[Critique] Coco

Le film

Depuis déjà plusieurs générations, la musique est bannie dans la famille de Miguel. Un vrai déchirement pour le jeune garçon dont le rêve ultime est de devenir un musicien aussi accompli que son idole, Ernesto de la Cruz. Bien décidé à prouver son talent, Miguel, par un étrange concours de circonstances, se retrouve propulsé dans un endroit aussi étonnant que coloré : le Pays des Morts. Là, il se lie d’amitié avec Hector, un gentil garçon mais un peu filou sur les bords. Ensemble, ils vont accomplir un voyage extraordinaire qui leur révèlera la véritable histoire qui se cache derrière celle de la famille de Miguel…

Réalisé par Lee Unkrich (Toy Story 3), coréalisé par Adrian Molina (Monstres Academy) et produit par Darla K. Anderson (Toy Story 3), Coco, la nouvelle production des studios Disney•Pixar est à découvrir dés maintenant sur tous vos écrans !

Notre avis

N'en déplaise à Anton Ego, la tâche du critique cinéma n'est pas toujours aisée, surtout quand il s'agit de vous parler de Coco, le dernier long-métrage des studios d'animation Disney•Pixar. Je pourrais vous dire que ce film est un chef-d'œuvre qui m'a bouleversé et vous bouleversa (je l'espère) tout autant, que vous devez le voir (ceci est non négociable) et m'arrêter là ! D'un autre côté, il y a tant à dire que je ne sais pas par où commencer...

« Et si... » tel est le postulat de départ des films d'animation Disney•Pixar. Et si les jouets prenaient vie en notre absence ? Et si les monstres avaient leur propre univers ? Pour leur 18e long-métrage, le studio s'intéresse à la famille. Nous avons tous une famille et des ancêtres, que se passerait-il si nous pouvions les rencontrer ?

Inspiré de la culture et des traditions mexicaines, Coco nous entraine dans un voyage empreint de poésie aussi extraordinaire qu’inattendu, à travers deux univers parallèles bien distincts - le Monde des Vivants et le Monde des Ancêtres - qui débordent tous les deux de couleur, de musique, de joie... et même d'un peu de magie.

Les réalisateurs L. Unkrich et A. Molina ont passé sept ans à voyager au Mexique et à faire des recherches sur la culture et les traditions mexicaines liées à la fête du Jour des morts (Dia de Muertos). Ils tenaient vraiment à respecter les us et coutumes de ce pays et traiter le sujet avec tact.

Si dans nos cultures européennes la mort est souvent perçue comme quelque chose de difficile et d'abstrait, au Mexique les personnes qui nous quittent continuent à vivre dans leur propre monde et à y exister tant que l'on pense à elle. Elles viennent même nous rendre visite une fois par an lors du Jour des morts, une des plus grandes fêtes au Mexique. Grossièrement, il s'agit d'inviter les ancêtres à passer un moment sur terre avec les vivants et il est de coutume de leur offrir des offrandes..

« Día de Muertos est une sorte de gigantesque réunion de famille qui réunit les vivants et leurs ancêtres. Ce n’est pas un jour de deuil mais une fête. On se souvient des membres de sa famille et des êtres aimés qui nous ont quittés, et on fait tout pour les rapprocher de nous et leur montrer qu’on ne les a pas oubliés » explique le réalisateur L. Unkrich.

Sujet particulièrement sensible et difficile, le thème de la mort est abordé ici sous l'angle du souvenir et du devoir de mémoire, avec une justesse dont seule Pixar semble être capable et un ton qui parlera aux spectateurs de tous âges. A aucun moment, la mort n'est montrée directement (comme elle peut l'être dans Bambi, Le Roi Lion ou plus récemment La Reine des Neiges). La disparition prend des airs de métaphore, les larmes seront certes difficiles à retenir mais Coco insiste sur l'importance du souvenir et du devoir de mémoire... n'est-ce pas là le plus important quand on perd une personne à qui l'on tient ?

Le film n'est jamais effrayant et peut-être vu à partir de 6 ans. Les plus jeunes spectateurs ne comprendront probablement pas toute l'intrigue directement mais cela pourra, par exemple, être l'occasion d'aborder le sujet pas toujours facile de la disparition d'un proche et du deuil.

À l'origine, Coco n'était pas prévu pour être un film musical mais le voyage au Mexique des artistes de Pixar a changé la donne. La musique est omniprésente dans la culture mexicaine et particulièrement le Jour des morts, il était donc tout naturel qu'elle tienne une place de choix dans le film.

Au Mexique, la musique et les instruments sont partout... sauf dans la famille de Miguel où elle a été bannie depuis plusieurs générations et est considérée comme une malédiction, depuis que son arrière-grand père a abandonné sa famille pour sa passion. Cela représente un vrai déchirement pour le jeune garçon dont le rêve ultime est de devenir un musicien aussi accompli que son idole, Ernesto de la Cruz. Bien décidé à prouver son talent, Miguel se retrouve propulsé par un étrange concours de circonstances dans un endroit aussi étonnant que coloré, le Monde des ancêtres...

Aidé par Dante, un mystérieux chien errant un peu stupide, Miguel va très (trop ?) rapidement retrouver les membres de sa famille, qui sont les seuls à pouvoir l'aider à rentrer dans le monde des vivants. Miguel va également se lier d'amitié avec le sympathique arnaqueur Hector, un mystérieux habitant du Monde des ancêtres, oublié de tous les vivants et dont la photo n'apparait sur aucune offrenda. Ensemble, ils vont accomplir un voyage extraordinaire qui leur révèlera la véritable histoire qui se cache derrière celle de la famille de Miguel et permettra à Hector de traverser le pont des esprits.

Si la musique est au centre de l'intrigue, Coco n'est pas pour autant une comédie musicale comme Vaina, la Légende du bout du monde. Les chansons sont chantées par les personnages en mode « concert » mais ne servent pas réellement à raconter l'histoire comme dans un Disney, elles viennent plus le servir... s'agissant d'une histoire de chanteur(s), il était logique que des personnages se retrouvent à pousser la chansonnette.

En revanche, l'idée d'une chanson qui interviendrait plusieurs fois dans le récit mais de façon différente s'est très rapidement imposée comme une évidence. Le réalisateur a fait appel à Kristen Anderson-Lopez & Robert Lopez, connus pour avoir composé les chansons de La Reine des Neiges, en leur donnant juste le fil conducteur et sa volonté d'avoir une chanson qui peut être à la fois interprétée de façon exubérante ou comme une berceuse. Le couple de compositeurs est revenu avec Remember Me (Ne m'oublie pas en version française) qui s'affirme vite comme incontournable. Alors que l'histoire a beaucoup évolué au cours de la production, deux choses n'évolueront pas : la fin du film (que je ne nous dévoilerai évidemment pas ici) et cette chanson.

Les autres chansons du film sont signées Germaine Franco & Adrian Molina. Les instrumentaux du film sont l'œuvre du géniallissime Michael Giacchino, grand habitué des longs-métrages Disney•Pixar, parmi lesquelles Ratatouille ou encore WALL•E.

Une fois n'est pas coutume chez Disney•Pixar, la version française de Coco est une vraie réussite !

Pour la voix d’Hector, le charmant squelette un peu filou du monde des ancêtres, il fallait un comédien aussi drôle que talentueux. C’est Ary Abittan qui fait, avec ce personnage, ses premiers pas dans le monde du doublage pour un film d’animation. Andrea Santamaria prête sa voix à Miguel. Tout comme le héros du film, Andrea est âgé de 12 ans et a une passion dévorante pour la guitare et le chant. Son entrain et sa passion lui ont permis d’incarner avec perfection son personnage. Les deux artistes sont accompagnés de comédiens habitués à l'exercice du doublage, notamment François-Xavier Demaison (alias Ralph) qui donne ici sa voix à un Mariachi.

Remember me devient Ne m'oublie pas, un titre qui correspond encore plus au film et s'avère d'autant plus fort. On notera également l'utilisation de l'espagnol au sein des chansons, même dans la version française, qui donne au film charme et authenticité !

En conclusion

Depuis près de 30 ans, les studios Disney•Pixar nous ont démontré plus d'une fois leur maitrise dans l'art de raconter des histoires intemporelles sur des thématiques très fortes et pas toujours faciles, qui savent parler aux petits comme aux grands. Le 18e long-métrage du studio, Coco, aborde avec justesse et finesse la disparition des êtres chers et l'importance de conserver leur souvenir. Le thème de la mort, qui pourrait en effrayer plus d’un, est magnifiquement traité et chaque spectateur, quel soit son âge, pourra aborder le film de manière différente selon son vécu et sa sensibilité.

Coco est définitivement un film dante...sque, une pépite touchante et émouvante signée Disney•Pixar, un chef-d'œuvre musical et coloré. Comme Dante, j'ai encore le nez humide... merci et bravo à tous les articles ! Entre musique, famille, émotions et traditions... Coco est l'un des meilleurs films du studio !

/!\ Un conseil, prévoyez les mouchoirs ! L'émotion monte crescendo tout au long du film jusqu'à un déluge de larmes qu'il sera difficile de retenir... que vous le vouliez ou non !