compétition. Je n’ai pas du tout l’habitude de voir des films japonais, encore moins en VO sous-titré Anglais, mais cette expérience correspond tout à fait à mes attentes du Festival : voir des films qui changent de mon quotidien et que je n’aurais pas l’occasion de voir dans un autre contexte. Dans un recoin de ce monde m’a plu, tant pour son histoire que son aspect visuel. L’héroïne est très attachante et bien que le film manque parfois de fil conducteur et de dynamisme, on se laisse porter agréablement par cet univers. Cette première projection était aussi l’occasion pour moi de découvrir la grande salle de Bonlieu et la bonne ambiance qui y règne !

- Laudine

La journée se poursuit au cinéma Pathé où nous enchainons les séances de longs-métrages hors compétition... Laudine découvre Deep, Tea Pets et Ana y Bruno, tandis que je découvre Pequeños Héroes et Rudolph the Black Cat.


Deep

Deep est un film d’aventures où trois animaux aquatiques tentent de sauver leur tribu, sur une planète abandonnée des hommes et recouverte par les océans. Bien que prévisible et sans grande originalité, le film est divertissant, plutôt joli à regarder et véhicule des belles valeurs comme la protection de l’environnement et la solidarité. Quelques chansons viennent dynamiser l’ensemble mais le rythme s’essouffle malgré tout et les personnages auraient mérité d’être plus exploités.


Tea Pets

Tea Pets est le deuxième film japonais de la journée pour Laudine, et pourtant « quel contraste avec le premier » ! En 3D, le film raconte l’histoire de petits personnages de porcelaine sur lesquels les buveurs de thé aiment en verser. Si l’idée de départ parait originale, on s’en éloigne assez vite pour suivre un duo charismatique : Atang, un « tea pet » obsédé par son apparence et un robot très moderne qui semble venir du futur. Dynamique mais parfois décousu, le film est rythmé par des musiques entraînantes et des personnages attachants.


Ana y Bruno

Ana y Bruno est le coup de cœur de la journée pour Laudine. On suit l’histoire d’une petite fille exilée dans un château avec sa mère qui rencontre des personnages aussi inquiétants que mignons. L’univers du film mélange avec subtilité des aspects morbides et poétiques pour représenter le monde de l’imaginaire confronté sans arrêt aux douleurs de l’existence. C’est une histoire poignante qui aborde avec douceur un thème très délicat !


Pequeños Héroes 3D

Pequeños Héroes 3D est un film vénézuélien, le premier jamais sélectionné à Annecy, sur Simón Bolívar. Avec ce film, le réalisateur Juan Pablo Buscarini voulait apporter sa vision sur la vie de ce grand homme qui a joué un rôle clé dans l'Histoire de son pays et plus généralement l'Histoire de l'Amérique du Sud. Le film nous est raconté par trois enfants aux origines différentes mais unis par un même but : aider Bolívar et ses hommes à battre les royalistes au pouvoir. Si le fond du film est intéressant et le message historique indéniable, la forme est totalement ratée. Le film est objectivement moche, l'animation globalement ratée, le moteur physique semble avoir 20 ans, les faux raccords et les erreurs de montage sont légions... dommage !


Le productrice de "Pequeños Héroes 3D" introduit la projection


Rudolph the Black Cat

Rudolph the Black Cat sera mon deuxième film japonais de ce lundi, et comme pour Laudine le contraste avec la matinée est violent. Le film nous raconte l'histoire d'un chat noir qui se retrouve loin de chez lui, à Tokyo. Il va se faire des amis mais aussi des ennemis, vivre des aventures de chat (comprendre, pas très très palpitantes), avant de chercher (enfin ?) à rentrer chez lui pour retrouver sa famille. Le film est en images de synthèses 3D, ce qui est suffisamment rare dans l'animation japonaise pour être signalée. L'animation est réussie, l'ensemble est mignon et sympathique... pour les enfants de 8 ans et moins. Passé cet âge, l'absence d'enjeux et de réelles émotions risque de déclencher chez le spectateur un ennui certain.


Le hall du cinéma Pathé

A peine digérés les miaulements chinois que je retourne sur Bonlieu pour découvrir Ethel and Ernest, long-métrage en compétition. Comme il est de coutume, le film est introduit par son réalisateur Roger Mainwood qui nous parle notamment de son travail sur l'adaptation du roman éponyme de Raymond Briggs.


Ethel and Ernest


Le réalisateur et le producteur de "Ethel and Ernest"

Le film nous raconte l'histoire d'un couple de Londoniens, des années 1930 aux années 1970, de leur rencontre à leurs morts. Pendant près d'1h30, le spectateur suit 40 ans de leur quotidien, leurs joies et leurs peines, la naissance de leur fils et la difficulté de fonder une famille, leur vie professionnelle et à travers eux les grands évolutions et les grands chamboulements de la société anglaise. Cette période va en effet voir se succéder la seconde guerre mondiale, la grande dépression, la démocratisation de l'électricité et de la télévision, les premiers pas de l'homme sur la lune... autant d'évènements que nous découvrons à travers leurs yeux.

Le film est réellement touchant et émouvant. Le scénario est extrêmement juste et parvient à transmettre des émotions sans jamais trop en faire. L'animation est réussie et les décors nous immergent au coeur de Londres et de l'Angleterre. Après Dans un recoin de ce monde, Ethel and Ernest est la deuxième belle surprise de la journée !


Une folle soirée nous attend...

Le moment tant attendu d'inaugurer officiellement cette 41e édition du Festival international du film d'animation d'Annecy est enfin arrivée ! Il est 20h30, j'ai pris place dans la grande salle de Bonlieu.


Marcel Jean sur la grande scène de Bonlieu

Comme tous les ans, c'est à Jean-Luc Rigaut, maire d'Annecy, qu'il revient le privilège d'inaugurer le Festival. La cérémonie se poursuit ensuite avec un discours de Marcel Jean, directeur artistique, qui nous introduit les nouveautés 2017 ainsi que les membres des jurys. Cette cérémonie d'ouverture est placée sous le signe du lien qui unit BD et cinéma d'animation, un lien de plus en plus fort !


Chronique panoramique


Lewis Trondheim et Jean-Matthieu Tanguy, entourés de Marcel Jean

Avant de retrouver une horde de zombies affamés, nous découvrons Chronique panoramique de Lewis Trondheim et Jean-Matthieu Tanguy. Ce court-métrage fait partie de la collection Chroniques du 9e art produites par l'Office national du film du Canada (ONF). Réalisé en ombres chinoises, il nous invite à plonger au cœur des pensées de voyageurs en train, une idée - il faut le reconnaitre - bien trouvée ! Bien qu'il soit très cliché, il devrait assurément vous faire (sou)rire, chacun pouvant se retrouver dans les situations présentées.


L'équipe de Zombillenium sur scène

Les deux réalisateurs de Zombillenium - Arthur De Pins et Alexis Ducord - montent alors sur scène pour présenter leur long-métrage aux Festivaliers. Nous apprenons notamment que l'idée du projet a germé sur les bords du lac il y a 6 ans.

C'est parti pour 1h20 de personnages attachants, de musique (hard-)rock et d'un humour pas toujours très fin. En un tweet « c'était grave cool ». Le film nous prouve également que l'animation française se porte très bien et s'exporte. Une vraie réussite, un concurrent sérieux de plus dans la liste en compétition.


Zombillenium

La soirée se poursuit sur les bords du lac avec la soirée de clôture officielle où petits fours et crémant étaient de la partie...

Les Festivaliers présents auront également droit à un concert (presque) de Mat Bastard. Accompagné de ses musiciens, il jouera 5 chansons dont 2 issues du film, et je vous offre un petit extrait...

Après cette journée riche en émotions (et en marche aussi) le moment est venu de rejoindre notre hôtel...

Un work-in-progress, 5 films parmi lesquels La passion Van Gogh, Drôles de petites bêtes ou Mutafukaz, une keynote de Glen Keane, un programme spécial plein de courts-métrages érotiques, les premières interviews de 2017 (surpriiiiiiiiise !)... la deuxième journée s'annonce bien remplie à son tour ! A suivre !