[Critique] Cars 3

Après un premier film en 2006, un deuxième en 2011 et la série Cars Toon de 2008 à 2014 l’univers de Cars est l’un des plus exploités chez Pixar. En faire un troisième film sans lasser son public était donc un enjeu de taille...

L'intrigue

Dépassé par une nouvelle génération de bolides ultra-rapides, le célèbre Flash McQueen se retrouve soudain sur la touche dans ce sport qu’il adore. Pour revenir dans la course et prouver, en souvenir de Doc Hudson, que le numéro 95 a toujours sa place dans la Piston Cup, il devra faire preuve d’ingéniosité et de courage. L’aide d’une jeune mécanicienne pleine d’enthousiasme qui rêve elle aussi de victoire, Cruz Ramirez, lui sera d’un précieux secours...

Notre avis

Cars 3 met en avant une problématique très adulte liée au rapport à l’âge et la confrontation entre la force de la jeunesse et l’expérience de la maturité. Dans un milieu où la performance est la clé de la réussite, la jeunesse est vue comme une menace.

Notre héros Flash McQueen a du mal à accepter de ne plus avoir le niveau nécessaire pour gagner les courses. La nouvelle génération est représentée par des voitures évoluant dans la modernité et maîtrisant les dernières technologies. A l’inverse de la génération de Flash qui s’entraîne sur des vrais circuits, les jeunes voitures le font sur des simulateurs de haute précision sans salir leurs roues. Pour ne pas se sentir écrasé par des techniques qu’il ne maîtrise pas, Flash va d’abord tenter de les imiter avant de se tourner vers des amis qui vont lui proposer une nouvelle méthode de travail et arriver à voir en lui ce que lui-même ne voyait pas.

Flash s’inspire de Doc Hudson comme d’un mentor spirituel pour suivre son chemin jusqu’au bout. Après le décès de sa voix originale, Paul Newman, Cars 2 lui rendait hommage en évoquant la mort du personnage. L’hommage envers Doc se poursuit dans Cars 3, le personnage est très présent dans l’esprit de Flash. On assiste à un moment très émouvant quand Flash rencontre Smokey, le maître de Doc Hudson, qui lui raconte le bonheur que Doc a pris à coacher Flash à ses débuts. Notre héros va tenter jusqu’au bout de faire honneur à Doc Hudson en guise de gratitude.

A l'instar des deux précédents volets, Cars 3 nous introduit de nombreux personnages et autant de nouvelles voitures différentes qui représentent autant de merchandising potentiel. Néanmoins, ceux-ci se résument à de simples rôles de figuration, et dans ce troisième film les personnages principaux sont réduits.

On se concentre sur Flash MacQueen et sa quête personnelle de la réussite et du dépassement de soi. Flash est un personnage qui a beaucoup grandi et appris de ses erreurs. Il perd son côté prétentieux, est capable de ravaler sa fierté mais aussi de se dépasser pour continuer sa carrière à tout prix. Il fait preuve de beaucoup de sagesse et le spectateur s’attachera à lui plus que jamais en s’inquiétant des violences qu’il peut subir et des échecs qu’il endure, ému par ses faiblesses.

Jackson Storm est le nouveau méchant... qui n’en est pas vraiment un ! Sa place dans le film est très secondaire, sa présence sert à provoquer un déclic à Flash. En affrontant son ancien idole, Jackson ne condamne pas sa défaite mais l’encourage à prendre sa retraite et à laisser sa place aux plus jeunes.

Cruz Ramirez est la présence féminine attendue du film et c’est mon personnage coup de coeur. Pétillante et dynamique, elle incarne l’espoir, l’optimisme et la fraîcheur. Engagée par Rust-Eze pour être le coach de Flash, elle va lui imposer une méthode très personnelle qui va entraîner une complicité émouvante entre les deux personnages qui forment un duo attachant !

Qu’en est-il de la bande de Radiator Springs ? Ils sont presque absents du film ce qui apporte du neuf, et si on regrette que Sally ne soit pas plus exploitée, on est soulagés que Martin retrouve le second plan qui lui va si bien !

Cars 3 suit un rythme soutenu, sans longueurs.

Côté musiques on retrouve en partie le style des deux précédents films notamment dans les instrumentales, en revanche j’ai relevé une grande faiblesse au niveau des chansons qui sont presque absentes du film. Ce qui faisait la force des deux précédents films est totalement délaissé dans ce volet et c’est un grand dommage !

En ce qui concerne l’aspect visuel, les décors sont sublimes mais très (voire trop) réalistes et j’ai trouvé ça assez dérangeant. Le contraste entre l’aspect cartoon des personnages et le réalisme extrême des paysages est très fort et m’a un peu mise mal à l’aise. C’était déjà le cas avec Cars 3 !

En conclusion

Cars 3 est une très belle surprise qui relève haut la main le faible niveau du deuxième film, en partie grâce aux émotions qu’il procure et aux valeurs qu’il défend. Il nous apprend à voir l’épanouissement au-delà de la victoire, à profiter d’un moment de gloire qui ne dure pas mais qui laisse place à de nouvelles choses enrichissantes et bénéfiques humainement (enfin, voiturement !). Flash McQueen vit une situation dans laquelle beaucoup de spectateurs adultes pourront se reconnaître et appréhender, Cars 3 les aidera à faire face et à faire de leurs faiblesses une force.

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